Gisele HALIMI  (1927-2020)

Née un 27 juillet

Gisele HALIMI

1927-2020

    Au service de la justice sociale au XXe siècle, sa carrière est marquée par des combats historiques, notamment lors du célèbre procès de Bobigny en 1972, où elle a obtenu l’acquittement d’une jeune fille ayant avorté après un viol, ouvrant ainsi la voie à la loi Veil. Fondatrice du mouvement « Choisir la cause des femmes » aux côtés de Simone de Beauvoir, elle a milité sans relâche pour le droit à l’avortement et la contraception. Avocate engagée, elle a également défendu les militants de l’indépendance algérienne, dénonçant avec courage l’usage de la torture par l’armée française. En 1978, elle a mené une autre bataille judiciaire cruciale à Aix-en-Provence pour faire reconnaître le viol comme un crime et non plus comme un simple délit. Députée à l’Assemblée nationale, elle a porté des réformes majeures pour l’égalité salariale et la parité en politique. Sa plume acerbe et brillante a produit de nombreux essais et récits autobiographiques qui explorent la condition féminine et la soif de liberté. Elle a consacré sa vie à briser les structures patriarcales et coloniales, refusant toute forme de soumission ou de compromis moral. Son héritage intellectuel et juridique continue d’inspirer les mouvements de défense des droits humains à travers le monde. Gisèle Halimi demeure une icône de l’insoumission, ayant transformé le prétoire en une tribune pour la dignité de toutes les femmes. Sa voix, puissante et déterminée, a changé durablement le visage de la société française. A découvrir : https://www.lesplendid.com/project/le-proces-dune-vie/

    Pina BAUSCH (1940-2009) Danseuse – Chorégraphe – Allemagne

    Elle figure parmi les géants de la danse contemporaine pour avoir profondément révolutionné l'art chorégraphique du vingtième siècle en inventant le concept de danse-théâtre. Formée à l'école Folkwang d'Essen sous la direction de Kurt Jooss puis à la prestigieuse Juilliard School, elle développe une approche radicalement nouvelle du mouvement, privilégiant l'expression des émotions brutes à la perfection technique pure. Prenant la direction du ballet du Tanztheater Wuppertal en 1973, elle transforme la troupe en un laboratoire de création internationale où la parole, le chant, le rire et les pleurs s'intègrent aux gestes du quotidien. Ses pièces emblématiques, telles que Le Sacre du printemps, Café Müller, Nelken ou Kontakthof, bousculent les conventions scéniques en intégrant des décors naturels spectaculaires faits de terre, d'eau, de parterres d'œillets ou de feuilles mortes. Son travail explore avec une sincérité poignante les thèmes de la solitude, de l'incompréhension entre les sexes, du désir et de la quête d'amour, en s'appuyant directement sur la personnalité et les souvenirs intimes de ses interprètes. Adulée sur les scènes du monde entier, elle collabore également avec le cinéma, marquant de sa présence magnétique les films de Federico Fellini et de Pedro Almodóvar. Honorée des plus prestigieuses récompenses artistiques mondiales, dont le Lion d'or de la Biennale de Venise et le prix Kyoto, elle dirige son ensemble jusqu'à ses derniers jours avant de s'éteindre soudainement à l'âge de 68 ans, laissant un héritage esthétique immense toujours source d'inspiration.

