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Née un 29 avril
Marietta BLAU
1894-1970
Pionnière absolue de la physique des particules et de la méthode des émulsions photographiques nucléaires. Travaillant à l’Institut de recherche sur le radium de Vienne à une époque où les femmes étaient marginalisées dans les sciences, elle met au point une technique révolutionnaire permettant de photographier les trajectoires des particules subatomiques à haute énergie. En 1937, ses recherches culminent avec la découverte historique des « étoiles de désintégration » (les traces de la fragmentation de noyaux atomiques provoquée par le rayonnement cosmique), marquant la naissance de la physique expérimentale des particules moderne. En raison de ses origines juives, l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie en 1938 la contraint à un exil douloureux, d’abord au Mexique puis aux États-Unis, interrompant brutalement ses travaux alors qu’elle était au sommet de sa carrière. Bien qu’Albert Einstein l’ait personnellement recommandée et qu’elle ait été nommée à plusieurs reprises pour le prix Nobel de physique par des géants de la science comme Erwin Schrödinger, elle ne l’obtiendra jamais, le prix de 1950 étant attribué à Cecil Powell qui avait perfectionné sa propre méthode. De retour à Vienne à la fin de sa vie, elle s’éteint en 1970 dans un relatif dénuement, mais reste aujourd’hui reconnue comme l’une des esprits scientifiques les plus brillants et injustement omis de l’histoire du XXe siècle.
Gabrielle RUSSIER (1937-1969) Professeure – France
Agrégée de lettres modernes, professeure à Marseille, mère de jumeaux et divorcée, elle incarne en 1968 une génération d'enseignants qui se veulent proches de leurs élèves. Sa liaison avec l'un d'eux, âgé de seize ans, déclenche une machine judiciaire implacable : les parents du garçon portent plainte, elle est inculpée d'enlèvement et de détournement de mineur, incarcérée deux fois aux Baumettes, soumise à une détention préventive d'une dureté qui indigne jusqu'au monde politique. Condamnée à un an de prison avec sursis, menacée d'un procès en appel qui aurait ruiné sa carrière, elle se donne la mort dans son appartement marseillais le 1er septembre 1969, à trente-deux ans. L'affaire bouleverse la France : interrogé en conférence de presse, Georges Pompidou répond en citant les vers d'Éluard sur les femmes tondues, « Comprenne qui voudra », puis quitte la salle ; Serge Reggiani chante « Gabrielle », Anne Sylvestre « Des fleurs pour Gabrielle », Charles Aznavour « Mourir d'aimer », et le film d'André Cayatte du même titre fait près de six millions d'entrées. Son destin reste le symbole d'une justice qui punit une femme au nom de la morale.