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Née un 18 novembre
Allyson FELIX 1985
Sprinteuse la plus titrée de tous les temps ayant marqué l’athlétisme par sa longévité et son élégance sur la piste. Avec 11 médailles olympiques à son actif, elle a surpassé le record de Carl Lewis pour devenir l’athlète américaine la plus décorée de l’histoire des Jeux. Au-delà de ses performances chronométriques sur 200m et 400m, elle est devenue une voix puissante pour la justice sociale. Son bras de fer médiatisé avec Nike a révolutionné les protections contractuelles pour les sportives enceintes, changeant durablement l’industrie du sport. En 2021, elle a lancé sa propre marque de chaussures, Saysh, conçue par et pour les femmes, après avoir concouru avec ses propres pointes aux JO de Tokyo. Sa résilience face à des complications de santé lors de sa maternité l’a également poussée à militer contre les disparités de santé maternelle touchant les femmes noires. Retraitée des pistes depuis 2022, elle continue d’influencer le monde du sport par son engagement entrepreneurial et philanthropique.
Gabrielle VALLOT (1856-1933) Géologue – Spéléologue – France
Née Gabrielle Pouree, est une géologue, spéléologue et alpiniste française, considérée comme l'une des pionnières de la spéléologie moderne et de la cartographie scientifique en haute montagne. Issue de la haute bourgeoisie parisienne, elle épouse en 1879 le savant et alpiniste Joseph Vallot. Passionnée de sciences naturelles et de montagne, elle participe activement aux expéditions et aux travaux scientifiques de son mari dans le massif du Mont-Blanc. Elle prend une part essentielle à la construction et au fonctionnement de l'observatoire Vallot, un laboratoire scientifique d'altitude établi sous le sommet du Mont-Blanc à 4 365 mètres, où elle réalise de nombreuses campagnes d'observations météorologiques et physiologiques en conditions extrêmes. En parallèle de son engagement dans les Alpes, Gabrielle Vallot se distingue comme une figure majeure de la spéléologie française. Membre fondatrice de la Société de Spéléologie aux côtés d'Édouard-Alfred Martel, elle explore de nombreuses cavités souterraines, notamment dans les Cévennes et le bas Languedoc. Elle rédige la toute première étude scientifique globale sur la grotte de Dargilan en Lozère et publie plusieurs inventaires minéralogiques et géologiques de référence. À une époque où l'alpinisme et l'exploration scientifique étaient des domaines quasi exclusivement masculins, Gabrielle Vallot s'est imposée par la rigueur de ses travaux de terrain et ses contributions écrites. Sa double passion pour les plus hauts sommets et les profondeurs souterraines fait d'elle l'une des figures scientifiques et sportives les plus singulières de la fin du XIXe siècle.
Andrée BORREL (1919-1944) Résistante – Espionne – France
Fille d'un commerçant parisien, elle quitte l'école à quatorze ans, travaille comme vendeuse, et se retrouve à vingt ans infirmière dans l'exode de 1940. De sa maison de Canet-Plage, sur la côte catalane, elle fait aussitôt une planque du réseau d'évasion Pat O'Leary, qui fait passer en Espagne aviateurs alliés et prisonniers évadés. Brûlée fin 1941, elle gagne Lisbonne puis Londres, où le SOE la recrute. Dans la nuit du 24 septembre 1942, avec Lise de Baissac, elle devient l'une des deux premières femmes parachutées en France par les services britanniques. À Paris, elle est l'agent de liaison du réseau Prosper-PHYSICIAN, le plus vaste de la zone occupée : elle transporte messages, postes émetteurs et explosifs, et ses chefs la décrivent comme la meilleure de leurs agents, « d'un courage absolu ». Le réseau s'effondre fin juin 1943 ; arrêtée, interrogée avenue Foch, elle ne parle pas. Déportée au camp de Natzweiler-Struthof, elle y est tuée par injection le 6 juillet 1944, avec trois autres agentes britanniques, puis jetée au four crématoire. Elle avait vingt-quatre ans.
Jeanne DUVAL (1818-1868) Comédienne – Haïti / France
Pendant cent cinquante ans, on n'a rien su d'elle : ni son nom – elle apparaissait tour à tour comme Duval, Lemer ou Prosper, pour fuir ses créanciers –, ni sa date, ni son lieu de naissance. Les biographes de Baudelaire l'écrivaient noir sur blanc : « Nous ignorons les origines familiales de Jeanne et jusqu'au patronyme de celle-ci, si elle en eut un. » Le seul document qui portait sa date avait brûlé. On la disait de La Réunion, de Maurice, de l'Inde, de Madagascar. Les descriptions qu'en ont laissées les hommes de son temps disent surtout leur racisme. En 1838, elle tenait de petits rôles au théâtre de la Porte-Saint-Antoine sous le nom de Berthe ; elle fut la maîtresse de Nadar, puis, pendant vingt ans, la compagne et la muse de Baudelaire, qui lui doit les plus beaux poèmes des « Fleurs du mal ». Courbet l'avait peinte dans « L'Atelier du peintre » avant de la recouvrir d'une couche de peinture : le temps a fait son œuvre, et elle réapparaît. En 2024, l'enquête d'archives de Catherine Choupin, « Révélations sensationnelles sur Jeanne Duval, la muse de Baudelaire », lui a enfin rendu son nom, sa date et son pays : Florine Prospére, née le 18 novembre 1818 à Port-au-Prince. La même enquête a retrouvé sa fin : internée en avril 1868 au dépôt de mendicité de Saint-Denis, elle y est morte le 20 décembre.