Edith CRESSON 1934

Née un 27 janvier

Edith CRESSON 1934

    Elle est entrée dans l’histoire en devenant la première femme à occuper la fonction de Premier ministre en France. Proche collaboratrice de François Mitterrand, elle mène une riche carrière ministérielle dès les années 1980, dirigeant successivement les portefeuilles de l’Agriculture, du Commerce extérieur, puis des Affaires européennes. Nommée à Matignon en mai 1991, son passage à la tête du gouvernement est marqué par un contexte économique et social difficile, ainsi que par des tensions médiatiques intenses. Face à une impopularité grandissante, elle quitte ses fonctions en avril 1992, après seulement dix mois d’exercice. Elle poursuit ensuite son engagement à l’échelle continentale en devenant commissaire européenne à la Recherche, à la Science et à l’Éducation de 1995 à 1999. Sa démission de la Commission, provoquée par des accusations de favoritisme, marque la fin de sa carrière politique nationale de premier plan. Personnalité au caractère affirmé, elle a ouvert la voie aux femmes dans les plus hautes sphères de l’exécutif français.

    Nkosazana DLAMINI-ZUMA (1949) Médecin · Politique – Afrique du Sud

    Aînée de huit enfants d'une famille zouloue du Natal, fille d'un instituteur, elle milite à l'Organisation des étudiants sud-africains et dans le mouvement de la conscience noire avant de devoir fuir le pays en 1976. Quatorze années d'exil : elle achève sa médecine à Bristol, exerce au Swaziland et poursuit le combat de l'ANC. Rentrée après la libération de Nelson Mandela, elle entre à son gouvernement comme ministre de la Santé ; elle y fait adopter en 1996 la loi légalisant l'interruption de grossesse et engage la première grande campagne sud-africaine contre le tabac. Elle passe ensuite dix ans aux Affaires étrangères, sous Thabo Mbeki puis Kgalema Motlanthe, et redresse à l'Intérieur une administration réputée en faillite. En 2012, elle prend la tête de la Commission de l'Union africaine : première femme à diriger l'organisation panafricaine, comme l'Organisation de l'unité africaine à laquelle celle-ci a succédé. Elle y porte l'Agenda 2063, le programme de développement du continent à cinquante ans. Revenue au gouvernement en 2017, elle conduit la planification nationale puis, à la tête des collectivités locales, la réglementation du confinement pendant l'épidémie de Covid-19, fonction qui lui vaut de vives critiques. Deux fois candidate à la direction de l'ANC, battue de peu par Cyril Ramaphosa en 2017, elle est aujourd'hui chancelière de l'université du Limpopo.

    Mairead CORRIGAN (1944) Politique – Irlande du Nord

    Deuxième de huit enfants d'une famille catholique de Belfast, elle quitte l'école à quatorze ans faute de pouvoir payer la scolarité, économise sur son salaire de garde d'enfants pour suivre une année de cours commerciaux, devient employée aux écritures puis secrétaire à la brasserie Guinness. Bénévole de la Légion de Marie, elle consacre ses soirées aux enfants des quartiers pauvres et aux détenus de Long Kesh. Le 10 août 1976, une voiture conduite par un membre de l'IRA que des soldats britanniques venaient d'abattre fauche sa sœur Anne et ses trois enfants ; Joanne, huit ans, Andrew, six semaines, et John, deux ans, meurent. Quelques jours plus tard, avec Betty Williams, qui avait assisté à la scène, et le journaliste Ciaran McKeown, elle fonde Women for Peace, bientôt devenu Community of Peace People. Des dizaines de milliers de catholiques et de protestantes marchent ensemble dans les rues de Belfast et de Dublin, les premières manifestations communes des deux communautés depuis le début des Troubles. Le prix Nobel de la paix 1976 lui est décerné avec Betty Williams. Sa sœur Anne met fin à ses jours en 1980 ; elle épouse son beau-frère l'année suivante et élève les enfants survivants. Elle n'a plus quitté le combat non-violent, de l'Irlande du Nord aux bateaux pour Gaza.

    Hélène BRION (1882-1962) Enseignante – France

    Institutrice à Pantin, syndicaliste et militante socialiste, elle est l'une des premières à affirmer que la cause des femmes et le refus de la guerre ne font qu'un. Pendant la Première Guerre mondiale, elle reste fidèle à ses convictions pacifistes quand la plupart des organisations se rallient à l'Union sacrée ; la police l'empêche de rejoindre les conférences internationales de Zimmerwald et de Kiental. Suspendue de ses fonctions puis arrêtée en novembre 1917 et emprisonnée à Saint-Lazare, elle est accusée de « propagande défaitiste ». La presse se déchaîne contre elle et lui reproche jusqu'à ses vêtements d'homme. En mars 1918, devant le conseil de guerre, elle prononce une défense restée célèbre, publiée sous le titre La Voie féministe : privée du droit de vote, une femme ne peut être tenue pour responsable d'une guerre qu'elle n'a pas décidée. Elle est condamnée à trois ans de prison avec sursis et révoquée de l'enseignement ; elle ne sera réintégrée qu'en 1925. Elle consacre ensuite des années à une vaste encyclopédie féministe, restée inédite, recensant les femmes oubliées de l'Histoire, et fonde l'université populaire de Pantin. Une démarche qui annonce, un siècle plus tôt, celle de ce calendrier.

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