Flossie WONG-STAAL (1946-2020)

Née un 27 août

Flossie WONG-STAAL

1946-2020

    Virologue et biologiste moléculaire sino-américaine, dont les recherches ont été cruciales pour comprendre et combattre l’épidémie de SIDA. Elle est entrée dans l’histoire des sciences comme la première chercheuse à avoir cloné le virus du VIH en 1985, permettant d’en déterminer la structure génétique et de prouver qu’il était bien la cause du SIDA. Née en Chine et formée à l’Université de Californie (UCLA), elle a rejoint les Instituts nationaux de la santé (NIH) où elle est devenue l’une des figures de proue du laboratoire de Robert Gallo. Son travail sur la cartographie du génome du virus a permis de mettre au point les premiers tests de dépistage sanguin, sauvant ainsi d’innombrables vies. Dans les années 1990, elle a fondé le Centre de recherche sur le SIDA à l’Université de Californie à San Diego (UCSD), où elle a dirigé des travaux pionniers sur la thérapie génique. Scientifique la plus citée de la décennie 1980, elle a brisé les barrières de genre et d’origine dans le monde de la recherche biomédicale. Flossie Wong-Staal demeure une icône de la médecine moderne, ayant transformé une condamnation à mort certaine en une maladie chronique gérable grâce à sa maîtrise du code génétique.

    Angélique du COUDRAY (1712-1794) Sage-femme – Pédagogue – France

    Elle révolutionne l'art des accouchements et la formation médicale au dix-huitième siècle en devenant la première sage-femme itinérante à instruire systématiquement les femmes des campagnes. Issue d'une lignée de chirurgiens, elle suit un apprentissage rigoureux de plusieurs années à Paris avant de décrocher sa maîtrise et de diriger la corporation des sages-femmes. Constatant l'effroyable mortalité infantile et maternelle causée par l'ignorance des matrones rurales, elle conçoit une méthode pédagogique inédite basée sur la pratique. Elle fabrique un mannequin grandeur nature en tissu, cuir et os, doté de fœtus articulés, permettant de simuler toutes les manœuvres obstétricales délicates. Remarquée par le roi Louis XV pour la modernité de ses travaux, elle obtient un brevet royal et une pension pour parcourir le royaume durant deux décennies. Elle forme ainsi plus de cinq mille sages-femmes et chirurgiens ruraux, rédigeant un manuel pratique illustré en couleurs qui fait autorité dans toute l'Europe. Pionnière de la santé publique et de l'enseignement médical moderne, elle consacre sa vie entière à réduire la mortalité à la naissance, demeurant une pédagogue visionnaire.

    Alice COLTRANE (1937-2007) Pianiste – Harpiste – États-Unis

    Pianiste, harpiste, organiste et compositrice, elle est l'une des grandes voix du jazz spirituel et l'une des très rares harpistes de l'histoire du jazz. Née Alice McLeod à Détroit, elle grandit dans une famille de musiciens et joue très tôt à l'église. À la fin des années 1950, elle part à Paris étudier le jazz auprès du pianiste Bud Powell, puis joue avec le quartet du vibraphoniste Terry Gibbs, où elle rencontre John Coltrane. Mariée au saxophoniste en 1965, elle remplace McCoy Tyner au piano dans son groupe et joue à ses côtés jusqu'à sa mort en 1967. Veuve avec quatre jeunes enfants, elle apprend la harpe que son mari avait commandée et entame une œuvre personnelle d'une grande audace, mêlant jazz modal, orchestrations de cordes et musique indienne, avec des albums comme « Journey in Satchidananda », « Universal Consciousness » ou « World Galaxy ». Engagée dans une profonde quête spirituelle hindoue, elle fonde en Californie le Vedantic Center en 1975, puis un ashram où elle guide sa communauté sous le nom de Turiyasangitananda et enregistre des chants de dévotion. Elle revient en 2004 avec l'album « Translinear Light », produit par son fils Ravi, puis remonte sur scène en 2006 après vingt-cinq ans d'absence. Longtemps sous-estimée, elle est aujourd'hui une référence pour des générations de musiciens, du jazz à l'électro.

    Violet RICHARDSON (1888-1979) Enseignante – États-Unis

    Professeure d'éducation physique et présidente fondatrice du premier club Soroptimist, d'où est sorti un mouvement mondial de femmes actives. Fille d'émigrés anglais arrivés aux États-Unis en 1885, elle change souvent d'école au gré des déménagements familiaux, décroche une bourse d'études artistiques, puis suit les siens en Californie en 1907. Entrée à l'université de Berkeley pour étudier l'art, elle bifurque vers la santé et l'éducation physique. En 1911, encore étudiante, elle ouvre le Berkeley Women's Gymnasium, une salle de gymnastique privée réservée aux femmes adultes, et crée un club de randonnée féminin. Diplômée en 1912, titulaire d'une maîtrise en éducation en 1917, elle entre au service des écoles publiques de Berkeley, où elle reste quarante et un ans, jusqu'en 1954. Elle y rend l'éducation physique obligatoire pour les filles comme pour les garçons, de la maternelle au lycée, puis dirige cette discipline pour l'ensemble du district scolaire. Elle se bat aussi pour que les enseignantes soient payées autant que leurs collègues masculins. Le 3 octobre 1921, à l'hôtel Oakland, quatre-vingts femmes exerçant chacune un métier fondent le Soroptimist Club of Alameda County et la portent à leur tête. Le mouvement gagne l'Europe dès 1924 et devient le Soroptimist International. Mariée en 1926 à Stanley Ward, mère d'un fils, elle s'éteint en 1979 à Danville, en Californie. Un prix qui porte son nom, le Violet Richardson Award, récompense des jeunes filles de quatorze à dix-huit ans pour leur engagement bénévole.

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