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Née un 6 juillet
Frida KAHLO
1907-1954
Sans doute l’artiste mexicaine la plus célèbre au monde, reconnaissable par son style vibrant et ses autoportraits totalement unique en leur genre. Sa vie fut marquée par une souffrance physique constante, suite à une poliomyélite durant l’enfance et un terrible accident de bus qui a brisé sa colonne vertébrale à l’âge de 18 ans. C’est clouée sur son lit de douleur qu’elle a commencé à peindre, utilisant un miroir fixé au-dessus d’elle pour explorer son identité et sa propre réalité. Son œuvre fusionne le réalisme, le surréalisme et l’art populaire mexicain pour exprimer des thèmes tabous comme la douleur, la fausse couche et la condition féminine. Sa relation tumultueuse avec le célèbre muraliste Diego Rivera a profondément influencé son art, illustrant une passion à la fois destructrice et créatrice. Militante communiste engagée, elle revendiquait avec fierté ses racines indigènes à travers ses tenues traditionnelles de Tehuana et ses bijoux imposants. Au-delà de sa peinture, elle est devenue une icône de la résilience, transformant son corps meurtri en un manifeste politique et esthétique puissant. Elle a transformé sa maison, la « Casa Azul », en un univers coloré et symbolique qui est aujourd’hui l’un des musées les plus visités du Mexique. Malgré une reconnaissance internationale tardive, elle est aujourd’hui célébrée comme une artiste de génie et une pionnière de l’émancipation des femmes. En savoir plus : https://www.museofridakahlo.org.mx/
Annette KELLERMANN (1886-1975) Athlète – Actrice – Australie
Nageuse, artiste de music-hall et actrice australienne, inventrice du ballet aquatique et libératrice du corps des nageuses. Enfant de Sydney atteinte d'une faiblesse des jambes qui l'oblige à porter des attelles d'acier, elle se reconstruit par la natation jusqu'à devenir championne de Nouvelle-Galles du Sud, recordwoman du mile, puis première femme à tenter la traversée de la Manche à la nage en 1905 — « J'avais l'endurance, mais pas la force brute », dira-t-elle après trois tentatives. Vedette des spectacles aquatiques à Londres puis New York, la « Vénus plongeuse » invente dans un aquarium de verre les figures qui donneront naissance à la natation synchronisée. En 1907, sur une plage de Boston, elle est arrêtée pour indécence : elle ose nager dans un maillot une pièce moulant, loin des lourdes tenues à jupes qui noyaient les femmes de son époque. Le scandale tourne à sa victoire, le « costume Annette Kellerman » se répand sur toutes les plages du monde et libère définitivement les nageuses. Déclarée « femme parfaite » par un professeur de Harvard qui comparait ses proportions à la Vénus de Milo, elle devient une immense étoile du cinéma muet : « A Daughter of the Gods » (1916) est le premier film au budget d'un million de dollars. Autrice de manuels de natation et de santé, végétarienne convaincue, elle inspira le film « La Première Sirène » où Esther Williams reprit son rôle en 1952. Cette sirène magistrale s'est éteinte en Australie en 1975, après avoir nagé jusqu'à son dernier souffle.
Yvonne ODIC (1890-1983) Ingénieure – France
Ingénieure mécanicienne française, saluée par la presse de son temps comme la première femme ingénieure de France, elle fait partie des 72 femmes scientifiques dont le nom sera inscrit sur la tour Eiffel. Née à Harfleur, en Normandie, dans la famille nombreuse d'un percepteur, passionnée de mathématiques depuis l'enfance, elle part étudier à Nancy et décroche à l'Institut électrotechnique ses diplômes d'ingénieure mécanicienne et d'études aérodynamiques — tout en installant, en parallèle, l'équipement radiographique de l'hôpital du Bon-Pasteur et en collaborant au service météorologique de la ville. La Grande Guerre révèle son talent : elle met au point des aciers spéciaux dans l'une des plus grandes usines d'armement de Paris, puis entre en 1917 comme ingénieure dans un chantier naval — fait si extraordinaire que la presse britannique elle-même s'en fait l'écho. Attentive au sort des ouvrières qu'elle côtoie, elle leur offre des leçons de mathématiques et de gymnastique rythmique. Active au sein de l'Union des ingénieurs mécaniciens, elle poursuit sa carrière chez les moteurs Breguet à Lille dans les années 1930. Mariée en 1918, elle s'éteint le 20 janvier 1983 à Saint-Tropez, à 92 ans — assez longtemps pour voir les écoles d'ingénieurs se remplir enfin de celles dont elle avait, seule, ouvert le chemin.
