Biddy MASON (1818-1891)

Née un 15 août

Biddy MASON

1818-1891

    Née esclave, probablement en Géorgie, puis emmenée au Mississippi, elle apprend des autres femmes asservies la médecine par les plantes et l'art d'accoucher. Son maître, converti au mormonisme, l'emmène de force vers l'ouest avec ses trois filles, d'abord dans la vallée du Grand Lac Salé, en 1848, puis, en 1851, à San Bernardino. La Californie est entrée dans l'Union comme État libre, mais il les garde en captivité et projette de les vendre au Texas, où l'esclavage demeure. Avec l'aide de la communauté noire locale, elle saisit la justice : en 1856, le juge Benjamin Hayes déclare qu'elle et sa famille ne peuvent être tenues en servitude dans un État libre, et prononce leur liberté. Elle a environ trente-sept ans. Installée à Los Angeles, elle devient infirmière et sage-femme, réputée pour sa connaissance des remèdes et pour soigner les pauvres sans les faire payer. À force d'économies, elle achète un terrain sur Spring Street : elle est l'une des premières femmes noires propriétaires de la ville. La ville grandit, la valeur de ses terrains explose, elle devient riche. Elle emploie sa fortune à ouvrir une crèche et une école pour les enfants noirs, et figure en 1872 parmi les fondateurs, avec son gendre Charles Owens, de la First African Methodist Episcopal Church, dont les réunions se tiennent dans son salon — la plus ancienne église noire de Los Angeles. On l'appelait « Auntie Mason ».

    En complément : https://nhm.org/stories/biddy-mason-her-stand-freedom

    Régine DEFORGES (1935-2014) Écrivaine – France

    Romancière, éditrice connue pour son combat passionné pour la liberté d’expression et l’érotisme au féminin. Surnommée « la rebelle » ou « la prêtresse de l’érotisme », elle a marqué l’histoire de l’édition en devenant, en 1968, la première femme à diriger sa propre maison d’édition, L’Or du temps. Son audace lui a valu de nombreux procès et interdictions de la part de la censure, mais elle n’a jamais cessé de défendre le droit à la littérature transgressive. Elle a accédé à une immense popularité mondiale avec sa saga historique La Bicyclette bleue, dont le premier tome, paru en 1981, a connu un succès phénoménal. À travers le personnage de Léa Delmas, elle a dépeint la France de l’Occupation et de la Libération avec un mélange unique de rigueur historique et de sensualité. Elle fut également une féministe convaincue, utilisant sa plume pour briser les tabous sur le corps et le plaisir des femmes. Présidente de la Société des gens de lettres, elle a œuvré pour la reconnaissance des droits des auteurs. Son style, à la fois charnel et populaire, a su toucher des millions de lecteurs tout en provoquant les milieux les plus conservateurs. Elle a légué une œuvre abondante comprenant des romans, des essais et des contes, explorant sans relâche les thèmes de l’insoumission et du désir.

    Edith NESBIT (1858-1924) Écrivaine – Royaume-Uni

    Elle a inventé le roman pour enfants tel qu'on l'écrit encore. Avant elle, les histoires d'enfants étaient des contes ou des leçons de morale ; elle met des enfants ordinaires, bavards et insolents, dans le monde réel, et y fait entrer la magie. « Les Cinq Enfants et moi » (1902), « L'Histoire de l'amulette » (1906) et « Les Enfants du chemin de fer » (1906) ont fait école : C. S. Lewis et J. K. Rowling s'en réclament, P. L. Travers et Edward Eager lui doivent leur manière. Elle publie une quarantaine de livres pour la jeunesse et presque autant pour les adultes. Sa vie n'a rien d'un conte. Son mari Hubert Bland la trompe avec son amie Alice Hoatson ; Edith élève comme les siens les deux enfants nés de cette liaison, et fait vivre la maisonnée de sa plume. En 1884, le couple compte parmi les fondateurs de la Fabian Society, ce socialisme réformiste d'où sortira le Parti travailliste ; elle y rencontre Bernard Shaw, avec qui elle aura une liaison. Elle signe E. Nesbit, initiale sèche, pour que ses lecteurs la croient un homme. Remariée en 1917 à un ingénieur maritime, elle meurt en 1924 dans le Kent et repose à St Mary in the Marsh sous une simple barrière de bois, gravée à la main par son second mari.

    Menie GRÉGOIRE (1919-2014) Journaliste – France

    Pendant quinze ans, elle a été la voix à qui les Françaises ont osé tout dire. De son vrai nom Marie Laurentin, fille d'un architecte de Cholet et sœur d'un théologien célèbre, elle refuse son prénom dès l'âge de trois ans. Elle reprend le travail quand sa dernière fille entre à l'école, écrit dans la revue « Esprit » — dont elle intègre le comité directeur — puis dans « Elle », où ses articles lui valent des centaines de lettres chaque semaine. Experte au Conseil national du travail féminin, elle rapporte de Suède la découverte du premier planning familial européen et contribue à faire connaître la pilule en France. Son livre « Le Métier de femme » (1964) la rend populaire. En 1967, RTL lui confie « Allô Menie » : chaque après-midi, des auditrices parlent à l'antenne de contraception, d'avortement, de sexualité, de maris violents, de solitude — tout ce dont aucune radio ne voulait entendre parler. L'émission durera jusqu'en 1982 et recevra des lettres par millions. En mars 1971, un débat sur l'homosexualité qu'elle organise salle Pleyel tourne à l'émeute : des militants du Front homosexuel d'action révolutionnaire envahissent la scène, et cette irruption restera comme l'acte de naissance public du mouvement en France. Elle passera ensuite à « Marie Claire », à « France-Soir » et à la télévision. Elle meurt à Tours au lendemain de ses quatre-vingt-quinze ans.

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