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Née un 9 mai
Sophie SCHOLL
1921-1943
Héroïne de la résistance allemande contre le nazisme et le cœur battant du mouvement d’étudiants « La Rose blanche ». Étudiante en biologie et philosophie à Munich, elle a choisi, avec son frère Hans, de briser le silence complice de la population par une opposition non-violente et intellectuelle. Elle participait activement à la rédaction, à l’impression et à la distribution clandestine de tracts dénonçant les crimes du régime et appelant au réveil des consciences. Sa conviction morale profonde, nourrie par une foi chrétienne et un humanisme intransigeant, lui donnait la force de défier une dictature implacable au péril de sa vie. Le 18 février 1943, elle fut surprise en train de lancer des tracts dans le hall de l’université, ce qui entraîna son arrestation immédiate par la Gestapo. Durant son interrogatoire, elle fit preuve d’une dignité et d’un courage exceptionnels, revendiquant ses actes pour protéger ses camarades et affirmant son refus de l’oppression. Condamnée à mort à l’issue d’un procès fantoche, elle fut exécutée à 21 ans quelques heures plus tard avec une sérénité qui frappa ses geôliers. Son sacrifice ultime est devenu le symbole universel de la résistance de la jeunesse face à la barbarie et au totalitarisme. Aujourd’hui, elle est célèbre dans toute l’Allemagne comme une icône de la liberté, et de nombreuses écoles portent son nom pour honorer sa mémoire.
Marie-José PEREC (1968) Athlète – France
Légende du sport mondial, icône de l’athlétisme qui a marqué l’histoire par sa foulée aérienne et son mental d’acier. Née en 1968 en Guadeloupe, elle s’impose au début des années 1990 comme la reine incontestée du quart de tour de piste. Sa consécration débute aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992, où elle décroche sa première médaille d’or sur 400 mètres, un exploit qu’elle réitère lors des Championnats du monde de Göteborg en 1995. Le sommet de sa gloire est atteint lors des Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996, où elle réalise un doublé historique et rarissime sur 200 mètres et 400 mètres. Surnommée « la Gazelle » pour son élégance unique sur la piste, elle signe à cette occasion un record olympique sur 400 mètres qui reste, encore aujourd’hui, l’une des performances les plus spectaculaires de l’histoire de l’athlétisme mondial.Face à la pression médiatique immense et aux attentes vertigineuses d’un monde qui guettait le moindre de ses faux pas, Marie-José Pérec a toujours défendu farouchement sa liberté d’action et sa vie privée. Au-delà de ses trois titres olympiques et de ses records, elle incarne la détermination absolue, la résilience face aux blessures et le refus de se plier aux exigences des autres. En devenant la première athlète — hommes et femmes confondus — à remporter deux titres olympiques consécutifs sur 400 mètres, elle a inscrit son nom de manière indélébile au Panthéon du sport mondial, ouvrant la voie à des générations de sportives.
Teresita GÓMEZ (1943) Pianiste – Colombie
La plus grande pianiste de Colombie est née deux fois : à l'hôpital de Medellín, d'une mère de dix-huit ans qui ne pouvait la garder, puis au Palais des Beaux-Arts de la ville, où l'adoptèrent Valerio Gómez et Teresa Arteaga — les concierges. L'enfant afro-colombienne grandit dans les couloirs du conservatoire, l'oreille collée aux portes des salles de cours : à quatre ans, une professeure la surprend au clavier, reproduisant d'instinct ce qu'elle avait entendu, et entreprend de lui donner des leçons — d'abord en cachette, car l'école n'était pas faite pour les filles noires de concierges. Elle ne quittera plus jamais le piano : diplômée summa cum laude du conservatoire d'Antioquia, formée auprès de Tatiana Goncharova et Harold Martina, elle devient soliste de l'Orchestre symphonique de Colombie — créant en 1970 le deuxième concerto de Carlo Jachino —, pianiste des opéras de Medellín et de Colombie, ambassadrice infatigable des compositeurs colombiens sur les scènes du monde entier, et même attachée culturelle de son pays à Berlin-Est dans les années 1980. Professeure vénérée ayant formé des générations de musiciens, symbole de la Colombie qui surmonte ses préjugés, la « Grande Dame du piano » a vu tout le pays célébrer ses quatre-vingts ans en 2023 — et continue de jouer, là où tout a commencé : sur scène. En savoir plus : Teresita Gómez, la musique classique contre les préjugés (RFI)
Elizabeth MAGIE (1866-1948) Inventrice – États-Unis
Elle a inventé le jeu dont est sorti le Monopoly. Fille d'un éditeur de journal abolitionniste qui avait accompagné Abraham Lincoln dans ses débats à travers l'Illinois, elle est sténographe au bureau des lettres mortes de Washington, mais aussi nouvelliste, poétesse, comédienne de théâtre et ingénieure. À vingt-six ans, elle obtient un brevet pour un dispositif facilitant le passage du papier dans les rouleaux de la machine à écrire — à une époque où les femmes signent moins d'un pour cent des brevets américains. Féministe déclarée, elle achète un jour un encart publicitaire pour se mettre elle-même aux enchères comme « jeune esclave américaine » cherchant un mari propriétaire : la provocation, reprise dans tout le pays, visait à montrer que seuls les hommes blancs étaient réellement libres. Disciple de l'économiste Henry George, partisan d'un impôt unique sur la terre, elle imagine The Landlord's Game pour démontrer par le jeu les ravages de l'accaparement foncier. Elle le brevète le 5 janvier 1904 — quinze ans avant que les Américaines obtiennent le droit de vote. Le plateau propose deux règles : l'une où l'on s'enrichit en ruinant les autres, l'autre où la richesse produite profite à tous. C'est la première que la postérité retiendra : trois décennies plus tard, Parker Brothers en publie une version sous le nom de Monopoly et en attribue l'invention à Charles Darrow, qui affirmait l'avoir imaginée dans sa cave. Elle proteste publiquement dans la presse en janvier 1936 et déclare n'avoir touché que cinq cents dollars pour son jeu. Il faudra attendre les années 1970 et les recherches de Ralph Anspach pour que ses brevets soient retrouvés et son nom rendu à l'histoire.