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Née un 5 décembre
Delia AKELEY
1869-1970
Exploratrice et naturaliste américaine, l'une des premières femmes à diriger une expédition à travers l'Afrique. Fille de fermiers irlandais immigrés dans le Wisconsin, elle quitte le foyer familial à treize ans, avant d'épouser en 1902 le naturaliste Carl Akeley, père de la taxidermie moderne. Loin de rester à l'ombre de son mari, elle devient l'âme de ses grandes expéditions africaines pour les muséums de Chicago puis de New York : chasseuse d'une adresse redoutée, elle collecte les spécimens d'éléphants des célèbres dioramas, organise la vie des camps et sauve la vie de Carl, grièvement blessé par un éléphant sur les pentes du mont Kenya, en menant elle-même l'expédition de secours à travers la montagne. Après leur divorce, le Brooklyn Museum lui confie en 1924 sa propre expédition : à plus de cinquante ans, seule femme blanche à des milliers de kilomètres à la ronde, elle traverse le continent africain de l'océan Indien à l'Atlantique, descend des rivières inexplorées et partage pendant plusieurs mois la vie quotidienne des Pygmées de la forêt de l'Ituri, dont elle rapporte l'une des premières études attentives et respectueuses. Conférencière recherchée, autrice de « Jungle Portraits », elle raconte une Afrique observée avec curiosité et considération, à rebours des récits de conquête de son époque. Cette pionnière au caractère indomptable s'est éteinte en Floride en 1970, dans sa cent unième année.
Christina ROSSETTI (1830-1894) Poétesse – Royaume-Uni
Fille d'un poète italien exilé à Londres et sœur du peintre Dante Gabriel Rossetti, elle grandit dans une maison où l'on écrit et où l'on peint, et pose pour les tableaux de son frère. Elle publie en 1862 « Goblin Market », long poème où deux sœurs affrontent des marchands lutins qui vendent des fruits empoisonnés : conte pour enfants en apparence, texte d'une étrangeté et d'une sensualité troublantes en réalité, et son chef-d'œuvre. Suivront « Monna Innominata », suite de sonnets d'amour écrits du point de vue de la femme aimée que les poètes taisaient depuis Dante, et « Sing-Song », recueil de comptines. Elle rompt deux fiançailles pour des raisons de foi, refuse la vie conjugale et consacre dix années à un refuge pour anciennes prostituées. Pacifiste, opposée à la vivisection, favorable au vote des femmes. Longtemps éclipsée par son frère, elle a été rendue à sa place par Virginia Woolf. Un cancer l'emporte quatre jours après son soixante-quatrième anniversaire.
Joan DIDION (1934-2021) Écrivaine – Journaliste – États-Unis
Elle gagne à vingt ans un concours de « Vogue » et part travailler au magazine à New York, où elle apprend, dit-elle, à écrire court. Avec « Slouching Towards Bethlehem », en 1968, elle rapporte du quartier de Haight-Ashbury un reportage qui refuse l'enthousiasme ambiant et montre la contre-culture en train de se défaire – le livre fonde, avec ceux de Tom Wolfe, ce qu'on appellera le nouveau journalisme. Suivent le roman « Play It as It Lays » puis, avec son mari John Gregory Dunne, des scénarios pour Hollywood. En décembre 2003, il meurt d'une crise cardiaque à leur table pendant que leur fille est dans le coma : elle en tire « L'Année de la pensée magique », qui décrit avec une précision clinique la folie douce du deuil et reçoit le National Book Award. Sa fille meurt à son tour quelques mois plus tard ; ce sera « Le Bleu de la nuit ». Médaille nationale des humanités en 2012.
Gwen LISTER (1953) Journaliste – Namibie
Née en Afrique du Sud sous l'apartheid, elle choisit d'aller exercer le journalisme dans le Sud-Ouest africain, alors occupé par Pretoria. En août 1985, elle fonde « The Namibian », journal indépendant qui documente les exactions des forces sud-africaines. Le prix en est immédiat : arrêtée en décembre 1984 pour avoir révélé un document autorisant l'interception du courrier, détenue une semaine au titre de la loi sur les secrets d'État ; arrêtée de nouveau en 1988, enceinte de quatre mois, pour avoir publié un texte officiel élargissant les pouvoirs de la police ; les locaux du journal incendiés la même année par un groupe armé, les annonceurs boycottant le titre. On apprendra en 1991 qu'un mercenaire du Civil Cooperation Bureau avait reçu mission de l'empoisonner. Elle n'a jamais cédé, et « The Namibian » paraît toujours. Prix international de la liberté de la presse en 1992, bourse Nieman à Harvard en 1996, désignée en 2000 parmi les cinquante héros mondiaux de la liberté de la presse.