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Née un 20 juin
Anne SYLVESTRE
1934-2020
Compositrice-interprète dont l’œuvre immense a marqué plus de soixante ans de chanson française. Pionnière de l’indépendance féminine, elle a écrit des textes d’une justesse rare sur la condition des femmes, abordant avec courage des thèmes alors tabous comme l’avortement ou le viol. Parallèlement à ses chansons pour adultes, elle a enchanté des générations d’enfants avec ses célèbres Fabullettes, sans jamais sacrifier la qualité poétique de son écriture. Artiste engagée et humaniste, elle a toujours refusé les compromis commerciaux, préférant la liberté d’une production indépendante pour protéger son intégrité créative. Sa plume, à la fois tendre et incisive, maniait l’humour et l’émotion avec une élégance linguistique qui la plaçait à l’égal des plus grands poètes de son siècle. Elle a su mettre en musique les combats sociaux et les petits détails du quotidien, transformant chaque chanson en un véritable tableau sociologique. Longtemps restée dans l’ombre des grands noms masculins, elle a fini par obtenir une reconnaissance unanime, devenant une référence absolue pour la nouvelle scène musicale. Sa voix, chaude et assurée, portait des mélodies intemporelles qui continuent de résonner par leur modernité et leur profonde humanité. Elle laisse derrière elle un répertoire d’une richesse inestimable, témoignant d’une vie entière dédiée à la défense de la dignité humaine et de la beauté des mots. Anne Sylvestre demeure l’une des plus grandes architectes de la chanson à texte, une icône de sagesse et de rébellion tranquille. Elle écrit en 1973 une chanson sur l’avortement en amont de la loi Veil.
Marguerite FLAVIEN (1912-1944) Professeure – Résistante – France
Fille d'instituteurs du Jura, major de sa promotion à l'École normale supérieure de jeunes filles, agrégée de philosophie, elle dirige à vingt ans le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes de son école. Nommée à Colmar, puis à Caen et à Troyes, elle milite sans relâche, au point d'être mutée d'académie en académie, puis révoquée de l'Éducation nationale en 1940 pour ses convictions communistes. Exclue de son propre parti la même année pour « sectarisme », arrêtée à Dijon, évadée, internée dans deux camps français, elle rejoint la Résistance armée et devient responsable d'état-major dans la région lyonnaise. Dénoncée, elle est arrêtée par la Milice le 10 juin 1944, rue Sainte-Hélène à Lyon. Trois jours plus tard, redoutant de parler sous la torture et de livrer ses camarades, elle se jette par la fenêtre. Elle avait trente et un ans. Une avenue de Troyes porte son nom, et deux plaques lyonnaises rappellent, l'une après l'autre, la vérité de son arrestation.
Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859) Poétesse – Comédienne – France
Fille d'un peintre en armoiries ruiné par la Révolution, elle embarque à quinze ans avec sa mère pour la Guadeloupe, où un cousin doit les secourir : la traversée dure vingt-cinq jours, la fièvre jaune emporte sa mère, et elle rentre seule. Comédienne et chanteuse dès seize ans, elle joue à Douai, Lille, Rouen, à l'Odéon, à l'Opéra-Comique, à la Monnaie de Bruxelles. Puis la vie s'acharne : sur ses six enfants, un seul lui survivra. Elle publie en 1819 « Élégies et Romances », quitte le théâtre en 1823 pour n'écrire plus que des vers, et donne « Les Pleurs », « Pauvres fleurs », « Bouquets et Prières ». Sa hardiesse de versification – elle ose des mètres impairs que personne n'employait – lui vaut une pension royale et l'admiration de Balzac, de Baudelaire et de Verlaine, qui l'inscrit dans ses « Poètes maudits » : elle est la seule femme de ce livre. Le romantisme français commence avec elle, avant Lamartine et avant Hugo.