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Née un 4 octobre
Mary Two-Axe EARLEY
1911-1996
Militante Mohawk originaire de Kahnawake, au Québec, dont le combat acharné a transformé les droits des femmes autochtones au Canada. Pendant des décennies, elle s’est opposée à la Loi sur les Indiens qui, par une mesure discriminatoire, retirait leur statut légal aux femmes autochtones dès lors qu’elles épousaient un homme non autochtone. Ce règlement injuste les privait de leur droit de résider dans leur communauté, d’y posséder des terres ou d’y être enterrées, alors que les hommes autochtones conservaient leurs droits même en épousant des femmes non autochtones. Après le décès de son mari, elle a elle-même été menacée d’expulsion de sa propre maison, ce qui a déclenché son entrée en militantisme. Elle a cofondé l’association Indian Rights for Indian Women en 1967 pour porter cette voix auprès des institutions fédérales et internationales. Son combat a été marqué par des témoignages poignants devant la Commission royale sur la condition de la femme, où elle a dénoncé l’apartheid sexiste imposé par la loi. En 1985, ses efforts ont finalement abouti à l’adoption de la loi C-31, qui a permis à des milliers de femmes et à leurs descendants de recouvrer leur identité et leur statut légal. Figure de proue du mouvement des droits civiques, elle a reçu l’Ordre national du Québec et le Prix du Gouverneur général pour son courage. Mary Two-Axe Earley demeure une icône de la justice sociale, ayant rendu leur dignité et leur appartenance culturelle à plusieurs générations de femmes des Premières Nations. Elle a été la première femme à se voir restituer son statut légal lors d’une cérémonie historique avec le ministre des Affaires indiennes. Ses cendres reposent aujourd’hui, selon sa volonté, dans sa communauté natale de Kahnawake.
Suzanne Amélie MEYER (1902-1992) Entrepreneuse – France
Elle apprit aux femmes à conduire — et à s'émanciper par le volant. À une époque où conduire est réservé aux hommes, le Conseil supérieur du travail vient d'interdire aux femmes la conduite des transports publics. Cette Versaillaise ouvre en 1928, dans sa ville, la première auto-école de France réservée aux femmes : monitrices féminines, élèves féminines, et l'ambition tranquille de donner aux unes et aux autres l'indépendance de la route. Les élèves affluent, des jeunes filles de la bourgeoisie aux commerçantes qui veulent livrer elles-mêmes ; c'est dans son établissement que la future pilote de course Simone des Forest décroche son certificat de capacité. En formant des générations de conductrices dans un pays qui doutait d'elles, elle a fait de l'automobile ce qu'elle devait être : un instrument de liberté partagé. Sa plus fameuse élève, Simone des Forest, courut ensuite les rallyes de Monte-Carlo au Maroc en se flattant de n'avoir jamais eu d'accident — la meilleure des publicités.
Dorothy LAWRENCE (1896-1964) Journaliste – Royaume-Uni
Refusée par tous les journaux qui n'envoient pas de femmes au front, cette jeune reporter décide en 1915 de s'y rendre seule. À Paris, elle convainc deux soldats anglais de lui céder un uniforme, qu'ils lui font passer en pièces détachées dans leurs paquets de linge ; elle apprend à marcher au pas, se fait couper les cheveux à la militaire, se brunit le teint au permanganate et au cirage, et se fabrique de faux papiers au nom du sapeur Denis Smith, du régiment du Leicestershire. À bicyclette, elle gagne la Somme, où un sapeur-mineur du Lancashire, Tom Dunn, la cache dans une maison abandonnée : dix jours durant, elle pose des explosifs à quatre cents mètres des lignes allemandes, dormant dans une forêt. Épuisée, craignant de compromettre ses protecteurs, elle se dénonce : l'état-major, embarrassé, l'interroge comme espionne, l'enferme dans un couvent puis la renvoie en Angleterre en lui interdisant d'écrire. Son récit, publié en 1919, paraît lourdement censuré. Oubliée, internée en asile en 1925, elle y meurt quarante ans plus tard dans une tombe anonyme ; son histoire n'a été redécouverte qu'en 2003.