Selma LAGERLÖF (1858-1940)

Née un 20 novembre

Selma LAGERLÖF

1858-1940

    Géante de la littérature en son pays et première femme lauréate du prix Nobel de littérature en 1909. Son œuvre, profondément ancrée dans les légendes de sa terre natale, a réenchanté la prose scandinave par un mélange unique de fantastique et de sagesse morale. Avec La Saga de Gösta Berling, elle a imposé un style néo-romantique vibrant, loin du naturalisme froid de ses contemporains. Son chef-d’œuvre, Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson, est devenu un classique mondial de la littérature jeunesse, célébrant la beauté des paysages et la protection de l’environnement. Femme de conviction, elle fut également la première à siéger à l’Académie suédoise. Elle a utilisé sa notoriété pour soutenir le mouvement pour le suffrage des femmes et, plus tard, pour aider des réfugiés fuyant l’Allemagne nazie. Son domaine de Mårbacka, qu’elle a racheté grâce à ses succès littéraires, est aujourd’hui un lieu de pèlerinage culturel. Son portrait a longtemps orné les billets de 20 couronnes suédoises, témoignant de son statut d’icône nationale. Elle reste une conteuse hors pair dont les récits continuent d’éveiller l’imaginaire des lecteurs

    Nadine GORDIMER (1923-2014) Écrivaine – Politique – Afrique du Sud

    Romancière de l'Afrique du Sud de l'apartheid, elle a fait de l'intime le lieu où se lit le politique. Retirée de l'école à onze ans par une mère trop protectrice, elle se forme seule à la bibliothèque municipale de sa ville minière et publie sa première nouvelle à quinze ans. Le massacre de Sharpeville, en 1960, puis l'arrestation d'une amie proche la font basculer : elle adhère à l'ANC alors que le mouvement est interdit, cache des militants chez elle et aide Nelson Mandela à mettre au point la déclaration qu'il prononce à son procès en 1964, « Je suis prêt à mourir ». Trois de ses livres sont censurés par le régime — Un monde d'étrangers pendant douze ans, Feu le monde bourgeois pendant dix, Fille de Burger dès sa parution —, tandis que Le Conservateur lui vaut le Booker Prize en 1974. Jamais elle n'envisage l'exil. Son œuvre, une quinzaine de romans et plus de deux cents nouvelles, dissèque les compromissions ordinaires des Blancs libéraux, les amours que la loi interdit et la peur qui s'infiltre dans les gestes les plus quotidiens. Le prix Nobel de littérature 1991 la consacre, quelques mois après la libération de Mandela, qui l'avait comptée parmi les premières personnes qu'il souhaitait revoir. Devenue la conscience littéraire de son pays, elle s'en prend ensuite au déni du sida des gouvernements de la nouvelle Afrique du Sud, refusant qu'un écrivain doive plus de fidélité à son camp qu'à la vérité.

    Meredith MONK (1942) Compositrice – Chanteuse – États-Unis

    Compositrice, chanteuse, chorégraphe et cinéaste, elle a inventé un langage artistique unique qui fait de la voix humaine un instrument aux possibilités infinies. Fille d'une chanteuse professionnelle, elle est inscrite dès l'enfance à des cours de rythmique Dalcroze, qui associent musique et mouvement et marqueront toute son œuvre. Diplômée du Sarah Lawrence College en 1964, elle s'impose dans l'avant-garde new-yorkaise avec des spectacles mêlant musique, théâtre et danse, et fonde en 1968 sa compagnie, The House, puis en 1978 son ensemble vocal. Explorant chuchotements, cris, sanglots et chant diphonique, elle développe des techniques vocales d'une originalité saisissante, révélées au grand public par l'album « Dolmen Music », paru en 1981. Elle réalise les films « Ellis Island » et « Book of Days » et compose l'opéra « Atlas », créé à Houston en 1991, ainsi que des œuvres pour orchestre et pour quatuor à cordes. Sa musique a été utilisée par Jean-Luc Godard et par les frères Coen dans « The Big Lebowski », et saluée par des artistes comme Björk. Lauréate d'une bourse MacArthur, elle reçoit en 2015 la National Medal of Arts des mains du président Barack Obama. Bouddhiste pratiquante depuis 1985, elle continue de créer et de transmettre une œuvre qui refuse toutes les frontières entre les arts.

    Amanda America DICKSON (1849-1893) Pionnière – États-Unis

    Née esclave en Géorgie, elle est l'enfant du viol de Julia Frances Lewis, une fillette de douze ans, par le riche planteur blanc qui la possédait, David Dickson. Légalement propriété de sa grand-mère paternelle jusqu'en 1864, elle est pourtant élevée dans la maison du maître et reçoit l'éducation des jeunes filles blanches fortunées : lecture, écriture, piano, usages du monde. Après l'abolition, elle étudie à l'école normale de l'université d'Atlanta. À la mort de son père, en 1885, elle hérite de la quasi-totalité de son domaine, environ 17 000 acres de terres bâties sur le travail des esclaves, dont celui de sa propre mère. Soixante-dix-neuf parents blancs attaquent le testament. Le président de la Cour suprême de Géorgie déclare qu'il préférerait mourir plutôt que de le valider ; il meurt avant le jugement. Le 13 juin 1887, la Cour confirme pourtant l'héritage en s'appuyant sur le 14e amendement : une fille d'esclave a les mêmes droits qu'une héritière blanche. Elle fait ainsi partie des rares femmes métisses du Sud des États-Unis à avoir hérité légalement de leur père blanc. Devenue l'une des femmes noires les plus riches du pays, elle s'installe à Augusta, où elle tient son rang dans l'élite noire de la ville, sans échapper au racisme ordinaire : on lui refuse la place de première classe qu'elle a payée dans un train. Elle meurt à Augusta en 1893, à quarante-trois ans.

    Et vous, quelle femme célèbre est née le même jour que vous ?

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