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Née un 24 août
Odette ROSENSTOCK
1914-1999
Son héroïsme a permis de sauver des centaines d’enfants pendant la seconde guerre mondiale. Avant la guerre, elle travaillait dans les dispensaires de Paris, mais c’est à Nice, sous l’occupation, que son destin bascule. En 1943, elle fonde avec son futur mari, Moussa Abadi, le Réseau Marcel. Ensemble, ils mettent en place une organisation clandestine d’une efficacité redoutable pour cacher les enfants juifs dont les parents avaient été déportés ou étaient traqués. Odette, au péril constant de sa vie, parcourait la région pour trouver des cachettes dans des institutions catholiques ou des familles protestantes, fabriquant de faux papiers et assurant le suivi médical et moral de chaque petit protégé. Grâce à leur courage, 527 enfants ont été arrachés à la barbarie nazie. Arrêtée par la Gestapo en 1944, elle est torturée puis déportée à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen. Elle survit à l’enfer des camps, notamment grâce à ses compétences de médecin qu’elle utilise pour soigner ses codétenues.
Lavinia FONTANA (1552-1614) Peintre – Italie
Fille unique du peintre Prospero Fontana, elle se forme dans l'atelier paternel de Bologne, au milieu des savants et des cardinaux qui le fréquentent. Son contrat de mariage, en 1577, contient une clause inouïe pour l'époque : il stipule qu'elle poursuivra sa carrière et ne sera pas chargée du ménage. Faute de dot, c'est sa peinture qui apportera les revenus du ménage ; son mari, le peintre Gian Paolo Zappi, lui sert d'agent et élève leurs onze enfants. Portraitiste des dames de la noblesse bolonaise, elle est l'une des premières femmes à recevoir des commandes publiques de retables pour des églises, et sans doute la première à peindre des nus féminins. Appelée à Rome par le pape Clément VIII, elle s'y installe en 1604, devient portraitiste en titre du Vatican, obtient une immense commande pour Saint-Paul-hors-les-Murs, et devient la première femme élue à l'Académie de Saint-Luc. On lui connaît environ cent trente œuvres, le catalogue le plus fourni qui nous soit parvenu d'une artiste femme avant le XVIIIe siècle.
Nathalie LE MEL (1826-1921) Relieuse – Politique – France
Ouvrière relieuse à Brest, libraire à Quimper jusqu'à la faillite, elle monte à Paris à trente-cinq ans et découvre le syndicalisme naissant : avec le relieur Eugène Varlin, elle fonde « La Ménagère », coopérative d'alimentation, puis « La Marmite », restaurants ouvriers qui serviront des repas à bas prix à huit mille personnes. Elle obtient pour les relieuses le même salaire que les hommes. Pendant la Commune, elle crée avec Élisabeth Dmitrieff l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés, siège à son comité central, organise les ateliers de femmes et se bat sur les barricades de la place Blanche lors de la Semaine sanglante. Condamnée à la déportation, elle embarque pour la Nouvelle-Calédonie où elle partage sa case avec Louise Michel, qu'elle influence durablement. Amnistiée en 1880, journaliste à « L'Intransigeant », elle poursuit le combat pour les femmes et meurt aveugle et sans ressources à l'hospice d'Ivry : trois personnes suivaient son cercueil.