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Née un 26 mai
Isadora DUNCAN
1877-1927
Visionnaire, considérée comme la mère de la danse moderne et rompant radicalement avec la rigidité du ballet classique, elle rejette les pointes et le tutorat pour danser pieds nus, vêtue de tuniques vaporeuses inspirées de la Grèce antique. Sa chorégraphie privilégie le mouvement naturel, l’émotion pure et l’expression du corps libéré de toute contrainte. Femme libre et scandaleuse pour son époque, elle mène une vie marquée par un engagement politique radical et une liberté sexuelle affirmée. Elle fonde plusieurs écoles en Europe et en Russie pour transmettre sa vision de la beauté et de l’harmonie. Sa vie personnelle est toutefois jalonnée de tragédies, notamment la perte accidentelle de ses deux enfants. Elle meurt en 1927, de façon spectaculaire et tragique à Nice, étranglée par son écharpe prise dans les rayons de la roue de sa voiture. Elle a ouvert la voie à une danse libérée, plaçant le corps et la spiritualité au centre de l’art chorégraphique contemporain.
Mathilde de MORNY (1863-1944) Sculptrice – France
Fille du duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, et d'une princesse russe, mariée à dix-huit ans à un marquis dont elle divorce, elle choisit très tôt de vivre comme elle l'entend : cheveux courts, complet veston et caleçon d'homme – le port du pantalon exige alors une autorisation de la préfecture, comme celle qu'obtinrent Rosa Bonheur ou Jane Dieulafoy –, cigare aux lèvres, et les surnoms de Missy, d'Oncle Max ou de « Monsieur le Marquis » que ses domestiques lui donnent. Sculptrice et peintre sous l'anagramme d'Yssim, élève du sculpteur Millet de Marcilly, elle expose et mène une vie mondaine au cœur du Paris de la Belle Époque. Sa rencontre avec Colette, en 1905, scelle une liaison de six ans : c'est chez elle, au Crotoy, que l'écrivaine rédige « Les Vrilles de la vigne » et « La Vagabonde ». Le 3 janvier 1907, elles jouent ensemble au Moulin-Rouge la pantomime « Rêve d'Égypte » : Missy en égyptologue réveille d'un baiser la momie incarnée par Colette. La salle, chauffée par une cabale aristocratique, jette tabourets et projectiles ; la préfecture interdit le spectacle dès le lendemain. Ruinée, malade et seule, elle se donne la mort en juin 1944.