Elisabetta SIRANI (1638-1665)

Née un 8 janvier

Elisabetta SIRANI

1638-1665

    Attachée à l’époque baroque, considérée comme l’une des artistes les plus talentueuses et prolifiques de l’école de Bologne. Elle laisse plus de 200 toiles répertoriées dans le monde. Formée par son père, elle surmonte rapidement les préjugés de son temps et prend la direction de l’atelier familial dès l’âge de seize ans pour subvenir aux besoins des siens. Dotée d’une vitesse d’exécution prodigieuse qui fascine ses contemporains, elle réalise plus de deux cents œuvres magistrales, allant de portraits délicats à des scènes religieuses et allégoriques monumentales. Pionnière de l’indépendance féminine, elle fonde la toute première académie d’art pour femmes en Europe, formant une nouvelle génération de peintres talentueuses en dehors du giron masculin. Ses représentations de figures héroïques et historiques, telles que Judith ou Cléopâtre, brillent par leur expressivité psychologique, leur maîtrise du clair-obscur et une touche d’une grande fluidité. Sa renommée traverse les frontières, attirant les commandes de mécènes prestigieux comme les Médicis de Florence. Sa mort mystérieuse et brutale à seulement 27 ans suscite une immense vague d’émotion à Bologne, où elle reçoit des funérailles nationales grandioses. Redécouverte par l’histoire de l’art féministe, elle est aujourd’hui célébrée comme une figure majeure de la peinture du XVIIe siècle et un modèle d’émancipation professionnelle. Autoportrait

    Norodom BUPPHA DEVI (1943-2019) Danseuse – Cambodge

    Petite-fille du roi Sihanouk, fille aînée du prince Norodom Sihanouk et de la danseuse Phat Kanhol, elle grandit dans les jupes du Ballet royal du Cambodge et en devient à dix-huit ans la danseuse étoile : son interprétation de l'apsara, inspirée des bas-reliefs d'Angkor, éblouit les scènes du monde entier dans les années 1960. Réfugiée en France pendant les années noires — les Khmers rouges exterminent 90 % des artistes du ballet —, elle rentre au pays pour ressusciter cet art millénaire : elle retrouve les rares survivantes, recueille les gestes et les répertoires, forme une nouvelle génération de danseuses. Ministre de la Culture de 1998 à 2004, elle obtient en 2003 l'inscription du ballet royal khmer au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. Morte le 18 novembre 2019 à Bangkok, la « princesse apsara » est honorée comme celle qui a sauvé l'âme dansée du Cambodge.

    Winnaretta SINGER-POLIGNAC (1865-1943) Mécène – France / États-Unis

    La plus grande mécène musicale du XXᵉ siècle. Héritière des machines à coudre Singer, princesse Edmond de Polignac par un mariage d'estime et de complicité artistique, elle met sa fortune au service de la musique avec un discernement que les compositeurs vénéraient : son salon de l'avenue Henri-Martin crée des œuvres commandées à Stravinsky (« Renard »), Satie (« Socrate »), Manuel de Falla, Kurt Weill, Germaine Tailleferre ou Poulenc, dont le concerto pour deux pianos lui doit l'existence. Peintre elle-même et organiste passionnée, elle finance aussi les fouilles archéologiques, l'Institut Pasteur, les laboratoires de Marie Curie et le Salvation Army de son amie la maréchale Booth. La Fondation Singer-Polignac, créée en 1928, poursuit aujourd'hui encore son œuvre scientifique et musicale. Exilée à Londres en 1939, elle meurt sans revoir Paris, laissant un héritage sans équivalent dans l'histoire du mécénat.

    Bronislava NIJINSKA (1891-1972) Chorégraphe · Danseuse – Russie

    Fille de deux danseurs polonais qui lui apprennent les danses folkloriques de Pologne, de Hongrie et de Russie, elle entre à neuf ans à l'école impériale de ballet de Saint-Pétersbourg, formée par Enrico Cecchetti, Nicolas Legat et Michel Fokine. Aux Ballets russes de Diaghilev, elle assiste son frère Vaslav Nijinski dans la composition de « L'Après-midi d'un faune » puis du « Sacre du printemps », dont une grossesse l'empêche de danser l'Élue. En 1919, à Kiev, elle ouvre l'École du mouvement : un geste ancré dans le sol, le torse libre, les pas liés à vive allure ; le jeune Serge Lifar y est l'un de ses élèves, et la peintre Alexandra Exter lui fait découvrir le constructivisme. Rappelée par Diaghilev comme chorégraphe en titre — seule femme à occuper ce poste —, elle signe en 1923 « Les Noces », sur la musique de Stravinsky : un mariage paysan réduit à des blocs de corps, sans décor ni couleur, les pointes servant moins à s'élever qu'à frapper le sol. Suivent en 1924 « Les Biches », sur une musique de Poulenc et des décors de Marie Laurencin, et « Le Train bleu », où elle tient elle-même un rôle masculin. En 1928, elle règle la chorégraphie du « Boléro » de Ravel pour sa création. Installée à Los Angeles en 1939, elle enseigne, forme, et remonte ses propres ballets pour le Royal Ballet dans les années 1960.

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