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Née un 17 décembre
Émilie du CHÂTELET
1706-1749
Figure centrale de la révolution scientifique du XVIIIe siècle, alliant une érudition monumentale à une audace intellectuelle rare. Savante autodidacte, elle a traduit et commenté l’œuvre d’Isaac Newton, rendant la physique moderne accessible au monde francophone. Ses travaux sur la propagation du feu et sur l’énergie cinétique ont fait d’elle une pionnière de la thermodynamique. Compagne de Voltaire, elle a transformé le château de Cirey en un laboratoire de pointe et en un foyer intellectuel de premier plan. Elle a dû braver les préjugés misogynes de ses pairs pour faire reconnaître ses démonstrations sur la conservation des « forces vives ». Son traité Institutions de physique est une synthèse magistrale des connaissances scientifiques de son temps. Philosophe de talent, elle a également écrit sur le bonheur, prônant l’étude et l’indépendance d’esprit comme clés de l’épanouissement. Elle est morte prématurément des suites d’un accouchement, laissant derrière elle une œuvre qui a marqué l’histoire des sciences. Son héritage incarne l’excellence intellectuelle féminine face aux barrières institutionnelles. Elle demeure une icône des Lumières et de la rationalité.
Josiane SERRE (1922-2022) Chimiste – France
Pionnière de la recherche universitaire et première femme à diriger l’École Normale Supérieure de Jeunes Filles (ENSJF), installée à l’époque boulevard Jourdan à Paris, elle a joué un rôle crucial dans l’accès des femmes aux plus hauts diplômes scientifiques en France. Chercheuse spécialisée en chimie quantique, elle a travaillé sur la modélisation moléculaire et la structure des liaisons chimiques. Au-delà de ses propres travaux de laboratoire, elle a marqué l’histoire de l’éducation en luttant pour l’égalité des chances dans l’enseignement supérieur. En 1985, elle orchestre avec brio la fusion de l’ENS de Jeunes Filles avec l’ENS de la rue d’Ulm (historiquement masculine), créant ainsi l’école totalement mixte que l’on connaît aujourd’hui. Elle était l’épouse du mathématicien Jean-Pierre Serre.
Nabawiyya MUSA (1886-1951) Enseignante – Politique – Égypte
Fille d'un officier disparu en campagne avant sa naissance, élevée par une mère qui la destinait au foyer, elle apprend à lire en cachette avec son frère et s'inscrit en secret au brevet. En 1907, elle devient la première Égyptienne à obtenir le baccalauréat — et l'administration coloniale britannique, hostile, supprimera l'examen pour les filles pendant les vingt années suivantes. Institutrice, puis première Égyptienne directrice d'école, elle se bat pied à pied pour l'égalité des salaires avec ses collègues hommes et l'obtient. Elle publie en 1920 « La Femme et le Travail », qui soutient que le travail salarié est la seule voie de l'émancipation, et fonde ses propres écoles de filles pour ne dépendre de personne. Avec Huda Sharawi et Ceza Nabarawi, elle revient dévoilée du congrès de Rome en 1923. Nationaliste intransigeante, elle est emprisonnée en 1948 par le gouvernement pour avoir critiqué le soutien de l'Égypte à la Grande-Bretagne pendant la guerre, ce qui met fin à sa carrière.
Paula RADCLIFFE (1973) Athlète – Royaume-Uni
Coureuse de fond britannique, elle a détenu le record du monde du marathon pendant seize ans. Asthmatique et anémique enfant, elle commence à courir à sept ans, encouragée par son père, marathonien amateur, puis étudie à l'université de Loughborough. Championne du monde junior de cross-country en 1992, elle remporte le titre mondial senior de cross long en 2001 et 2002. En 2001, aux championnats du monde d'Edmonton, elle brandit avec Hayley Tullett une pancarte « EPO cheats out » contre la réintégration d'une coureuse contrôlée positive ; depuis 1999, elle porte en course un ruban rouge en faveur des contrôles sanguins. Passée au marathon en 2002, elle gagne Londres dès ses débuts, puis bat le record du monde à Chicago en 2 h 17 min 18 s. En 2003, à Londres, elle court en 2 h 15 min 25 s, un record qui tient jusqu'en 2019, battu par la Kényane Brigid Kosgei. Elle remporte trois fois Londres (2002, 2003, 2005), trois fois New York (2004, 2007, 2008) et devient championne du monde du marathon à Helsinki en 2005. Présente à quatre Jeux olympiques, de 1996 à 2008, elle n'y obtient aucune médaille : blessée, elle abandonne le marathon d'Athènes en 2004. En 2007, l'année de la naissance de sa fille Isla, elle gagne le marathon de New York. En 2015, mise en cause à partir de résultats sanguins divulgués, elle est blanchie par l'IAAF, qui dénonce une mauvaise interprétation de données incomplètes, puis par l'agence antidopage britannique. Elle court son dernier marathon de Londres en avril 2015, en 2 h 36 min 55 s, acclamée par la foule.