Madame de LA FAYETTE (1634-1693)

Née un 18 mars

Madame de LA FAYETTE

1634-1693

    Née Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, femme de lettres pionnière du roman moderne. Issue de la petite noblesse, elle reçoit une éducation soignée et fréquente les salons littéraires parisiens les plus en vue, notamment celui de l’Hôtel de Rambouillet. Proche de la marquise de Sévigné et liée par une profonde amitié intellectuelle avec le duc de La Rochefoucauld, elle mène une vie mondaine et politique active à la cour de Louis XIV. En 1678, elle publie anonymement son chef-d’œuvre, La Princesse de Clèves, considéré comme le premier grand roman d’analyse psychologique de la littérature française. Ce récit, caractérisé par sa sobriété et sa peinture lucide des ravages de la passion amoureuse, rompt définitivement avec les extravagances des romans fleuves de l’époque. Également autrice de nouvelles historiques remarquables comme La Princesse de Montpensier, elle excelle dans la description des tourments intérieurs et du poids des conventions sociales. Sa plume élégante, précise et empreinte d’un classicisme rigoureux a profondément influencé l’histoire du roman. Fine observatrice des mœurs de son temps, elle s’éteint en 1693, laissant derrière elle un héritage littéraire majeur et intemporel.

    Christa WOLF (1929-2011) Écrivaine – Allemagne

    Fille d'un commerçant de Landsberg-sur-Warthe, chassée vers l'ouest par l'avancée soviétique en 1945, elle a seize ans quand elle découvre les camps et fait du passé allemand la matière de toute son œuvre. Lectrice d'édition, critique, membre du parti au pouvoir en RDA, elle connaît un succès immédiat avec « Le Ciel partagé » en 1963, histoire d'un amour brisé par la construction du Mur. Suivent « Christa T. », que les autorités freinent, puis « Trame d'enfance » en 1976, où elle revient sur une enfance nazie à la deuxième personne, et « Cassandre » en 1983, qui fait de la prophétesse de Troie la figure de celle qu'on n'écoute pas. Signataire de la protestation contre l'expulsion du chanteur Wolf Biermann en 1976, elle est dès lors surveillée par la Stasi, qui accumulera quarante-deux volumes sur elle. En 1993, la publication de ses propres dossiers révèle qu'elle avait été, entre 1959 et 1962, informatrice sous le nom de « Margarete » : ses notes, jugées sans conséquence, déclenchent néanmoins une violente polémique, dont elle tirera un dernier livre. Elle était restée à l'Est quand presque tous ses pairs étaient partis, et avait pris la parole place Alexandre, le 4 novembre 1989, devant un demi-million de personnes, pour une RDA réformée plutôt qu'absorbée.

    Elizabeth ANSCOMBE (1919-2001) Philosophe – Royaume-Uni

    Convertie au catholicisme à dix-huit ans, étudiante en lettres classiques à Oxford, elle part en 1942 pour Cambridge suivre les cours de Ludwig Wittgenstein, dont elle devient l'élève la plus proche, puis l'amie, puis l'une des trois exécutrices testamentaires. Elle apprend l'allemand pour le lire dans le texte et donne en 1953 la traduction anglaise des « Recherches philosophiques », qui fera autorité un demi-siècle durant. En 1956, elle s'oppose publiquement au doctorat honoris causa qu'Oxford s'apprête à décerner à Harry Truman : bombarder Hiroshima et Nagasaki, écrit-elle, c'est avoir choisi de tuer des civils, et l'on n'honore pas un homme pour cela. Son livre « L'Intention », paru en 1957, fonde la philosophie de l'action contemporaine en montrant qu'agir volontairement, c'est pouvoir répondre à la question « pourquoi ? » ; le philosophe Donald Davidson y verra le traitement le plus important du sujet depuis Aristote. L'année suivante, elle forge le mot « conséquentialisme » et appelle à revenir à une morale des vertus, relançant à elle seule un courant entier de la philosophie morale. Professeure à Cambridge de 1970 à 1986, mère de sept enfants, elle fut aussi une militante catholique intransigeante, arrêtée devant une clinique pratiquant des avortements.

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