Rosa PARKS (1913-2005)

Née un 4 février

Rosa PARKS

1913-2005

    Militante, figure emblématique du mouvement des droits civiques aux États-Unis. Le 1er décembre 1955, à Montgomery dans l’Alabama, elle entre dans l’histoire en refusant de céder sa place à un passager blanc dans un bus, défiant ainsi les lois ségrégatrices en vigueur. Son arrestation devient le catalyseur d’un immense boycott des bus de la ville, organisé notamment par le jeune pasteur Martin Luther King Jr., qui durera 381 jours. Ce mouvement de protestation non-violente aboutit en 1956 à l’arrêt de la Cour suprême déclarant la ségrégation dans les bus anticonstitutionnelle. Loin d’être un geste spontané, son acte courageux s’inscrivait dans un long engagement au sein de la NAACP, la principale organisation de défense des droits des Afro-Américains. Surnommée la « mère du mouvement des droits civiques », elle a continué à lutter toute sa vie contre les discriminations et pour l’égalité. En 1999, elle reçoit la médaille d’or du Congrès, la plus haute distinction civile américaine. Son héritage demeure le symbole universel de la résistance pacifique face à l’injustice institutionnelle.

    Zabel ESSAYAN (1878-1943) Écrivaine – Journaliste – Arménie

    Écrivaine arménienne, témoin des massacres et survivante du génocide. Née Zabel Hovhannessian à Scutari, sur la rive asiatique de Constantinople, elle a pour maître Archag Tchobanian, part pour Paris à dix-sept ans et suit les cours de littérature et de philosophie à la Sorbonne et au Collège de France. Elle publie son premier poème en prose à dix-sept ans dans la revue Tsakhik ; l'exemple de Serpouhi Dussap, première romancière arménienne, l'encourage à continuer. Elle épouse en 1900 le peintre Tigran Essayan et rentre deux ans plus tard enseigner à Constantinople. En 1909, après les massacres d'Adana, le Patriarcat arménien et la Croix-Rouge la nomment à la commission d'enquête : elle passe trois mois sur place et en tire « Dans les ruines », paru en 1911. Elle y refuse la littérature et s'astreint au seul rôle de témoin — le livre reste la grande œuvre arménienne sur la violence. En 1915, elle échappe à la déportation et à la mort en vivant dans la clandestinité, puis fuit en Bulgarie et au Caucase. Après la guerre, elle secourt réfugiés et orphelins au Proche-Orient, dirige le journal Erevan de 1925 à 1930, et donne à Paris en 1920 une conférence sur le rôle de la femme arménienne pendant la guerre. Installée en Arménie soviétique en 1933, elle y occupe la chaire de littérature occidentale de l'université d'Erevan et publie « Les Jardins de Silihdar » en 1935. Les grandes purges staliniennes l'emportent : jugée et emprisonnée en 1937, elle disparaît et meurt vers 1943, à soixante-cinq ans.

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