Mina Miller EDISON (1865-1947) Politique – Philanthrope – États-Unis
Fille de l'inventeur et industriel Lewis Miller, septième d'une fratrie de onze, elle passe tous ses étés de neuf ans à son mariage à l'Institut Chautauqua, que son père a cofondé : elle y côtoie des orateurs et des oratrices qui plaident pour la réforme de l'éducation, la tempérance et le droit de vote des femmes. Diplômée du lycée d'Akron en 1883, elle poursuit ses études à Boston. C'est là qu'elle rencontre Thomas Edison, en 1885, chez un ami commun : il lui apprend le morse, puis s'en sert pour la demander en mariage. Elle a vingt ans quand elle l'épouse, en février 1886, et devient d'un coup la belle-mère de ses trois enfants ; elle en aura trois autres. Pendant qu'il dirige son laboratoire en bas de la colline, elle administre la maison et son personnel, et se donne elle-même un titre : « home executive », directrice du foyer. À partir de 1891, c'est elle, et non son mari, qui est propriétaire de la maison familiale — une précaution pour qu'elle ne puisse pas être saisie si Edison venait à faire faillite. Son engagement dépasse largement ses murs : Audubon Society, John Burroughs Association, association Chautauqua, et dès 1907 la Playground Association of America, qui se bat pour des terrains de jeux publics, dont elle rejoint le conseil d'administration en 1913. En Floride, elle soutient la scolarisation des enfants noirs du comté de Lee. En 1946, elle cofonde, à la mémoire de son mari, la Thomas Alva Edison Foundation.
Unica ZÜRN (1916-1970) Peintre – Écrivaine – Allemagne
Fille d'un officier de cavalerie berlinois, sténotypiste aux studios de l'Universum Film AG à dix-sept ans, elle écrit des contes radiophoniques et commence à dessiner après un divorce qui la sépare de ses deux enfants. Sa rencontre en 1953 avec le plasticien Hans Bellmer décide de sa vie : elle le suit à Paris, s'installe rue Mouffetard et entre dans le cercle surréaliste. Naissent alors ses anagrammes, poèmes composés en recomposant sans cesse les mêmes lettres, publiés en 1954 sous le titre « Hexentexte » (Grimoires de sorcière), et ses dessins à l'encre peuplés de créatures enchevêtrées, que Breton et Michaux admirent. Sa rencontre avec Henri Michaux, la mescaline et une schizophrénie qui s'installe la conduisent d'internement en internement ; elle en tire « L'Homme-Jasmin », récit lucide et bouleversant de sa propre folie. Elle se donne la mort en 1970 en se jetant de la fenêtre de Bellmer, à cinquante-quatre ans, et repose au Père-Lachaise.
Suzanne SPAAK (1905-1944) Résistante – Belgique
Fille d'un agent de change bruxellois, mariée au dramaturge Claude Spaak, belle-sœur d'un futur père de l'Europe, elle mène à Paris une vie de grande bourgeoisie que rien ne destinait à la clandestinité. Recrutée avant-guerre par l'Orchestre rouge, elle prend en 1941 la direction du Mouvement national contre le racisme et fait de son appartement du Palais-Royal un carrefour de la Résistance. Mais son combat à elle, ce sont les enfants juifs. En février 1943, apprenant que ceux des centres de l'UGIF vont être raflés, elle organise avec le pasteur Paul Vergara et Marcelle Guillemot, de l'œuvre La Clairière, l'évacuation en quelques heures de dizaines d'enfants, placés ensuite dans des familles protestantes, avec faux papiers et fausses déclarations. Traquée, elle voit sa fille aînée arrêtée avant d'être prise à son tour. Elle est fusillée à la prison de Fresnes le 12 août 1944, treize jours avant la libération de Paris. Israël l'a reconnue Juste parmi les nations.
Adèle d’AFFRY (1836-1879) Artiste – Sculptrice – Suisse
Connue sous le nom de duchesse de Castiglione-Colonna et sous son pseudonyme artistique « Marcello ». Née danns une noble famille suisse, elle reçoit une éducation artistique à Rome avant d’épouser le duc Carlo Colonna, qui meurt tragiquement quelques mois seulement après leur union. Veuve à vingt ans, indépendante mais confrontée aux préjugés misogynes de son époque et aux contraintes de son rang aristocratique, elle choisit d’adopter le pseudonyme masculin de « Marcello » pour s’imposer sur la scène artistique sans souffrir des a priori réservés aux femmes sculptrices. Rivalisant avec les plus grands maîtres de son temps comme Jean-Baptiste Carpeaux ou Auguste Clésinger, elle s’installe à Paris et fait des débuts remarqués au Salon de 1863 avec son buste de Bianca Capello. Son talent exceptionnel attire l’attention de la cour impériale : appréciée par Napoléon III et l’impératrice Eugénie, elle réalise plusieurs portraits officiels tout en fréquentant la bohème artistique et littéraire parisienne. Son œuvre, marquée par un style dramatique et une quête d’expression puissante, privilégie les figures féminines héroïques ou mythologiques. Son chef-d’œuvre le plus emblématique reste « La Pythie » (1869), une sculpture spectaculaire en bronze représentant la prêtresse de Delphe en pleine extase oraculaire, commandée pour orner le grand foyer de l’Opéra Garnier à Paris. Également peinte par ses amis Gustave Courbet et Édouard Manet, elle s’adonne à la peinture à la fin de sa vie et réalise notamment le portrait de Berthe Morisot. Atteinte de la tuberculose, elle s’éteint prématurément près de Naples à l’âge de 43 ans, léguant au musée de Fribourg une collection inestimable qui immortalise son rôle de pionnière dans la sculpture européenne.