Partager son histoire
Née un 15 mars
Ruth BADER GINSBURG
1933-2020
Surnommée « RBG », est une juriste et une icône de la lutte pour l’égalité des sexes. Diplômée des prestigieuses universités de Harvard et Columbia, elle subit de plein fouet les discriminations masculines du milieu juridique au début de sa carrière. Dans les années 1970, en tant qu’avocate pour l’ACLU, elle élabore une stratégie novatrice en plaidant plusieurs affaires historiques devant la Cour suprême, démontrant que la discrimination fondée sur le sexe nuit autant aux hommes qu’aux femmes. Nommée juge à la Cour suprême des États-Unis en 1993 par Bill Clinton, elle devient la deuxième femme à y siéger. Durant ses 27 ans de mandat, elle défend avec ferveur les droits civiques, le droit à l’avortement et l’égalité des droits pour tous. Ses opinions dissidentes, lues d’une voix calme mais inflexible, lui valent un statut de figure de la culture populaire auprès des jeunes générations. Son décès en 2020 a suscité une immense émotion nationale, saluant l’héritage d’une femme qui a profondément transformé le paysage juridique et social américain.
Nguyễn Thị ĐỊNH (1920-1992) Générale – Vietnam
Fille de paysans du delta du Mékong, engagée à seize ans contre la colonisation française, emprisonnée trois ans dans les geôles coloniales où elle perd son mari, elle devient l'une des grandes figures de la lutte pour l'indépendance du Vietnam. En 1960, elle déclenche dans sa province de Bến Tre le soulèvement qui fait d'elle une légende, à la tête de la « l'armée aux cheveux longs » — ces milliers de paysannes qui manifestent, ravitaillent et combattent. Vice-commandante des forces de libération du Sud, elle est promue générale en 1974 : la première femme générale de l'histoire de l'armée vietnamienne. Après la guerre, vice-présidente du Conseil d'État et présidente de l'Union des femmes du Vietnam, elle consacre ses dernières années à la condition des femmes et aux orphelins de guerre. Elle s'éteint le 26 août 1992 à Hô Chi Minh-Ville, héroïne des forces armées populaires, vénérée dans tout le pays.
Grace CHISHOLM YOUNG (1868-1944) Mathématicienne – Royaume-Uni
Première femme à obtenir en Allemagne un doctorat par la voie officielle, et longtemps privée de la signature de ses propres travaux. Sa mère lui refuse les études de médecine qu'elle souhaite ; son père, haut fonctionnaire chargé des poids et mesures, la soutient quand elle se tourne vers les mathématiques. Entrée à Girton College, elle passe en 1892 le Tripos de Cambridge avec la première mention — mais l'université n'accorde alors aux femmes ni diplôme ni doctorat. Elle part donc pour Göttingen, où Felix Klein obtient son admission, et y soutient en 1895 une thèse sur les groupes algébriques de la trigonométrie sphérique, mention magna cum laude : aucune femme n'avait encore obtenu de doctorat allemand par la procédure ordinaire. Elle épouse en 1896 le mathématicien William Henry Young. Pendant des années, leurs travaux communs paraissent sous le seul nom du mari — qui lui écrit pourtant que les articles devraient porter leurs deux noms, mais qu'il vaut mieux lui en laisser les honneurs. Quelque deux cent vingt articles sortent de cette collaboration. Elle signe avec lui « The First Book of Geometry » (1905), qui enseigne la géométrie dans l'espace par le pliage du papier, et « The Theory of Sets of Points » (1906), premier manuel de théorie des ensembles en anglais. Cambridge lui décerne le prix Gamble en 1915 ; son nom reste attaché au théorème de Denjoy-Young-Saks. Mère de six enfants, elle avait entre-temps étudié la médecine à Göttingen. Rentrée seule en Angleterre en 1940, elle ne revit jamais son mari, bloqué en Suisse et mort en 1942.