Partager son histoire
Née un 1er janvier
Adélaïde HAUTVAL
1906-1988
Psychiatre et résistante, reconnue pour son héroïsme exceptionnel et son intégrité pendant la seconde guerre mondiale. Arrêtée en 1942 pour avoir défendu des juifs face à la Gestapo, elle est déportée à Auschwitz sous le matricule des prisonniers politiques, mais choisit de porter l’étoile jaune par solidarité. Au sein du bloc 10 d’Auschwitz, où les nazis pratiquaient de terrifiantes expérimentations médicales, cette médecin courageuse refuse catégoriquement de participer aux opérations de stérilisation forcée sur les femmes juives. Au péril constant de sa vie, elle sabote les ordres des médecins SS, soigne clandestinement les prisonnières et leur redonne de la dignité essentielle dans l’enfer concentrationnaire. Survivante d’Auschwitz puis de Ravensbrück, elle témoigne après-guerre avec une précision scientifique lors de grands procès contre les crimes médicaux nazis. En 1965, elle devient la première femme médecin française à recevoir le titre de Juste parmi les nations par l’institut Yad Vashem. Portée par la devise familiale « Pense et agis selon la vérité », Adélaïde Hautval reste une figure magistrale d’éthique médicale et de résistance humaniste. En savoir plus : https://wwv.yadvashem.org/yv/fr/expositions/justes-auschwitz/hautval.asp
Jeanne LANVIN (1867-1946) Styliste – Entrepreneuse – France
Aînée d’une famille modeste de onze enfants, elle commence à travailler dès l’âge de treize ans comme arpette, livrant des chapeaux à travers les rues de la capitale. Son sens esthétique affirmé et son travail acharné lui permettent d’ouvrir son propre atelier de modiste en 1889 rue du Faubourg Saint-Honoré. Cependant, le véritable tournant de son existence survient en 1897 avec la naissance de sa fille unique, Marguerite. Vouant une dévotion maternelle absolue à son enfant, Jeanne Lanvin se met à lui confectionner des tenues extraordinaires, attirant immédiatement l’attention des clientes de la haute société parisienne qui lui demandent de réaliser les mêmes créations pour leurs propres filles, puis pour elles-mêmes.
En 1909, Jeanne Lanvin rejoint le très fermé Syndicat de la Haute Couture, transformant sa maison de mode en une entreprise globale. Femme d’affaires visionnaire et styliste hors pair, elle est la toute première à concevoir un mode de vie complet autour de sa marque : elle développe une ligne pour enfants, de la haute couture féminine, de la mode masculine, de la lingerie, des cosmétiques et même un département de décoration d’intérieur. Passionnée par la peinture italienne de la Renaissance, elle pousse la quête de la perfection jusqu’à fonder sa propre usine de teinture à Nanterre afin de créer des couleurs exclusives, donnant notamment naissance au célèbre « Bleu Lanvin », une teinte délicate devenue la marque de fabrique emblématique de son empire. En 1927, pour célébrer le trentième anniversaire de sa fille devenue la comtesse Marie-Blanche de Polignac, Jeanne Lanvin lance le chef-d’œuvre de la parfumerie française : « Arpège ». Le flacon boule noire, dessiné par l’artiste Armand-Albert Rateau, est orné d’un logo en or représentant la couturière et sa fille se tenant les mains, immortalisant ainsi l’amour maternel au cœur de sa création. Décorée de la Légion d’honneur pour son rôle majeur dans le rayonnement des arts décoratifs français, Jeanne Lanvin s’éteint en 1946. En savoir plus : https://fr.lanvin.com/pages/histoire-de-la-maison À découvrir : https://lesvisitesdetheo.com/visite-guidee-paris-du-luxe/
Noor INAYAT KHAN (1914-1944) Espionne – Résistante – Royaume-Uni
Descendante d'un prince indien et fille d'un maître soufi, née à Moscou et élevée en région parisienne, musicienne et autrice de contes pour enfants. Réfugiée à Londres en 1940, elle s'engage dans l'armée de l'air britannique puis au SOE, les services secrets. En juin 1943, sous le nom de « Madeleine », elle devient la première femme opératrice radio infiltrée en France occupée. Quand son réseau tombe, elle refuse d'être rapatriée et continue seule pendant des mois, traquée par la Gestapo, à assurer les transmissions entre Paris et Londres. Trahie et arrêtée en octobre 1943, elle tente deux évasions, refuse de livrer le moindre code et est classée « Nuit et brouillard », enchaînée neuf mois au secret. Exécutée au camp de Dachau le 13 septembre 1944, elle meurt à trente ans en criant « Liberté ! ». La George Cross, plus haute distinction civile britannique, lui est décernée à titre posthume.