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Née un 20 juillet
Barbara BERGMANN
1927-2015
Ses travaux ont radicalement transformé l’analyse des inégalités de genre sur le marché du travail. Dotée d’une rigueur mathématique exceptionnelle, elle a été l’une des premières à utiliser des simulations informatiques pour démontrer l’impact dévastateur de la discrimination systémique. Elle a vigoureusement combattu l’idée que les disparités salariales étaient dues aux choix personnels des femmes, prouvant qu’elles résultaient de barrières structurelles et de préjugés ancrés. Son ouvrage majeur, The Economic Emergence of Women, est devenu une référence mondiale pour comprendre la transition des femmes vers le travail salarié et ses conséquences sociales. Membre influente du Conseil des conseillers économiques sous l’administration Kennedy, elle a activement milité pour des politiques publiques audacieuses comme l’équité salariale et les services de garde d’enfants abordables. Elle a cofondé l’International Association for Feminist Economics, créant ainsi un espace académique crucial pour remettre en question les modèles économiques traditionnels souvent aveugles aux réalités domestiques. Sa pensée intégrait la nécessité d’une intervention de l’État pour corriger les failles du marché qui pénalisaient les mères et les minorités. Tout au long de sa carrière de professeure, elle a encouragé une économie plus humaine et plus juste, centrée sur le bien-être social plutôt que sur la seule croissance. Elle a renversé les standards de pensée dans sa propre discipline, s’imposant par son intellect et son franc-parler dans des cercles décisionnels alors très masculins. Son héritage intellectuel continue d’alimenter les débats contemporains sur le partage des tâches et l’égalité professionnelle entre les sexes.
Nicole LAROCHE (1945-2019) Ingénieure – France
Issue d'un milieu modeste, Nicole Laroche, née Schrottenloher, réussit en 1964 le concours de l'École nationale supérieure d'arts et métiers et devient la toute première femme « gadzarts ». Elle hésite beaucoup en apprenant qu'elle sera la seule fille, mais un argument l'emporte : jamais un gadzarts n'a dû arrêter ses études pour des raisons financières. Son admission fait l'objet d'une large couverture médiatique, et le couturier Jacques Estérel confectionne son uniforme. Elle compte ainsi parmi les pionnières des grandes écoles d'ingénieurs longtemps restées fermées aux femmes : Ponts et Chaussées en 1962, Arts et Métiers en 1964, Mines de Paris en 1970, Polytechnique en 1972. Après quelques mois dans une société d'équipements de sidérurgie, elle coordonne pendant quatre ans les études et méthodes d'un sous-traitant automobile, puis reprend ses études et obtient en 1975 le diplôme d'ingénieure de l'Institut français du froid industriel. Pendant quatorze ans, elle est responsable d'études en climatisation de voitures ferroviaires. Elle change ensuite de voie, réussit les concours de l'Éducation nationale et enseigne en lycée professionnel. Médaille de bronze de la Société des ingénieurs Arts et Métiers en 2014, elle meurt à Argenteuil en 2019. Son nom sera inscrit sur la tour Eiffel.