Patricia ROBINS (1921-2016)

Née un 1er février

Patricia ROBINS

1921-2016

    Également connue sous son pseudonyme Claire Lorrimer,  romancière prolifique et populaire, ayant vendu plus de dix millions de livres à travers le monde. Fille de la célèbre autrice de romances, Denise Robins, issue d’une famille d’artistes et littéraire, elle publie son tout premier livre pour enfants à l’âge de douze ans seulement. Durant la Seconde Guerre mondiale, ses compétences linguistiques lui permettent d’intégrer la Women’s Auxiliary Air Force (WAAF), où elle effectue des missions top-secrètes en traquant les bombardiers nazis grâce au système de radar britannique. Après la guerre, elle renoue avec sa passion et entame une immense carrière en publiant plus de 80 ouvrages, alternant entre romans d’amour contemporains, fictions gothiques et sagas historiques minutieusement documentées. Écrivant d’abord sous son propre nom, elle adopte son pseudonyme à la fin des années 1960 pour signer des œuvres plus longues et profondes, qui mettent souvent en lumière la condition des femmes à travers les époques. Mariée à un ancien pilote de la RAF, cette femme au destin hors du commun a continué d’écrire  jusqu’à son dernier souffle, s’éteignant à l’âge honorable de 95 ans.

    Leymah GBOWEE (1972) Politique – Liberia

    Militante pacifiste libérienne, prix Nobel de la paix 2011, artisane de la fin d'une guerre civile qui a ravagé son pays pendant quatorze ans. Elle a dix-sept ans lorsque le conflit éclate en 1989, et se forme au soutien psychologique des victimes traumatisées, notamment les anciens enfants soldats, dont elle mesure les blessures invisibles. Convaincue que « ce sont les femmes qui paient le prix des guerres des hommes », elle rassemble à partir de 2002 des milliers de Libériennes, chrétiennes et musulmanes unies pour la première fois, au sein du mouvement Women of Liberia Mass Action for Peace. Vêtues de blanc, elles prient, chantent et manifestent pacifiquement chaque jour sur le marché aux poissons de Monrovia, jusqu'à contraindre le président Charles Taylor à participer aux négociations de paix d'Accra en 2003. Lorsque les pourparlers s'enlisent, elle organise un sit-in devant la salle des négociations et menace de se dévêtir publiquement, un geste de honte suprême dans la culture ouest-africaine : les délégués retournent à la table et signent l'accord qui met fin à la guerre. Ce combat non violent ouvre la voie à l'élection d'Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue cheffe d'État en Afrique, avec qui elle partage le prix Nobel de la paix en 2011, aux côtés de la Yéménite Tawakkol Karman. Racontée dans le documentaire « Pray the Devil Back to Hell » et dans ses mémoires « Mighty Be Our Powers », son action se prolonge aujourd'hui par sa fondation, qui finance l'éducation des filles et la formation de jeunes femmes leaders en Afrique de l'Ouest. Mère de six enfants, Leymah Gbowee incarne magistralement la puissance des femmes ordinaires unies pour la paix. En savoir plus : https://www.nobelprize.org/prizes/peace/2011/gbowee/facts/

    Vivian MAIER (1926-2009) Photographe – États-Unis

    Fille d'une mère française et d'un père austro-américain, elle grandit entre New York et le village de Saint-Julien-en-Champsaur, dans les Hautes-Alpes, avant de s'installer définitivement aux États-Unis en 1951. Nounou de profession pendant quarante ans, à New York puis à Chicago, elle arpente les rues à chaque heure libre, son Rolleiflex autour du cou, et photographie tout : les enfants, les élégantes, les laissés-pour-compte, les vitrines, son propre reflet. Plus de 150 000 clichés d'une justesse et d'une humanité saisissantes — qu'elle ne montre à personne, ne développe qu'en partie et entasse dans des cartons. En 2007, un jeune agent immobilier, John Maloof, achète aux enchères le contenu d'un garde-meuble impayé et découvre le trésor. Quand elle meurt le 21 avril 2009 près de Chicago, sans famille et dans la pauvreté, personne ne sait encore que cette inconnue va être consacrée comme l'une des plus grandes photographes de rue du XXe siècle, exposée aujourd'hui dans le monde entier aux côtés de Robert Doisneau et Diane Arbus.

    Gertrude CATON-THOMPSON (1888-1985) Archéologue – Royaume-Uni

    Elle vient tard à l'archéologie, à trente-trois ans, après avoir travaillé au ravitaillement pendant la Première Guerre mondiale. Dans le Fayoum, avec la géologue Elinor Wight Gardner, elle établit la première séquence néolithique d'Égypte et invente une manière de fouiller qui fera école : relever le terrain avant de creuser, dater par la géologie, photographier depuis les airs. En 1928 et 1929, la British Association l'envoie à Great Zimbabwe, ces immenses murailles de pierre sèche que les colons attribuaient aux Phéniciens, à la reine de Saba, à n'importe qui sauf aux Africains. Elle y va avec une équipe entièrement féminine, fouille méthodiquement, et conclut que l'ensemble est l'œuvre d'une civilisation africaine, bantoue et médiévale. Elle l'annonce devant le congrès de la British Association réuni à Johannesburg, en plein pays de ségrégation. Les lettres d'injures affluent, des archéologues la prennent à partie, la Rhodésie officielle soutiendra la thèse inverse jusqu'en 1980. L'archéologie lui a entièrement donné raison. Elle fouille ensuite l'oasis de Kharga et refuse, par goût de la liberté, tous les postes qu'on lui propose.

    Et vous, quelle femme célèbre est née le même jour que vous ?

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