    Jeanne BARRET (1740-1807) Exploratrice – Botaniste – France

    Première femme de l'histoire à avoir accompli le tour du monde — déguisée en homme —, elle fut aussi une botaniste d'exception. Née le 27 juillet 1740 à La Comelle, en Bourgogne, fille de journaliers pauvres, elle entre comme gouvernante au service du botaniste Philibert Commerson, dont elle devient la compagne et l'assistante experte. Quand celui-ci est nommé naturaliste de l'expédition de Bougainville, en 1766, un obstacle se dresse : les femmes sont interdites à bord des vaisseaux du roi. Qu'à cela ne tienne — poitrine bandée et cheveux coupés, elle embarque sur l'Étoile sous le nom de « Jean Baré », valet du botaniste. À chaque escale, c'est elle qui porte le matériel et herborise sans relâche : plus de six mille spécimens collectés, dont l'éclatante liane du Brésil qui recevra le nom de bougainvillier. Démasquée à Tahiti en 1768, elle quitte l'expédition avec Commerson à l'île de France ; après la mort de celui-ci, elle y tient un cabaret, épouse un soldat, puis regagne la France en 1775 — bouclant ainsi, la première, son tour du monde. Le roi lui-même le reconnaîtra en 1785, saluant cette « femme extraordinaire » d'une pension royale, appuyée par Bougainville qui vantait son expertise de botaniste. Morte le 5 août 1807 à Saint-Aulaye, en Dordogne, elle a reçu en 2012 le plus bel hommage qui soit pour une herborisatrice : une espèce de plante, Solanum baretiae, porte désormais son nom.

    Margaret EKPO (1914-2006) Politique – Nigeria

    Institutrice contrainte d'abandonner ses études à la mort de son père, elle entre en politique par colère : en 1945, son mari médecin ne pouvant assister sans risque à une réunion de protestation contre la discrimination salariale imposée aux Nigérians par l'administration britannique, elle y va à sa place — et n'en repartira plus. En 1946, elle part étudier à Dublin, d'où elle revient diplômée d'arts ménagers. Elle organise les femmes des marchés d'Aba, dont elle fait une force politique redoutable : le marché devient son quartier général, les vendeuses sa base électorale. Elle mène en 1949, avec Funmilayo Ransome-Kuti, les protestations après le massacre des mineurs d'Enugu, fonde en 1954 l'Association des femmes d'Aba, et se bat pour que les femmes de l'Est du Nigeria obtiennent le droit de vote. Nommée à la Chambre régionale des chefs en 1959, élue à l'Assemblée régionale en 1961, elle y défend l'éducation des filles et les droits des commerçantes. Pendant la guerre du Biafra, elle paie son engagement de trois années de détention. Depuis 2001, l'aéroport international de Calabar porte son nom ; elle s'est éteinte en 2006, à quatre-vingt-douze ans.

    Marielle FRANCO (1979-2018) Politique – Brésil

    Conseillère municipale de Rio de Janeiro, assassinée à trente-huit ans pour ce qu'elle dénonçait. Elle grandit dans le Complexo da Maré, un ensemble de favelas du nord de Rio, travaille dès onze ans et devient mère à dix-neuf ans. Elle décroche une licence de sciences sociales à l'Université pontificale catholique de Rio, puis un master d'administration publique ; son mémoire, « UPP : la réduction de la favela à trois lettres », démonte la militarisation de la sécurité publique. Son engagement naît d'un deuil : une amie tuée par une balle perdue lors d'une fusillade entre policiers et trafiquants. En 2006, elle rejoint l'équipe du député Marcelo Freixo et coordonne la commission des droits de l'homme de l'Assemblée législative de l'État de Rio. Élue conseillère municipale en 2016 avec le cinquième score de la ville, elle fait de son mandat une tribune sur le genre, la favela, la négritude et les droits LGBT : noire, lesbienne, issue d'une favela, elle incarne tout ce que la politique brésilienne ne représentait pas. Elle dépose cent seize propositions et seize projets de loi, préside la commission de défense de la femme et devient rapporteure sur l'intervention militaire fédérale à Rio. Le 14 mars 2018, au retour d'une rencontre avec de jeunes militantes noires, une voiture se range à hauteur de la sienne et ouvre le feu ; son chauffeur, Anderson Gomes, est tué avec elle. Les deux tireurs ont été condamnés en 2024, les commanditaires présumés par la Cour suprême en 2026. Sa sœur Anielle est ministre de l'Égalité raciale.

    Et vous, quelle femme célèbre est née le même jour que vous ?

    Découvrir