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Née un 26 novembre
Mary EDWARDS WALKER
1832-1919
Figure révolutionnaire de la médecine et du féminisme américain au XIXe siècle. Seule femme récipiendaire de la Médaille d’Honneur, elle a servi comme chirurgienne sur les champs de bataille sanglants de la guerre de Sécession. Son dévouement total aux blessés, au péril de sa propre liberté, lui a valu une reconnaissance militaire exceptionnelle. Au-delà de ses exploits chirurgicaux, elle a mené une lutte frontale contre les normes sociales de son temps. Adepte de la réforme vestimentaire, elle a courageusement porté des pantalons et des habits d’homme pour affirmer l’égalité des sexes et la liberté de mouvement. Malgré le retrait temporaire de sa médaille en 1917 par le Congrès (qui souhaitait la réserver aux combattants directs), elle a refusé de la rendre, la portant fièrement jusqu’à sa mort. Sa distinction lui fut officiellement restituée à titre posthume par le président Jimmy Carter en 1977. Écrivaine et conférencière, elle a consacré sa vie à plaider pour le suffrage universel et la tempérance. Elle incarne l’indépendance d’esprit et la bravoure citoyenne face aux préjugés institutionnels. Son héritage inspire encore aujourd’hui les femmes au sein des forces armées mondiales. Elle demeure une icône de la dissidence pacifique et de l’excellence professionnelle.
Henriette MATHIEU-FARAGGI (1915-1985) Physicienne – France
Physicienne nucléaire française, première femme à avoir présidé la Société française de physique, elle a dirigé l'un des plus grands laboratoires de physique nucléaire d'Europe. Née à Paris, fille d'un ingénieur issu d'une famille juive de Constantinople, elle se forme à l'Institut du Radium, dans le sillage des Joliot-Curie, et y devient une virtuose d'une technique d'avant-garde : les émulsions photographiques nucléaires, qui rendent visibles les trajectoires des particules. Sa thèse, soutenue en mai 1950, établit des mesures de précision de l'énergie des particules chargées ; ses travaux sur les autoradiographies trouveront des applications jusqu'en métallurgie et en biologie. Élue la même année au comité national du CNRS, elle entre en 1951 au tout jeune Commissariat à l'énergie atomique et gravit tous les échelons, jusqu'à diriger de 1972 à 1978 le département de physique nucléaire de Saclay. En 1971, la Société française de physique se choisit pour la première fois de son histoire une présidente : c'est elle. Elle préside également le comité de physique nucléaire de l'Union internationale de physique pure et appliquée, portant la voix de la France dans les grandes instances scientifiques mondiales. Morte le 6 avril 1985, elle demeure l'une des grandes bâtisseuses de la physique nucléaire française — au microscope comme à la tête de ses institutions.
Denise BARTHOMEUF (1934-2004) Chimiste – France
Lyonnaise, Denise Barthomeuf commence sa carrière à la faculté des sciences de sa ville, où elle consacre ses premières recherches aux gels mixtes silice-alumine et aux catalyseurs de craquage catalytique, utilisés pour raffiner le pétrole. Après un séjour de huit mois à l'université d'État de Moscou, elle se tourne dans les années 1960 vers les zéolithes, des minéraux poreux dont elle devient l'une des grandes spécialistes à l'époque pionnière de leur étude. Ses travaux portent sur leur structure et leur conceptualisation. Entrée au CNRS en 1974, elle multiplie les allers-retours entre le monde de la recherche et celui de l'industrie. Elle fonde le Groupe français des zéolithes, qu'elle préside jusqu'en 1990, devient vice-présidente de l'International Zeolite Association et préside de 1986 à 1989 le comité du prix Breck. Le CNRS lui décerne sa médaille d'argent en 1985. À la retraite, loin de s'arrêter, elle reprend des études d'archéologie et s'engage dans l'action humanitaire. Elle meurt en 2004 à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or. Depuis 2017, un prix international portant son nom récompense des thèses consacrées aux zéolithes et aux matériaux apparentés. En 2026, elle figure parmi les 72 femmes scientifiques dont le nom sera inscrit sur la tour Eiffel, aux côtés des 72 savants choisis par Gustave Eiffel.
Vreni SCHNEIDER (1964) Athlète – Suisse
Skieuse alpine suisse, elle domine les épreuves techniques à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Fille d'un cordonnier d'Elm, dans le canton de Glaris, elle apprend à skier à quatre ans. À 16 ans, après la mort de sa mère, elle doit pendant plusieurs années tenir le ménage et aider à élever ses trois frères et sœurs plus jeunes. Elle remporte sa première course de Coupe du monde le 17 décembre 1984, dans le slalom géant de Santa Caterina. Championne du monde de géant à Crans-Montana en 1987, elle gagne l'année suivante, aux Jeux de Calgary, le géant et le slalom. Lors de la saison 1988-1989, elle s'impose dans les sept slaloms et dans six des sept géants et porte à quatorze le record de victoires en une saison, qui tient jusqu'en 2019 ; elle décroche aussi le premier de ses trois classements généraux de la Coupe du monde et un deuxième titre mondial en géant, à Vail. Championne du monde de slalom à Saalbach en 1991, elle connaît ensuite la déception des Jeux de 1992 à Méribel, puis un hiver 1992-1993 gêné par des douleurs au dos. Aux Jeux de Lillehammer, en 1994, elle gagne l'or du slalom, l'argent du combiné et le bronze du géant, et remporte le classement général en 1994 puis en 1995. Sa 55e et dernière victoire, dans le slalom de Bormio, lui assure ce globe, six points devant l'Allemande Katja Seizinger. Elle annonce sa retraite en avril 1995. Installée à Elm, où elle dirige une école de ski et de snowboard, elle est ambassadrice de l'organisation Right To Play.
Françoise-Hélène JOURDA (1955-2015) Architecte – France
Architecte, l'une des premières en France à défendre une architecture écologique. Diplômée de l'École d'architecture de Lyon en 1979, elle s'associe aussitôt avec Gilles Perraudin : tous deux plaident pour des bâtiments économes en matière et en énergie, quand on parlait encore d'« architecture solaire » et que seuls les pays nordiques et germaniques s'y intéressaient. Un premier concours, « Pour un habitat économe en énergie », leur permet d'éprouver leurs recherches ; suivent quatre maisons en pisé à l'Isle-d'Abeau. Sensibles à la nature des matériaux, influencés par Jean Prouvé et par leur travail avec Peter Rice et Norman Foster, ils signent à Lyon l'École d'architecture en 1987 et la Cité scolaire internationale en 1989. Elle tenait l'architecte Ralph Erskine pour son maître. En 1999, elle achève en Allemagne l'académie de formation de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, à Herne : une serre de treize mille mètres carrés abrite les bâtiments, et ses dix mille mètres carrés de cellules photovoltaïques en font l'une des plus grandes centrales solaires au monde. En France, elle signe l'université de Marne-la-Vallée, le palais de justice de Melun et les serres du jardin botanique de Bordeaux. Elle remet en 2007, en préambule au Grenelle de l'environnement, un rapport sur l'écologie dans la construction, et occupe à partir de 1999 la chaire d'écologie architecturale à l'université technique de Vienne, après avoir enseigné à Lyon, à Oslo, dans le Minnesota et à Kassel.