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Née un 3 décembre
Juliette RÉCAMIER
1777-1849
Muse et âme des cercles intellectuels parisiens pendant près d’un demi-siècle. Célébrée pour sa beauté légendaire, elle a imposé le style « Directoire » et inspiré les plus grands peintres comme David et Gérard. Son salon était un carrefour politique où se croisaient libéraux, écrivains et diplomates, défiant souvent l’autorité de Napoléon. Exilée par l’Empereur pour son indépendance d’esprit, elle est devenue un symbole de résistance culturelle. Sa relation avec Chateaubriand a marqué l’histoire littéraire, faisant d’elle la gardienne de son œuvre monumentale. Femme d’une grande intelligence diplomatique, elle savait concilier les opinions divergentes par son tact et sa douceur. Malgré les revers de fortune de son époux, elle a conservé un prestige immense jusqu’à la fin de sa vie à l’Abbaye-aux-Bois. Elle a révolutionné l’art de recevoir, transformant la conversation de salon en une véritable institution sociale. Son nom reste attaché à un certain art de vivre à la française, mêlant élégance, culture et liberté. Elle demeure l’image éternelle de la beauté sereine et de l’influence féminine sous le Consulat et l’Empire.
Anna FREUD (1895-1982) Psychanalyste – Autriche
Dernière des six enfants de Sigmund Freud, elle est institutrice avant d'être analysée par son père lui-même, pratique qui scandalisera plus tard la profession. Elle fonde avec Dorothy Burlingham une école expérimentale à Vienne, puis publie en 1936 « Le Moi et les mécanismes de défense », livre fondateur de la psychologie du moi qui l'impose comme théoricienne à part entière. En mars 1938, après l'Anschluss, la Gestapo la convoque pour l'interroger sur l'Association psychanalytique internationale ; elle en ressort, et la famille obtient de quitter Vienne pour Londres. Elle y installe en 1941, avec Burlingham, la Pouponnière de guerre de Hampstead, qui accueille les enfants séparés de leurs parents par les bombardements : en les observant jour après jour, elle établit que la séparation d'avec la mère les abîme davantage que les bombes elles-mêmes. Ses travaux d'après-guerre sur les enfants carencés, puis ses séminaires à la faculté de droit de Yale, transforment la façon dont les tribunaux occidentaux décident du sort d'un enfant. On lui doit la psychanalyse de l'enfant comme discipline, et une longue controverse avec Melanie Klein dont la psychanalyse britannique garde la trace.