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Née un 15 mai
Maria REICHE
1903-1998
Également archéologue, elle a consacré plus de cinquante ans de sa vie à l’étude des lignes de Nazca au Pérou. Surnommée « la Dame des lignes », elle est arrivée dans la région dans les années 1940 et n’en est pratiquement plus jamais repartie, fascinée par ces géoglyphes géants. Munie d’un simple balai et de ses instruments de mesure, elle a nettoyé et protégé le site désertique pour révéler des figures enfouies sous la poussière depuis des siècles. Elle a développé la théorie selon laquelle ces tracés formaient un immense calendrier astronomique utilisé par les anciennes civilisations pour prévoir les cycles agricoles. Grâce à ses calculs mathématiques rigoureux, elle a démontré la précision incroyable avec laquelle ces dessins de singes, d’araignées et d’oiseaux ont été conçus. Elle a vécu dans des conditions extrêmement précaires, habitant parfois dans une petite cabane sans électricité pour rester au plus près de son terrain de recherche.Son combat acharné contre les projets de construction et le tourisme sauvage a permis de préserver ce patrimoine unique d’une destruction certaine.Elle a réussi à attirer l’attention internationale sur le site, aboutissant à son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1994. En plus de ses recherches, elle a publié de nombreux ouvrages scientifiques pour expliquer la complexité géométrique de ces structures à travers le monde.Aujourd’hui, Maria Reiche est considérée comme une héroïne nationale au Pérou, symbole d’une vie entière dédiée à la science et à la sauvegarde de l’histoire humaine. Pour en savoir plus: https://www.nationalgeographic.fr/histoire/archeologie-les-nouveaux-geoglyphes-de-nazca https://www.worldhistory.org/article/1395/the-nazca-lines-a-lifes-work/
Maria Theresia von PARADIS (1759-1824) Compositrice – Pianiste – Autriche
Pianiste virtuose, chanteuse et compositrice viennoise, elle perd la vue dans sa petite enfance et fait de la musique le cœur de sa vie. Fille d'un conseiller de l'impératrice Marie-Thérèse, dont elle porte les prénoms, elle étudie avec les plus grands maîtres de Vienne, parmi lesquels Leopold Kozeluch et Antonio Salieri, et apprend par cœur plus de soixante concertos. Traitée pendant quelques mois par le magnétiseur Franz Anton Mesmer, elle retrouve brièvement une partie de la vue avant de la reperdre définitivement. En 1783, elle entreprend une longue tournée européenne qui la mène jusqu'à Paris, où elle donne quatorze concerts acclamés, puis à Londres, où elle joue devant le roi George III. À Paris, elle soutient Valentin Haüy dans la création de la première école pour aveugles, ouverte en 1785. Mozart aurait écrit pour elle l'un de ses concertos pour piano. Pour composer, elle utilise une tablette inventée par son librettiste Johann Riedinger, et pour écrire sa correspondance une petite presse à imprimer conçue par Wolfgang von Kempelen. Entre 1789 et 1797, elle compose cinq opéras et trois cantates, puis se consacre à l'enseignement : en 1808, elle fonde à Vienne sa propre école de musique pour jeunes filles, où elle enseigne jusqu'à sa mort. Un cratère de Vénus porte son nom.
Mary Wortley MONTAGU (1689-1762) Femme de lettres – Royaume-Uni
Jugeant sa gouvernante médiocre, elle s'instruisit seule dans la bibliothèque paternelle de Thoresby Hall et apprit seule le latin à treize ans. Mariée contre l'avis de son père, avec qui elle s'enfuit en 1712, elle suivit son époux à Constantinople lorsqu'il y fut nommé ambassadeur en 1716. Elle y observa en mars 1717 une pratique inconnue de la médecine européenne : de vieilles femmes inséraient à la pointe d'une aiguille un peu de pus de variole bénigne sous la peau des enfants, qui contractaient une forme atténuée de la maladie et en sortaient immunisés. Elle-même avait été défigurée par la variole en 1715 et venait d'y perdre son frère. En mars 1718, elle fit inoculer son fils Edward, premier Anglais à subir l'opération, puis, en avril 1721, sa fille, à Londres, en pleine épidémie — la première variolisation pratiquée en Angleterre. Le corps médical se déchaîna contre cette méthode orientale rapportée par une femme sans titre ; elle tint bon, convainquit la princesse de Galles Caroline d'Ansbach, qui la fit tester puis inoculer ses propres filles. La pratique gagna alors l'Europe, quelque soixante-dix ans avant le vaccin de Jenner. Ses « Lettres de l'ambassade turque », publiées après sa mort en 1763, sont considérées comme le premier récit profane écrit par une femme sur l'Orient musulman ; elle y décrit notamment les bains de Sophia d'un regard qui renverse celui des voyageurs masculins. Poétesse et pamphlétaire redoutée, elle fut attaquée des années durant par Alexander Pope.
Fusae ICHIKAWA (1893-1981) Journaliste – Politique – Japon
Institutrice formée en 1913, elle devient en 1917 la première femme journaliste du grand quotidien de Nagoya, où elle couvre la condition des femmes. En 1920, elle fonde avec Raichō Hiratsuka l'Association des nouvelles femmes, puis passe trois ans aux États-Unis, où elle rencontre les suffragistes Alice Paul et Carrie Chapman Catt. De retour, elle crée en 1924 la ligue pour le suffrage des femmes et en devient la figure de proue ; elle fonde en 1933 une association pour l'assainissement de la vie politique à Tokyo. Les Japonaises votent en novembre 1945. Son passage dans les organisations féminines encadrées par le régime pendant la guerre lui vaut d'être écartée par l'occupation américaine, avant d'être relevée de cette interdiction. Élue au Parlement en 1953, elle y siège jusqu'en 1971, mène le combat contre l'argent en politique, y revient en 1974 à quatre-vingt-un ans, et est réélue en 1980 avec le plus grand nombre de voix du pays. Le prix Ramon-Magsaysay lui est décerné en 1974. Elle meurt en fonction, en février 1981, à quatre-vingt-sept ans. Enfant, elle avait vu son père battre régulièrement sa mère ; c'est à cette école-là qu'elle a appris ce qu'elle combattrait sa vie entière.