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Née un 23 novembre
Eugénie ÉBOUÉ
1891-1972
Figure politique et une résistante dont le parcours a marqué l’histoire de la décolonisation et le droits des femmes. Originaire de la Guyane, elle s’engage activement dans la Résistance dès 1940 aux côtés de son époux, Félix Éboué, alors gouverneur du Tchad. Ce dernier sollicité par le Général Leclerc rallie précoce de l’Afrique Équatoriale Française à la France Libre du général de Gaulle. Son courage durant cette période sombre lui vaudra d’être décorée de la Croix de guerre et de la Médaille de la Résistance. Après la Libération, elle entre dans l’histoire en devenant l’une des toutes premières femmes députées à l’Assemblée constituante en 1945, représentant la Guadeloupe. Elle poursuit sa carrière politique comme sénatrice, s’inscrivant parmi les pionnières parlementaires de la République. Tout au long de ses mandats, elle lutte avec ferveur pour l’égalité des droits sociaux dans les territoires d’outre-mer, l’accès à l’éducation et l’amélioration de la condition des femmes. Également vice-présidente de l’Assemblée de l’Union française, elle défend une vision humaniste et progressiste des relations entre la métropole et ses anciennes colonies. Sa vie entière, partagée entre l’Afrique, les Antilles et Paris, témoigne d’un dévouement républicain indéfectible et d’une modernité politique remarquable.
Mary SEACOLE (1805-1881) Infirmière – Jamaïque
La « doctoresse » créole de la guerre de Crimée. Née à Kingston d'une mère guérisseuse jamaïcaine et d'un officier écossais, elle apprend l'art des remèdes au chevet des malades, affronte le choléra en Jamaïque et au Panama, où elle pratique même une autopsie pour comprendre le mal. En 1854, elle se présente à Londres pour rejoindre les infirmières de Crimée : quatre refus, où la couleur de sa peau pèse lourd. Qu'à cela ne tienne : elle finance elle-même le voyage et bâtit près de Balaklava son « British Hotel », cantine et infirmerie pour les soldats. On la voit sur les champs de bataille sous le feu, ses paniers de pansements et de remèdes en bandoulière, soignant sans distinction d'uniforme. Ruinée par la paix, elle est sauvée par les vétérans qui organisent des galas en son honneur ; ses mémoires, premiers écrits autobiographiques d'une femme noire en Grande-Bretagne, sont un triomphe. Sa statue fait face au Parlement de Londres depuis 2016.
Rachel Fuller BROWN (1898-1980) Chimiste – États-Unis
Chimiste, elle a mis au point avec Elizabeth Lee Hazen le premier antifongique sans danger pour l'homme. Née à Springfield, dans le Massachusetts, abandonnée par son père à quatorze ans, elle ne doit ses études qu'à une amie de sa grand-mère, Henriette Dexter, qui paie sa scolarité à Mount Holyoke. Diplômée de chimie et d'histoire en 1920, elle soutient plus tard un doctorat à Chicago et entre au laboratoire de recherche du département de la Santé de l'État de New York. En 1948 commence l'une des plus singulières collaborations scientifiques du siècle : Elizabeth Hazen, à New York, cultive des micro-organismes prélevés dans la terre et teste leur action sur les champignons ; quand l'un d'eux se montre actif, elle l'expédie à Albany dans un bocal à conserves. Rachel Brown en isole le principe actif et le renvoie. Les antibiotiques venaient alors de bouleverser la médecine, mais en détruisant toutes les bactéries ils laissaient proliférer des champignons que rien ne savait combattre. Après des centaines d'échantillons trop toxiques, les deux femmes trouvent la bonne souche et nomment la molécule nystatine — de New York State. Commercialisée en 1954, elle soigne les mycoses, mais a aussi sauvé les arbres de la graphiose de l'orme et les œuvres d'art italiennes moisies après les inondations. Les deux chercheuses ont reversé l'intégralité des redevances — 13,4 millions de dollars — à la Research Corporation, qui en a consacré la moitié à des bourses de recherche.