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Née un 6 mai
Geneviève CALLEROT
1916-2025
Résistante, romancière et figure emblématique de la paysannerie, Geneviève Callerot est une femme dont la vie traverse un siècle d’histoire avec une force tranquille. Pendant la Seconde Guerre mondiale, habitant près de la ligne de démarcation en Dordogne, elle a fait preuve d’un courage immense en aidant plus de 200 personnes à fuir vers la zone libre. Ce n’est qu’à l’âge de 101 ans qu’elle a reçu la Légion d’honneur, une reconnaissance tardive pour celle qui considérait son héroïsme comme un simple devoir d’humanité.Une vie entre terre et littérature. Elle n’a commencé sa carrière d’écrivaine à 67 ans, rencontrant un immense succès avec son premier roman, « Cinq filles et trois garçons ».
Ses récits, comme Les blés de la colère, témoignent avec une précision rare de l’évolution du monde agricole et de la condition paysanne au XXe siècle. Centenaire active, elle a continué à cultiver son jardin et son esprit, devenant une icône de sagesse et de transmission intergénérationnelle. Son parcours est celui d’une femme de convictions, restée fidèle à sa terre du Périgord tout en portant des valeurs universelles de liberté.
Gertrude EMERSON SEN (1890-1982) Journaliste – Géographe – États-Unis
Orientaliste, journaliste, géographe et spécialiste de l'Inde d'origine américaine, elle est célèbre pour ses travaux sur la société rurale indienne et son rôle aux débuts de la célèbre revue américaine Asia Magazine. Fille de l'archéologue Alfred Emerson — la presse de l'époque la présentait volontiers comme une descendante du poète Ralph Waldo Emerson —, diplômée de l'université de Chicago, elle se passionne très tôt pour l'Asie et l'Orient. En 1917, elle rejoint dès sa fondation Asia Magazine, une publication prestigieuse consacrée aux cultures, à la politique et aux peuples asiatiques, dont elle devient rédactrice associée et l'une des principales plumes. Dans les années 1920, elle accomplit de grands voyages d'étude à travers le Japon, la Chine, les Philippines et l'Inde, réalisant des reportages photographiques et ethnographiques de premier plan, et cofonde en 1925, aux côtés de Harriet Chalmers Adams, la Society of Woman Geographers. C'est en Inde qu'elle choisit de poser définitivement ses valises. Désireuse de comprendre la réalité de la vie rurale indienne loin du prisme colonial britannique, elle s'installe en 1927 en solitaire dans le village isolé de Pachperwa, dans l'actuel Uttar Pradesh, au pied de l'Himalaya. Elle y vit pendant un an dans des conditions très simples, observant le quotidien des paysans, la condition des femmes et le système de castes. De cette expérience pionnière naîtra son ouvrage majeur, « Voiceless India » (1930), salué pour son empathie et sa rigueur documentaire. En 1932, elle épouse le botaniste indien Basiswar Sen, disciple du grand physicien Jagadish Chandra Bose et des idéaux de Swami Vivekananda. Le couple s'installe à Almora, dans la région de Kumaon, où leur maison devient un lieu de rencontre intellectuel pour de nombreuses personnalités indiennes et internationales, parmi lesquelles Rabindranath Tagore ou Jawaharlal Nehru. Très attachée à sa patrie d'adoption, elle s'investit dans la recherche historique et culturelle, publiant plusieurs ouvrages de référence sur la civilisation et l'histoire de l'Inde, notamment « The Pageant of India's History » (1948) et « The Cultural Unity of India » (1965). Gertrude Emerson Sen s'éteint en 1982 à Almora, laissant le souvenir d'un pont culturel remarquable entre l'Occident et l'Inde.
Katie SANDWINA (1884-1952) Artiste de cirque – Allemagne
Issue d'une fratrie de quatorze ou quinze enfants selon les sources, fille d'un couple de directeurs de cirque bavarois, Katharina Brumbach grandit sur la piste du cirque fondé par son grand-père en 1846. Toute jeune, elle affronte à la lutte les hommes du public : son père promet cent marks à qui la battra, et personne n'y parvient. C'est ainsi qu'à 16 ans elle rencontre l'acrobate Max Heymann, qu'elle envoie au tapis d'un seul geste ; il la demande aussitôt en mariage et restera son partenaire toute sa vie. Elle part pour New York en 1901. Selon la légende qu'elle entretient elle-même, elle aurait surpassé lors d'un défi public le célèbre homme fort Eugen Sandow, en soulevant au-dessus de sa tête un poids qu'il ne parvenait à monter qu'à la poitrine : elle en tire son nom de scène, Sandwina, féminin de Sandow. Surnommée « The Lady Hercules », elle est pendant des décennies l'une des vedettes du cirque Barnum & Bailey, devenu Ringling Brothers and Barnum & Bailey : elle soulève son mari d'une main au-dessus de sa tête, tord des barres de fer et résiste à la traction de quatre chevaux. Son record de soulevé au-dessus de la tête, 129 kilos, n'est battu qu'en 1987. En 1912, elle devient vice-présidente des suffragettes du cirque Barnum & Bailey, un groupe d'environ 800 artistes qui manifestent pour le droit de vote des femmes. Elle quitte la piste en 1942, à près de 60 ans, et ouvre avec son mari un restaurant où elle continue de tordre des barres de fer pour ses clients. Elle meurt à New York en 1952.
Martha NUSSBAUM (1947) Philosophe – États-Unis
Philosophe américaine, elle étudie le théâtre et les lettres classiques à l'université de New York, puis la philosophie à Harvard, où elle obtient son doctorat en 1975. Après Harvard et l'université Brown, elle enseigne depuis 1995 le droit et l'éthique à l'université de Chicago. Son livre « La Fragilité du bien » (1986), consacré à la tragédie et à la philosophie grecques, la fait connaître : elle y montre que même une personne profondément attachée à la justice reste exposée à des circonstances qui lui échappent, et que reconnaître cette vulnérabilité est une clé de la vie bonne. Avec l'économiste Amartya Sen, elle développe l'approche des « capabilités » : plutôt que de juger le développement d'un pays à la seule croissance de son PIB, il faut se demander ce que chaque personne est réellement capable de faire et d'être. Elle dresse la liste des capacités fondamentales que tout gouvernement doit garantir au moins jusqu'à un certain seuil — vivre, être en bonne santé, préserver son intégrité physique, imaginer et penser, se lier aux autres, jouer… — et s'en sert pour penser les inégalités subies par les femmes ou la place des personnes handicapées. Elle soutient aussi que le dégoût et la honte, qui ont servi à justifier l'oppression des femmes, des Juifs et des homosexuels, ne doivent pas fonder la loi, et voit dans la littérature un moyen de cultiver la compassion. Opposée aux mutilations génitales féminines, convertie au judaïsme, elle a reçu notamment le prix Kyoto (2016), le prix Berggruen (2018), le prix Holberg (2021) et le prix Balzan (2022).