Élisabeth JACQUET de la GUERRE (1665-1729)

Née un 17 mars

Élisabeth JACQUET de la GUERRE

1665-1729

    Claveciniste et compositrice, elle est considérée comme l’une des plus grandes personnalités de la musique baroque sous le règne de Louis XIV. Enfant prodige issue d’une famille de musiciens, elle est remarquée dès son plus jeune âge par le Roi-Soleil et élevée sous la protection de la marquise de Montespan à la cour de Versailles. Dotée d’un talent exceptionnel pour l’improvisation et le clavecin, elle s’établit ensuite à Paris où elle épouse l’organiste Marin de La Guerre et mène une carrière indépendante de virtuose et d’enseignante fort respectée. Pionnière absolue, elle est la première femme en France à composer un opéra représenté à l’Académie royale de musique, Céphale et Procris (1694), ainsi que des sonates pour violon et des cantates bibliques novatrices. Son œuvre, qui mêle avec génie la rigueur de la tradition française et la vivacité de l’influence italienne, lui vaut d’être célébrée par ses contemporains. Son héritage musical et sa modernité font d’elle une référence de l’histoire culturelle française.

    Radhia HADDAD (1922-2003) Politique – Tunisie

    Surnommée « la présidente des femmes », elle est une militante féministe et femme politique tunisienne, première femme élue députée en Tunisie et parmi les premières du continent africain. Née Radhia Ben Ammar à Tunis, mariée à quinze ans comme le voulaient les conventions de son milieu, elle s'engage dès 1952 dans la lutte pour l'indépendance au sein du Néo-Destour, secourant les familles des militants emprisonnés. En 1958, elle devient la première présidente de l'Union nationale des femmes de Tunisie, qu'elle dirige pendant quatorze ans : sous son impulsion, l'organisation fait appliquer le tout jeune Code du statut personnel dans les campagnes, ouvre des centres de formation et d'alphabétisation et fait entrer des milliers de Tunisiennes dans la vie publique. Élue à l'Assemblée nationale en 1959, elle y siège quinze ans et y porte inlassablement la voix des femmes. Mais en 1972, fidèle à ses convictions, elle prend le parti de l'aile réformatrice qui réclame la démocratisation du régime : elle est aussitôt écartée de toutes ses fonctions et réduite au silence, jusqu'à la confiscation de son passeport. Elle racontera ce parcours de pionnière et de femme libre dans ses mémoires, « Parole de femme », publiés en 1995. Elle s'éteint le 20 octobre 2003 à Carthage ; l'une des grandes artères du centre de Tunis porte aujourd'hui son nom, et l'Assemblée tunisienne lui a rendu un hommage solennel en 2015.

    Manon ROLAND (1754-1793) Politique – France

    Issue d’un milieu d’artisans parisiens aisés, elle reçoit une éducation soignée imprégnée des idées des Lumières. Passionnée de philosophie et de littérature, elle épouse Jean-Marie Roland, un inspecteur des manufactures de vingt ans son aîné. Lorsque la Révolution éclate, elle s’y engage avec passion et s’établit à Paris en 1791. Elle y ouvre un salon influent qui devient le cœur battant du parti des Girondins. Dans l’ombre de son mari, devenu ministre de l’Intérieur, elle joue un rôle de conseillère politique et rédige nombre de ses discours. Son influence et ses critiques envers les Montagnards, comme Robespierre, lui attirent de puissantes inimitiés. Arrêtée lors de la chute des Girondins en juin 1793, elle est emprisonnée et rédige ses célèbres Mémoires. Condamnée après un procès expéditif, elle est guillotinée le 8 novembre 1793. Ses dernières paroles sur l’échafaud sont restées célèbres : « Ô Liberté, que de crimes on commet en ton nom ! ». Elle demeure aujourd’hui une figure légendaire de l’engagement politique féminin sous la Révolution. Arrêtée et emprisonnée elle rédigera ses mémoires en prison avant d’être guillotinée en 1793. À découvrir : https://lesvisitesdetheo.com/les-femmes-dans-lhistoire/

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