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Née un 26 mars
Jacqueline de ROMILLY
1913-2010
Écrivaine et universitaire considérée comme l’une des plus grandes érudites du XXe siècle pour ses travaux sur la Grèce antique. Helléniste de renommée mondiale, elle consacre sa vie à l’étude de la langue, de la littérature et de la pensée grecques, devenant la spécialiste incontestée de l’historien Thucydide et de l’évolution de la notion de démocratie. Première femme professeure au Collège de France en 1973, elle ouvre une brèche dans une institution jusque-là fermée aux femmes avant de devenir, en 1988, la deuxième femme élue à l’Académie française après Marguerite Yourcenar. Enseignante passionnée et essayiste prolifique, elle publie des dizaines d’ouvrages magistraux, dont Pourquoi la Grèce ?, où elle défend avec ferveur l’actualité des valeurs humanistes de l’Antiquité. Face au déclin des études classiques, elle fonde l’association SEL (Sauvegarde des Enseignements Littéraires) pour militer sans relâche en faveur du maintien du latin et du grec dans le système éducatif. Sa plume d’une clarté remarquable et son engagement pédagogique lui valent une immense affection du grand public et l’admiration de ses pairs. Naturalisée citoyenne grecque d’honneur en 2005 en reconnaissance de sa contribution au rayonnement de la culture hellénique, elle reçoit les plus hautes distinctions de l’État français, dont la Grand-Croix de la Légion d’honneur. Même après avoir perdu la vue à la fin de sa vie, elle continue de dicter ses œuvres, témoignant d’une force intellectuelle et d’une rigueur de travail exceptionnelles jusqu’à son dernier souffle. Son héritage intellectuel reste un phare pour la défense des humanités, de la transmission des savoirs et des fondements de la culture occidentale.
Julie-Victoire DAUBIÉ (1824-1874) Journaliste – Économiste – France
Journaliste, économiste et pionnière de l'éducation des femmes, elle est la première bachelière de France — un diplôme conquis de haute lutte à 37 ans. Née à Bains, dans les Vosges, benjamine de huit enfants d'une famille modeste, orpheline de père à vingt mois, elle apprend le grec et le latin auprès de son frère aîné et décroche à vingt ans son brevet supérieur d'institutrice. Refusée par la faculté de Paris, elle se présente à Lyon et, le 17 août 1861, devient la première femme de France reçue au baccalauréat ; le ministre de l'Instruction publique refuse d'abord de signer son diplôme — il craignait de « ridiculiser le ministère » — et ne cédera que neuf mois plus tard. Sa plume est son autre arme : son enquête magistrale, « La Femme pauvre au XIXe siècle », couronnée par l'Académie de Lyon puis publiée en 1866, dénonce la misère et l'exploitation des travailleuses avec une rigueur d'économiste, et ses articles plaident inlassablement pour le droit des femmes à l'instruction, au travail et au vote. En 1871, toujours pionnière, elle devient la première licenciée ès lettres de France et prépare un doctorat lorsque la tuberculose l'emporte, le 26 août 1874, à cinquante ans, à Fontenoy-le-Château. Lycées, rues et amphithéâtres portent aujourd'hui le nom de celle qui a ouvert aux filles de France le chemin des diplômes.
Germaine CELLIER (1909-1976) Parfumeuse – France
Bordelaise montée à Paris à vingt ans pour étudier la chimie, grande amie des peintres et des couturiers, elle devient la première grande parfumeuse d'un métier alors exclusivement masculin — un « nez » de génie au franc-parler légendaire, clope au bec et blouse blanche chez Roure. Ses créations sont des coups d'éclat restés dans l'histoire : « Bandit » (1944) pour Robert Piguet, cuir insolent lancé avec des mannequins en masques de voleurs ; « Vent Vert » (1947) pour Balmain, premier parfum « vert » de l'histoire avec sa surdose inouïe de galbanum ; « Fracas » (1948), tubéreuse charnelle devenue référence absolue, portée de Rita Hayworth à Madonna. Travaillant à l'instinct et aux surdosages, méprisant les formules timides, elle inventa des accords que la parfumerie explore encore. Elle s'éteint le 12 juin 1976 à Clichy, pionnière qui a ouvert aux femmes les portes du plus secret des métiers.