Alice HENRY (1857-1943)

Née un 21 mars

Alice HENRY

1857-1943

    Militante féministe devenue une figure de proue du mouvement ouvrier aux États-Unis. Née à Melbourne, elle débute sa carrière comme journaliste engagée, défendant les droits des femmes, la protection de l’enfance , les enfants handicapés et le suffrage universel dans la presse australienne. En 1906, elle s’installe à Chicago et rejoint la National Women’s Trade Union League (WTUL), une organisation clé qui unissait femmes ouvrières et bourgeoises progressistes. Dotée d’un grand sens de l’organisation, elle devient rédactrice en chef du magazine Life and Labor, transformant la publication en une puissante tribune pour les revendications des travailleuses américaines. À travers ses livres majeurs, tels que The Trade Union Woman (1915), elle documente avec précision les dures réalités des usines et théorise la nécessité pour les femmes de se syndiquer. Elle milite sans relâche pour l’obtention de salaires décents, la réduction du temps de travail et la formation professionnelle des jeunes ouvrières. Oratrice passionnée, elle parcourt le monde pour tisser des liens entre les mouvements féministes et syndicaux internationaux. Son travail de terrain a grandement contribué à l’adoption des premières lois de protection sociale pour les femmes aux États-Unis. Pionnière de l’intersectionnalité entre genre et classe, elle s’éteint en 1943 , laissant l’image d’une réformatrice infatigable et visionnaire.

    Léonie d'AUNET (1820-1879) Exploratrice – Femme de lettres – France

    Née Léonie Thévenot d'Aunet, elle est une exploratrice, romancière, dramaturge et journaliste, célèbre pour avoir été la première femme à participer à une expédition scientifique au Spitzberg, dans le cercle polaire arctique. Élevée dans un milieu cultivé, elle épouse en 1840 le peintre officiel de la Marine, François-Auguste Biard. En 1839, alors âgée de seulement 19 ans, elle participe à l'expédition scientifique française au Spitzberg dirigée par Joseph Paul Gaimard. Malgré les réticences des autorités maritimes, elle affronte un voyage périlleux à travers la Scandinavie et l'océan Arctique, devenant la première Européenne à poser le pied sur cet archipel polaire. De cette aventure extrême, elle tirera son chef-d'œuvre littéraire, Voyage d'une femme au Spitzberg (1854), un récit salué par la critique pour sa finesse d'observation et sa poésie. De retour à Paris, elle devient une figure très en vue des salons littéraires. En 1843, elle rencontre Victor Hugo, avec qui elle noue une liaison passionnée qui durera sept ans. En juillet 1845, la relation éclate au grand jour lors d'un scandale d'adultère : alors que Victor Hugo bénéficie de son immunité de pair de France, Léonie d'Aunet est arrêtée et incarcérée deux mois à la prison Saint-Lazare avant d'être envoyée dans un couvent. Après sa libération et son divorce, elle tente de vivre de sa plume. Protégée discrètement par l'épouse de Victor Hugo, elle publie des romans populaires (Une chaîne en or, Un mariage en province), écrit des pièces de théâtre et collabore sous pseudonyme à des journaux de mode et de chronique mondaine. Léonie d'Aunet s'éteint en 1879 à Paris, laissant le souvenir d'une pionnière de l'exploration polaire et d'une femme de lettres au destin singulier. À découvrir : https://lesvisitesdetheo.com/les-femmes-dans-lhistoire/

    Alix AYMÉ (1894-1989) Peintre – France

    Peintre et laqueuse, elle a passé vingt ans en Indochine et contribué à y faire renaître un art que l'on n'y pratiquait presque plus. Enfant prodige, médaille d'or de piano à quinze ans, elle choisit finalement la peinture et devient à Paris l'élève de Maurice Denis, qu'elle assiste sur la coupole du théâtre des Champs-Élysées. En 1920, elle suit son mari à Shanghai puis à Hanoï, divorce, et repart seule avec son enfant. Chargée de décorer la salle de réception du palais royal de Luang Prabang, elle y peint dix-neuf grandes toiles, puis remonte seule le Mékong jusqu'à l'extrême nord du Laos, carnets de croquis en main. Professeure à l'École des beaux-arts de l'Indochine à partir de 1934, elle y relance avec Joseph Inguimberty la technique de la laque, dont elle a appris les secrets au Japon, et exhorte ses élèves vietnamiens à cesser d'imiter les modèles occidentaux pour « retourner à la source de leur art » — position peu commune dans le milieu colonial auquel elle appartient, et dont ses toiles paisibles ne montrent jamais les violences. Elle perd son fils aîné, dix-neuf ans, en 1945, et rentre définitivement en France. Devenue l'autorité française sur la laque, elle en couvre des panneaux de paquebot et un chemin de croix, expose jusqu'au Maroc et en Italie, et ne se sépare jamais de ses carnets. Elle meurt à quatre-vingt-quinze ans, laissant une œuvre longtemps rangée dans la seule case de l'exotisme.

    Et vous, quelle femme célèbre est née le même jour que vous ?

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