Chien-Shiung WU (1912-1997)

Née un 31 mai

Chien-Shiung WU

1912-1997

    Surnommée la « First Lady of Physics », est l’une des plus grandes physiciennes expérimentales du XXe siècle. Née en Chine, elle part aux États-Unis où elle participe au Projet Manhattan, aidant à développer le processus de séparation de l’uranium. Son travail le plus célèbre, l’« expérience de Wu » (1956), a prouvé que la loi de la conservation de la parité était violée lors de la désintégration bêta, révolutionnant la physique des particules. Bien que cette découverte ait valu le prix Nobel à ses collègues masculins théoriciens, elle en fut injustement écartée. Première femme présidente de l’American Physical Society, elle a lutté toute sa vie contre les préjugés sexistes et pour l’éducation des femmes en sciences. Son expertise était telle qu’on disait que si une expérience était menée par Wu, elle ne pouvait être remise en question. Elle reste un symbole d’excellence absolue et de persévérance face à l’injustice académique.

    Denise ALBE-FESSARD (1916-2003) Neurophysiologiste – France

    Fille d'un ingénieur des chemins de fer, Denise Albe-Fessard sort diplômée de l'École de physique et chimie de Paris (ESPCI) en 1937. Un mois chez Rhône-Poulenc suffit à la convaincre que la chimie industrielle n'est pas pour elle : elle devient assistante technique dans un laboratoire de physiologie végétale du CNRS. Une démonstration publique d'électroencéphalographie donnée par le neurophysiologiste Alfred Fessard au Palais de la découverte décide alors de sa vocation. En 1940, elle rejoint le laboratoire que Fessard crée à l'institut Marey, tout en poursuivant ses études de physiologie ; ils se marient en 1942. Docteure ès sciences en 1950 après des travaux sur l'électricité produite par certains poissons, elle réalise dans les années 1950 parmi les premiers enregistrements intracellulaires du cerveau d'un mammifère, grâce à des microélectrodes insérées dans le cortex du chat. Ses recherches fondamentales sur les voies de la douleur dans le système nerveux central lui permettent de distinguer le traitement de la douleur thalamique latérale et médiale. En 1975, elle préside le comité scientifique du premier congrès international sur la douleur, à Florence, et devient la première présidente de l'Association internationale pour l'étude de la douleur. Retraitée du CNRS, elle poursuit ses recherches à l'INRA puis à l'hôpital de Villejuif. Chevalière de la Légion d'honneur, elle meurt en 2003. Son nom sera inscrit sur la tour Eiffel.

    Louise FARRENC (1804-1875) Compositrice – Pianiste – France

    Grande compositrice romantique française, elle a aussi obtenu, par sa propre ténacité, un salaire égal à celui de ses collègues masculins au Conservatoire de Paris. Issue d'une dynastie de sculpteurs, elle grandit parmi les familles d'artistes logées à la Sorbonne et montre très tôt des dons exceptionnels pour le piano. À quinze ans, elle étudie la composition en leçons particulières avec Anton Reicha, les classes de composition étant alors fermées aux femmes. Mariée en 1821 au flûtiste Aristide Farrenc, qui fonde une maison d'édition musicale et publie ses œuvres, elle s'impose comme pianiste puis comme compositrice saluée par Robert Schumann et Hector Berlioz. En 1842, elle est nommée professeure de piano au Conservatoire, poste qu'elle occupe pendant trente ans. Moins payée que ses collègues masculins, elle réclame l'égalité salariale en 1850, forte du triomphe de son Nonette, créé avec le jeune violoniste Joseph Joachim, et finit par l'obtenir. Elle compose trois symphonies, deux ouvertures, de la musique de chambre et de nombreuses pièces pour piano, et reçoit à deux reprises le prix Chartier de l'Académie des beaux-arts, en 1861 et 1869. La mort de sa fille Victorine, pianiste elle aussi, en 1859, met presque fin à sa carrière de compositrice. Oubliée après sa mort, sa musique est aujourd'hui rejouée et enregistrée dans le monde entier.

    Marie-José CHOMBART de LAUWE (1923) Résistante – Sociologue – France

    Résistante, déportée puis sociologue, elle a consacré sa vie à la défense des droits humains et à la mémoire de la déportation. Installée avec sa famille sur l'île de Bréhat, elle entre en résistance à dix-sept ans, pendant l'Occupation. Étudiante en médecine à Rennes, elle transporte des messages et cache dans ses cahiers d'anatomie des plans des défenses côtières destinés aux Alliés, au sein d'un réseau de renseignement et d'évasion lié aux services britanniques. Dénoncée par un agent double, elle est arrêtée en mai 1942, condamnée à mort, puis déportée « Nuit et brouillard » à Ravensbrück avec sa mère, tandis que son père meurt à Buchenwald. Affectée en 1944 à la « Kinderzimmer », la chambre des nouveau-nés du camp, elle tente de sauver quelques bébés dans des conditions effroyables et assiste aux crimes des médecins nazis. Libérée en 1945, elle témoigne contre le commandant du camp. Elle entre au CNRS en 1954 et consacre ses recherches de sociologue aux femmes et à l'enfance, bien avant l'essor des études sur ce sujet. Engagée contre la torture pendant la guerre d'Algérie, membre de la Ligue des droits de l'homme, elle succède à Marie-Claude Vaillant-Couturier à la présidence de la Fondation pour la mémoire de la déportation. Elle est élevée à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur.

    Marie-Antoinette LIX (1839-1909) Militaire – Écrivaine – France

    Fille d'un grenadier de la Grande Armée devenu aubergiste, élevée « à la garçonne » – armes, équitation, escrime –, elle ne sait ni lire ni écrire à dix ans, puis rattrape tout et décroche son brevet d'institutrice à dix-sept. Préceptrice en Pologne en 1863, elle est prise dans l'insurrection contre le tsar : elle sert d'agent de liaison, puis combat en uniforme d'homme sous le nom de Michel le Sombre, jusqu'à être blessée au bras et faite prisonnière : son passeport français, qui révèle son sexe, lui évite le peloton. Rentrée en France, son dévouement pendant l'épidémie de choléra de Lille lui vaut d'être nommée par Napoléon III receveuse du bureau de poste de Lamarche, dans les Vosges. Quand éclate la guerre de 1870, elle s'engage de nouveau : la veille de Sedan, les francs-tireurs de Lamarche l'enrôlent comme lieutenant et elle mène sa section au feu. Écrivaine sous le nom de Tony Lix, elle publie récits et romans, et finit ses jours receveuse des postes à Saint-Nicolas-de-Port.

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