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Née un 1er août
Comtesse de SÉGUR
1799-1874
Elle est une des pionnières de la littérature de jeunesse moderne du XIXe siècle. D’origine russe, mariée à un aristocrate français, elle ne commença à écrire qu’à l’approche de la soixantaine pour ses petits-enfants. Ses récits, tels que Les Malheurs de Sophie, ont marqué des générations par leur réalisme et leur vivacité. Elle fut la figure de proue de la Bibliothèque rose, rendant la lecture accessible et populaire. Contrairement aux auteurs de son temps, elle mettait en scène des enfants turbulents et attachants. Ses dialogues alertes et son sens de l’humour ont révolutionné le genre du conte moralisateur. Elle a su dépeindre avec finesse les rapports sociaux et les enjeux éducatifs de son époque. Femme de caractère, elle a géré sa carrière littéraire avec une indépendance d’esprit remarquable. Son œuvre demeure un témoignage précieux sur la vie quotidienne et la psychologie enfantine sous le Second Empire. Aujourd’hui encore, ses personnages iconiques continuent de peupler l’imaginaire collectif des lecteurs francophones.
Maria SCUTTI (1928-2005) Athlète – Italie
Originaire d'Altino, dans la province de Chieti, dans les Abruzzes, mariée et mère de deux enfants, elle a vingt-neuf ans quand, en 1957, un accident de la route au volant d'un triporteur lui brise la moelle épinière : elle ne remarchera plus. C'est pendant sa rééducation au centre pour paraplégiques de l'INAIL, à Ostie, qu'elle découvre le sport. Dès 1958, elle se met à concourir dans toutes les disciplines qu'on lui propose. En 1960, elle fait partie des soixante-cinq Italiens sélectionnés pour les tout premiers Jeux paralympiques de l'histoire, organisés à Rome. Elle s'aligne sur onze épreuves de lancer — javelot, javelot de précision, poids, massue — et monte sur le podium à chacune : neuf victoires, deux troisièmes places. Elle ajoute l'or au 50 mètres brasse, l'argent au 50 mètres dos, l'argent au fleuret et l'argent en double de tennis de table avec Anna Maria Toso. Quinze médailles, dont dix d'or, en quatre sports différents : aucune athlète paralympique n'en a jamais remporté autant en une seule édition des Jeux. On la surnomme « la donna d'oro », la femme en or, et elle contribue largement à placer l'Italie en tête du classement des nations. Quand elle arrête en 1962, la « louve des Abruzzes » a accumulé vingt-deux médailles d'or. Elle meurt en 2005, à soixante-dix-sept ans ; l'Italie lui décerne à titre posthume, en juillet 2021, la médaille d'or de la valeur athlétique. Son jour de naissance reste à confirmer : les sources s'accordent sur le mois d'août 1928, et une seule avance le 1er août.
Gerda TARO (1910-1937) Photographe – Reporter de guerre – Allemagne
Née Gerta Pohorylle dans une famille de commerçants de Stuttgart, arrêtée à Leipzig en 1933 pour avoir distribué des tracts antinazis, elle fuit l'Allemagne et échoue à Paris, où elle enchaîne les petits métiers entre les cafés de Montparnasse. Elle y rencontre un jeune photographe hongrois, André Friedmann, à qui elle invente un nom de guerre commercial promis à la gloire : Robert Capa. Devenue photographe à son tour, elle part couvrir la guerre d'Espagne, d'abord sous la signature commune du couple, puis sous son seul nom à partir de 1937. Ses images du front d'Aragon, de Huesca, du Jarama ou de Brunete montrent autant les combats que les gestes du quotidien – une miliciennne lisant un magazine de mode, le fusil à l'épaule. Le 25 juillet 1937, couvrant la bataille de Brunete, elle est écrasée par un char républicain et meurt le lendemain : première femme photographe de guerre tuée en reportage, à vingt-six ans. Pablo Neruda et Louis Aragon prononcent son éloge funèbre, et Giacometti dessine sa tombe au Père-Lachaise.
Henrietta LACKS (1920-1951) Ouvrière agricole – États-Unis
Descendante d'esclaves de Virginie, ouvrière dans les champs de tabac, mère de cinq enfants, elle se présente en 1951 à l'hôpital Johns Hopkins de Baltimore – l'un des rares à soigner les patients noirs – pour des saignements. Le diagnostic tombe : un cancer du col de l'utérus foudroyant. Pendant son traitement au radium, deux échantillons de sa tumeur sont prélevés sans qu'elle en soit informée ni qu'elle y consente. Elle meurt à trente et un ans. Ses cellules, elles, ne meurent pas : baptisées « HeLa », elles sont les premières cellules humaines à se multiplier indéfiniment en laboratoire. Distribuées dans le monde entier, produites par tonnes, elles permettent le vaccin contre la poliomyélite, la découverte des virus du cancer, le clonage, la thérapie génique, et servent encore aujourd'hui dans des dizaines de milliers de publications. Sa famille l'apprit en 1975 seulement, et ne reçut jamais un dollar ; ce n'est qu'en 2013 qu'elle a obtenu un droit de regard sur l'usage de cet ADN. Elle a longtemps reposé dans une tombe anonyme.