Raffaella CARRÀ (1943-2021)

Née un 18 juin

Raffaella CARRÀ

1943-2021

    Elle a marqué l’histoire de la culture populaire européenne en tant qu’artiste totale, mêlant avec brio la chanson, la danse et l’animation télévisée. Surnommée la « Reine de la télévision italienne », elle a révolutionné les codes du petit écran dès les années 1970 par son style audacieux et sa liberté de ton. Elle est restée célèbre pour avoir défié le conservatisme de l’époque, notamment en montrant son nombril à la télévision, un geste devenu le symbole de l’émancipation féminine en Italie. Ses tubes planétaires, comme A far l’amore comincia tu, ont fait danser des générations entières et ont imposé un modèle de femme joyeuse, indépendante et maîtresse de son désir. Au-delà de ses performances, elle est devenue une icône absolue de la communauté LGBTQ+, prônant sans relâche la tolérance et l’amour libre. Sa carrière phénoménale s’est étendue bien au-delà des frontières italiennes, faisant d’elle une star adulée en Espagne et en Amérique latine. Dotée d’un charisme magnétique et d’un rire inoubliable, elle a su transformer le divertissement en un espace de progrès social et culturel. Son carré blond platine et son énergie débordante restent gravés dans les mémoires comme les emblèmes d’une modernité éclatante. Aujourd’hui encore, elle demeure une référence pour de nombreux artistes qui s’inspirent de sa capacité à lier le spectacle populaire à un message de liberté universelle.

    Yvonne ODDON (1902-1982) Bibliothécaire – Résistante – France

    Formée à l'école américaine de bibliothécaires de Paris puis à l'université du Michigan, elle rapporte des États-Unis une conviction : une bibliothèque doit être vivante et ouverte à tous. Nommée au musée de l'Homme, elle en fait un modèle du genre. Dès l'été 1940, révoltée de voir les bibliothèques épurées – « il est aussi facile de brûler des lecteurs que les livres », écrit-elle –, elle fonde avec le linguiste Boris Vildé et l'anthropologue Anatole Lewitsky, son compagnon, le réseau du musée de l'Homme, l'un des tout premiers de la Résistance, qui fabrique le journal clandestin « Résistance ». Trahie, arrêtée en février 1941, emprisonnée au Cherche-Midi puis à Fresnes – Germaine Tillion prend alors la tête du réseau –, elle est condamnée et déportée sous le régime Nuit et brouillard, de Karlsruhe à Ravensbrück puis Mauthausen, dont elle revient vivante. Elle consacre l'après-guerre à l'UNESCO et au Conseil international des musées ; la bibliothèque du musée de l'Homme porte son nom.

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