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Née un 5 août
Mary RITTER BEARD
1876-1958
Elle a replacé les femmes au cœur de la civilisation en rejetant l’idée que les femmes étaient des spectatrices passives de l’histoire mondiale. Son livre phare, « Woman as Force in History », a révolutionné l’historiographie en analysant le pouvoir féminin réel. Militante suffragiste, elle a compris que le droit de vote devait s’accompagner d’une conscience historique. Elle a œuvré pour la création d’archives mondiales afin de préserver les traces du génie féminin. En collaboration avec son époux, elle a rédigé des ouvrages de référence sur l’évolution de l’Amérique. Pour elle, l’Histoire devait englober la vie sociale, économique et domestique pour être véridique. Elle a posé les jalons académiques des futures études de genre dans les universités internationales. Sa rigueur intellectuelle a permis de déconstruire les mythes de l’infériorité naturelle des femmes. Elle est considérée comme la bâtisseuse d’une mémoire collective et d’une histoire réelle de l’Humanité.
Shirley Ann JACKSON (1946) Physicienne – États-Unis
Entrée au MIT en 1964, elle y est l'une des très rares étudiantes noires et choisit d'y rester pour sa thèse, dirigée par James Young au MIT Center for Theoretical Physics : en 1973, elle devient la première Afro-Américaine docteure du MIT, et la deuxième des États-Unis à décrocher un doctorat de physique. Suivent dix-neuf années aux Bell Laboratories, consacrées aux propriétés optiques et électroniques des systèmes bidimensionnels — ces feuillets d'électrons piégés entre deux couches de semi-conducteur dont vit l'électronique d'aujourd'hui. On lui attribue parfois l'invention du signal d'appel ou de l'affichage du numéro : elle ne l'a jamais revendiquée, et les dates la démentent. Professeure à Rutgers University de 1991 à 1995, elle est alors nommée par Bill Clinton à la tête de la Nuclear Regulatory Commission, l'autorité américaine du nucléaire civil — première femme et première personne noire à ce poste, disposant de l'autorité ultime en cas d'accident sur une installation sous licence. Elle y crée en 1997 l'International Nuclear Regulators Association, qui réunit les régulateurs du Canada, de France, d'Allemagne et d'Espagne, et la préside jusqu'en 1999. De 1999 à 2022, elle dirige le Rensselaer Polytechnic Institute, vingt-trois années pendant lesquelles elle lève plus d'un milliard de dollars pour l'établissement. Présidente de l'American Association for the Advancement of Science en 2005, National Medal of Science en 2014, elle compte plus de cinquante doctorats honoris causa.