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Née un 13 mai
Inge LEHMANN
1888-1993
Géophysicienne dont la découverte a radicalement changé notre compréhension des profondeurs de la Terre. À une époque où l’on pensait que le noyau terrestre était entièrement liquide, elle a analysé avec une précision méthodique les ondes sismiques produites par de grands tremblements de terre. En 1936, elle a publié un article au titre laconique, « $P’$ », dans lequel elle démontrait l’existence d’une graine solide au centre du noyau liquide, aujourd’hui appelée le noyau interne. Sa découverte reposait sur l’observation de certaines ondes traversant des zones d’ombre inexpliquées, ce qui impliquait la présence d’une structure centrale capable de les réfléchir. Scientifique d’une longévité exceptionnelle, elle a poursuivi ses recherches aux États-Unis après sa retraite officielle, découvrant une autre discontinuité dans le manteau supérieur qui porte désormais son nom : la discontinuité de Lehmann. Femme de terrain et de calcul, elle a dû s’imposer dans un milieu académique presque exclusivement masculin, devenant la première femme à recevoir la prestigieuse médaille William Bowie. Première femme à diriger le département de sismologie de l’Institut géodésique du Danemark, elle a brisé les barrières académiques. Sa rigueur mathématique lui a permis d’interpréter des signaux sismiques complexes que ses contemporains ignoraient. Elle a vécu jusqu’à 104 ans, restant une figure respectée et une source d’inspiration pour des générations de géologues. Son travail a permis de comprendre la dynamique thermique et magnétique de notre planète, car c’est l’interaction entre le noyau interne solide et le noyau externe liquide qui génère le champ magnétique terrestre.
Claudie HAIGNERÉ (1957) Médecin – Astronaute – France
Première femme française et européenne à avoir voyagé dans l’espace. Brillante, elle mène d’abord une carrière médicale d’excellence, devenant docteure en médecine et spécialiste en rhumatologie, avant d’obtenir un doctorat en neurosciences. En 1985, elle est sélectionnée par le Centre national d’études spatiales (CNES) parmi des milliers de candidats pour intégrer le programme des spationautes français. Sa première opportunité spatiale se concrétise le 17 août 1996 lors de la mission franco-russe Cassiopée, où elle s’envole vers la station orbitale Mir pour y réaliser de complexes expériences scientifiques. Cinq ans plus tard, le 21 octobre 2001, elle marque à nouveau l’histoire de l’exploration spatiale en devenant la première femme européenne à séjourner à bord de la Station spatiale internationale (ISS) lors de la mission Andromède. Son expertise et son leadership lui valent d’être nommée commandante de bord pour la phase de retour sur Terre, une fonction opérationnelle majeure. De retour sur le plancher des vaches, sa carrière prend un tournant public majeur lorsqu’elle est nommée ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles technologies en 2002, puis ministre déléguée aux Affaires européennes en 2004. Femme de transmission et de culture, elle prend la présidence de l’entité Universcience en 2010, regroupant le Palais de la découverte et la Cité des sciences et de l’industrie, avec l’ambition de populariser la science auprès des jeunes. Tout au long de sa vie, elle s’investit avec ferveur pour encourager les filles à embrasser des carrières scientifiques et d’ingénierie, luttant contre les stéréotypes de genre. Grand officier de la Légion d’honneur, elle continue d’agir comme conseillère auprès de l’Agence spatiale européenne (ESA) pour inspirer les futures générations d’exploratrices.
Stella RIMINGTON (1935-2025) Espionne – Écrivaine – Royaume-Uni
Archiviste de formation, elle classe des documents à Worcester puis à la bibliothèque de l'India Office quand son mari est nommé à New Delhi. C'est là, en 1967, qu'un diplomate de la Haute Commission britannique lui propose un poste de dactylo à temps partiel pour le MI5 : elle accepte par ennui, et n'en sortira plus pendant vingt-neuf ans. Rentrée à Londres en 1969, elle traverse les trois branches du service — contre-espionnage, contre-subversion, antiterrorisme — dans une maison où les femmes étaient alors cantonnées aux archives et aux écoutes. En décembre 1991 elle est nommée directrice générale du MI5 : première femme, et premier chef du service dont le nom soit rendu public. Elle en profite pour entrouvrir la porte — brochure officielle de trente-six pages en 1993, photographies de la direction, conférence publique —, ce qui lui vaut autant d'éloges que d'inimitiés. La tabloïde anglaise, elle, commente sa coiffure et le fait qu'elle élève seule ses deux filles. Sa direction de la section chargée de surveiller les syndicats, pendant la grève des mineurs de 1984-1985, reste vivement contestée au Royaume-Uni ; elle a reconnu en 2001 que le service avait pu se montrer « un peu trop zélé ». Retirée en 1996, elle publie des mémoires qui scandalisent ses anciens collègues, puis une quinzaine de romans d'espionnage, et préside en 2011 le jury du Booker Prize.