Harriet Beecher STOWE (1811-1896)

Née un 14 juin

Harriet Beecher STOWE

1811-1896

    Femme de lettres et combattante pour l’abolition de l’esclavage  dont l’œuvre a littéralement changé le cours de l’histoire. Elle est l’autrice de « La Case de l’oncle Tom » (1852), un roman qui a dénoncé avec une force émotionnelle inédite les horreurs de l’esclavage. Le succès du livre fut tel qu’il a cristallisé l’opinion publique dans le Nord des États-Unis et intensifié les tensions menant à la Guerre de Sécession. La légende raconte que lorsqu’elle rencontra Abraham Lincoln en 1862, celui-ci l’aurait saluée par ces mots : « Ainsi, vous êtes la petite femme dont le livre a déclenché cette grande guerre. » Issue d’une famille de pasteurs engagés, elle a utilisé la littérature comme un levier moral, humanisant les esclaves aux yeux d’un public qui préférait fermer les yeux. Elle a publié plus de trente ouvrages, mais c’est son engagement pour la dignité humaine et les droits civiques qui fait d’elle l’une des femmes les plus influentes du XIXe siècle.

    Steffi GRAF (1969) Athlète – Allemagne

    Joueuse de tennis allemande, originaire de Mannheim, initiée à trois ans par son père, Peter Graf, qui lui fait manier une raquette en bois dans le salon familial. Professionnelle de 1982 à 1999, elle joue Roland-Garros dès 13 ans et y gagne en 1987 son premier titre du Grand Chelem, face à Martina Navrátilová, puis devient numéro 1 mondiale. En 1988, elle remporte les quatre tournois du Grand Chelem et l'or olympique à Séoul : première joueuse à réussir ce « Grand Chelem doré » dans une même année civile. Son coup droit puissant et son jeu de jambes servent un tennis offensif de fond de court. Elle totalise 107 titres en simple, dont 22 du Grand Chelem, et reste la seule joueuse à avoir gagné au moins quatre fois chacun des tournois majeurs. Elle occupe la première place mondiale pendant 377 semaines, dont 186 consécutives. En 1995, elle est soupçonnée d'évasion fiscale avec son père, qui gérait ses finances : lui est condamné à 45 mois de prison, et les poursuites contre elle sont abandonnées en 1997 contre le versement de 1,3 million de marks à l'État et à une œuvre caritative. Après une dernière victoire à Roland-Garros face à Martina Hingis, elle se retire en août 1999, à 30 ans. Mariée depuis 2001 à Andre Agassi, mère de deux enfants, elle vit à Las Vegas et préside la fondation Children for Tomorrow, créée en 1998 pour les enfants traumatisés par la guerre ou d'autres crises. Entrée au Hall of Fame en 2004, elle donne la même année son nom au stade du Rot-Weiss de Berlin.

    Justine FAVART (1727-1772) Comédienne – Dramaturge – France

    Fille de deux musiciens du roi de Pologne Stanislas Leszczynski, élevée dans la danse, la musique et les lettres, elle débute à dix-sept ans à la foire Saint-Laurent sous le nom de Mlle Chantilly et y rencontre Charles-Simon Favart, directeur de l'Opéra-Comique, qu'elle épouse. Comédienne, chanteuse, danseuse, elle devient l'actrice la plus admirée de son temps : « elle n'eut point de modèles et en servit », écrira son mari ; elle imitait si bien les accents que chacun la croyait de son pays. Surtout, elle impose une révolution que le théâtre français lui doit : renonçant aux paniers et aux plumes que toutes portaient quels que soient les rôles, elle est la première à s'habiller selon le personnage – sabots et robe de laine pour jouer une paysanne. Autrice aussi, elle signe une dizaine de pièces dont « Les Amours de Bastien et Bastienne », parodie de Rousseau qui inspirera Mozart. Sa gloire lui vaut d'être poursuivie par le maréchal de Saxe, qui, éconduit, obtient des lettres de cachet : son mari doit fuir, elle est enlevée et enfermée dans des couvents jusqu'à ce qu'elle cède. Elle meurt à quarante-quatre ans, épuisée. À Paris, le théâtre de l’Opéra-Comique porte toujours leur nom : la salle Favart, place Boieldieu, que la maison dit devoir à leurs deux talents réunis. La première salle Favart n’ouvre qu’en 1783, onze ans après sa mort ; celle d’aujourd’hui est la troisième, les deux premières ayant brûlé en 1838 et en 1887. En complément : https://www.opera-comique.com/fr/l-opera-comique

    Léontine ARMAN de CAILLAVET (1844-1910) Salonnière – France

    Léontine Lippmann naît dans une famille de banquiers juifs venus d'Autriche et épouse en 1868, aux Tuileries et devant Napoléon III, un armateur bordelais dont elle fera un nom : Arman de Caillavet. Farouchement républicaine quand son mari ne l'est pas, elle ouvre avenue Hoche l'un des salons les plus courus de la Troisième République. Elle y règne trente ans, décide des réputations, pousse les carrières. Sa grande affaire est Anatole France, dont elle devient la compagne et, de l'avis général, le moteur : elle l'enferme pour le faire écrire, corrige, organise, le mène jusqu'à l'Académie française. Elle l'emmène en croisière en Corse, en Sardaigne, en Sicile, en Grèce, en Italie. Proust, qui fréquenta son salon, en a tiré l'un des modèles de Madame Verdurin. Elle meurt en 1910, peu après qu'Anatole France l'eut quittée pour une actrice ; son fils, le dramaturge Gaston Arman de Caillavet, lui survivra cinq ans.

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