Partager son histoire
Née un 22 mars
Yayoi KUSAMA 1929-2026
Mondialement célèbre, elle est une icône incontournable du pop art et du minimalisme Dès son enfance à Matsumoto, elle souffre d’hallucinations visuelles qu’elle choisit de surmonter en les traduisant dans son art, notamment à travers ses célèbres motifs de pois (polka dots) et de filets infinis. En 1957, elle s’installe à New York où elle s’impose rapidement sur la scène underground par ses peintures monumentales, ses sculptures souples et ses performances politiques audacieuses. Elle est particulièrement pionnière dans la création d’installations immersives avec ses Infinity Mirror Rooms, des pièces tapissées de miroirs et de lumières qui offrent au spectateur une sensation d’infini absolu. Ses thèmes de prédilection, comme l’autodestruction, la répétition obsessionnelle et ses motifs de citrouilles géantes colorées, captivent le public international. De retour au Japon dans les années 1970, elle choisit de vivre volontairement dans un hôpital psychiatrique de Tokyo, tout en continuant à créer quotidiennement dans son atelier situé à proximité. Sa collaboration avec de grandes maisons de mode et ses rétrospective monumentales dans les plus grands musées du monde attirent des foules records. Son univers artistique unique, mêlant art thérapie et pop culture, en a fait l’une des artistes les plus cotées et influentes de notre époque. Elle s’est éteinte à Tokyo le 14 août 2026, à 97 ans, laissant au monde un univers à pois devenu un patrimoine universel.
Sabiha GÖKÇEN (1913-2001) Aviatrice – Turquie
Aviatrice turque, fille adoptive de Mustafa Kemal Atatürk, elle est reconnue comme la première femme pilote de chasse de l'histoire. Née à Bursa, orpheline très jeune, elle a douze ans lorsque le fondateur de la République de Turquie la remarque au cours d'une visite officielle et la prend sous son aile ; il lui donnera en 1934 le nom de Gökçen — « céleste » en turc. Sa vocation naît en 1935, lors de l'inauguration de l'école d'aviation civile de Türkkuşu : subjuguée, elle s'inscrit aussitôt, se forme au vol à voile puis au pilotage à moteur. Sur décision d'Atatürk, elle intègre en 1936 l'école militaire d'aviation d'Eskişehir, uniforme taillé sur mesure, et apprend à piloter bombardiers et avions de chasse. En 1937, elle prend part à de véritables opérations militaires — une première mondiale pour une femme aux commandes d'un chasseur, homologuée par le livre Guinness des records. L'année suivante, sa tournée solitaire de cinq jours autour des Balkans, d'Athènes à Bucarest, fait d'elle une célébrité internationale. Devenue cheffe instructrice de la Türkkuşu, elle forme des générations de pilotes : en vingt-huit ans de carrière, elle totalise dix mille heures de vol sur une quinzaine d'appareils. Morte à Ankara le 22 mars 2001 — le jour de ses 88 ans —, elle veille désormais sur les décollages : l'aéroport international de la rive asiatique d'Istanbul porte son nom.
Hélène DUC (1917-2014) Comédienne – Juste parmi les Nations – France
Comédienne, Juste parmi les nations. Professeure de lettres à la fin des années 1930 — Juliette Gréco fut son élève —, elle rejoint à Marseille la compagnie du Rideau gris puis celle de Grenier-Hussenot, et s'impose sur scène comme une interprète racinienne. Dès 1940, avec sa mère Jeanne, elle fait passer plusieurs familles juives par la ligne de démarcation ; Jeanne héberge chez elle ses camarades de la Sorbonne, juifs pour la plupart. Toutes deux sauvent en 1942 le comédien Robert Marcy, ses parents et sa sœur, puis en 1943 Juliette Gréco. Le cinéma la cantonne longtemps aux grandes bourgeoises caricaturales. Yad Vashem leur décerne le titre de Juste parmi les nations le 23 février 2005. En avril 2025, Paris a donné son nom à un pont du canal Saint-Martin. Officier de la Légion d'honneur, elle aura joué au théâtre, au cinéma, à la radio et à la télévision pendant plus de soixante-dix ans. Sur le tard viennent enfin les contre-emplois : mère lesbienne de Bernard Blier dans « Le Faux-cul », mère avare et aveugle de Jean Carmet dans « Miss Mona ». Ses cendres reposent au columbarium du Père-Lachaise. Elle a publié ses mémoires en 2005, sous le titre « Entre cour et jardin ».