Cecilia PAYNE-GAPOSCHKIN (1900-1979)

Née un 10 mai

Cecilia PAYNE-GAPOSCHKIN

1900-1979

    Astrophysicienne anglo-américaine dont la thèse de doctorat, soutenue en 1925, est considérée comme l’une des plus brillantes de l’histoire de l’Astronomie. À une époque où l’on pensait que le Soleil avait une composition similaire à celle de la Terre, elle a prouvé par l’analyse spectrale que les étoiles sont principalement composées d’hydrogène et d’hélium. Sa découverte révolutionnaire a jeté les bases de l’astrophysique stellaire moderne en révélant que l’hydrogène est l’élément le plus abondant de l’Univers. Bien que ses conclusions aient été initialement rejetées par les sommités masculines du milieu, elles ont fini par s’imposer comme une vérité fondamentale de la cosmologie. Première femme à devenir professeure titulaire et directrice de département à l’Université Harvard, elle a ouvert la voie à des générations de chercheuses dans les sciences dures. Scientifique d’une rigueur absolue, elle a catalogué des millions d’étoiles variables, fournissant des données cruciales pour comprendre l’évolution galactique. Son parcours fut marqué par une persévérance remarquable face aux préjugés sexistes, refusant de laisser son statut de « calculatrice » limiter ses ambitions théoriques. Elle a reçu de nombreuses distinctions prestigieuses, dont le prix Henry Norris Russell, pour sa contribution exceptionnelle à la connaissance des atmosphères stellaires. Aujourd’hui, elle est célébrée comme la femme qui a découvert la composition des étoiles changeant à jamais notre regard sur le ciel nocturne.

    Ada BLACKJACK (1898-1983) Exploratrice – États-Unis

    Femme inuit de la tribu Iñupiat originaire d’Alaska, devenue l’unique survivante d’une expédition dramatique dans l’Arctique. Élevée dans une mission méthodiste où elle apprend la couture et l’anglais, elle se retrouve à vingt-trois ans dans une situation d’extrême précarité après la mort de plusieurs de ses enfants et l’abandon de son mari. Cherchant désespérément à financer le traitement médical de son seul fils survivant, atteint de tuberculose, elle accepte de s’engager en 1921 comme couturière pour une expédition organisée par l’explorateur Vilhjalmur Stefansson. Le projet vise à revendiquer l’île Wrangel, une terre isolée et inhospitalière située au nord de la Sibérie, au profit de l’Empire britannique. Ada s’embarque ainsi vers le cercle polaire aux côtés de quatre jeunes hommes blancs et d’un chat nommé Vic. Très vite, la mission tourne au désastre lorsque le bateau de ravitaillement prévu ne parvient pas à briser la glace pour les rejoindre à l’été suivant. Bloqués sur l’île face à un hiver rigoureux et à des stocks de nourriture qui s’épuisent rapidement, trois des hommes décident en janvier 1923 de partir à travers la banquise gelée vers la Sibérie pour chercher du secours, mais ils disparaissent à jamais sans laisser de trace. Ada se retrouve seule sur l’île avec le quatrième membre, Lorne Knight, gravement atteint du scorbut et incapable de se lever. Bien que n’ayant aucune expérience de la chasse ou de la survie en milieu extrême, elle prend entièrement soin du malade pendant des mois, coupant du bois, posant des pièges et apprenant par elle-même à tirer au fusil pour chasser le phoque et repousser les ours polaires. Après la mort de Knight en juin 1923, elle survit en totale autonomie pendant deux mois supplémentaires grâce à son ingéniosité, fabriquant un bateau de fortune avec des peaux et des pièces de toile pour pouvoir pêcher. Elle est finalement secourue en août 1923 par un navire venu vérifier le sort de l’expédition. Malgré une attention médiatique internationale intense qui la qualifie de héroïne arctique, elle refuse catégoriquement d’exploiter financièrement son histoire dramatique et évite les projecteurs. Elle utilise le peu d’argent perçu pour faire soigner son fils en Californie, avant de retourner vivre paisiblement dans le Nord, exerçant le métier de couturière jusqu’à la fin de sa vie.

    Olga BANCIC (1912-1944) Résistante – Roumanie

    Sixième d'une famille juive et pauvre de Bessarabie, placée à douze ans dans une fabrique de matelas, elle fait sa première grève à quatorze. Communiste, emprisonnée en Roumanie, elle se réfugie en France en 1938, envoie avec son mari des armes aux républicains espagnols, et donne en 1939 naissance à une fille qu'elle prénomme Dolorès, en hommage à la Pasionaria. Sous l'Occupation, engagée dans les FTP-MOI du groupe Manouchian sous le nom de « Pierrette », elle occupe le poste le plus exposé de tous : convoyeuse d'armes, elle apporte grenades et revolvers avant chaque attaque et les récupère après, quand le quartier grouille de police. Elle participe ainsi à une centaine d'opérations. Arrêtée en novembre 1943, elle est jugée avec ses camarades dont les visages s'étalent sur l'Affiche rouge – mais elle, seule femme du groupe, n'y figure pas. Les vingt-deux hommes sont fusillés au Mont-Valérien ; elle est transférée en Allemagne et décapitée à Stuttgart le 10 mai 1944, le jour de ses trente-deux ans. Elle avait confié sa fille à une famille française.

    Et vous, quelle femme célèbre est née le même jour que vous ?

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