Partager son histoire
Née un 16 février
Jeanne BOHEC
1919-2010
Célèbre pour son rôle unique de plasticienne au sein des Forces françaises libres (FFL). Née en Bretagne, elle travaille comme aide-chimiste à la poudrerie de Brest au début de la Seconde Guerre mondiale. Refusant l’armistice de 1940, elle s’enfuit audacieusement vers l’Angleterre à bord d’un bateau de pêche afin de continuer le combat. . Engagée dans le Corps féminin des Volontaires des Forces françaises libres, elle rejoint le Bureau central de renseignements et d’actions (BCRA) en 1940. À Londres, elle s’engage immédiatement dans le Corps des Volontaires françaises et travaille d’abord comme chimiste dans un laboratoire secret de sabotage. Désireuse de se battre sur le terrain, elle insiste pour être parachutée en France occupée, bravant le scepticisme de sa hiérarchie face à une mission si dangereuse pour une femme. Elle est finalement parachutée en Ille-et-Vilaine en février 1944 avec pour mission d’instruire les maquisards bretons aux techniques de sabotage par explosifs. Sillonnant la Bretagne à bicyclette sous une fausse identité, elle forme des centaines de résistants et participe activement aux opérations de harcèlement contre les troupes allemandes lors du Débarquement. Après la Libération, elle reprend une vie civile, devient professeure de mathématiques et s’engage en politique en devenant adjointe au maire de Paris. Décorée de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre, elle publie ses mémoires intitulées « La Plastiqueuse à bicyclette » pour témoigner du rôle crucial des femmes dans l’action armée. Son courage et sa maîtrise technique en font l’une des figures les plus originales et héroïques de la Résistance intérieure.
Vera MENCHIK (1906-1944) Joueuse d'échecs – Russie
Elle apprend les échecs à neuf ans, de son père, dans un Moscou qu'elle quitte à quinze : la révolution a ruiné la famille, qui gagne Hastings en 1921. Au club de la ville, elle est formée par James Drewitt, puis par le grand maître hongrois Géza Maróczy. En 1927, à Londres, elle enlève le premier championnat du monde féminin avec 10½ points sur 11 et garde le titre jusqu'à sa mort : sept tournois mondiaux, sept victoires, au moins cinquante-neuf parties gagnées d'affilée, le plus long règne de l'histoire du championnat du monde. Refusant de se cantonner aux tournois de femmes, elle affronte l'élite masculine. À Carlsbad, en 1929, le maître autrichien Albert Becker propose en plaisantant de fonder un « club Vera Menchik » pour ceux qu'elle battrait ; elle le bat dans ce même tournoi et il en devient le premier membre. Y entrent Max Euwe, futur champion du monde, vaincu deux fois à Hastings, Friedrich Sämisch, Mir Sultan Khan, Samuel Reshevsky : quatre des vingt-sept premiers grands maîtres sacrés par la FIDE en 1950 en feront partie. Le 26 juin 1944, l'une des premières bombes volantes V1 lancées sur Londres frappe de plein fouet sa maison de Gauden Road : elle meurt à trente-huit ans avec sa mère et sa sœur Olga, joueuse elle aussi, réfugiées à la cave, et ses archives disparaissent avec elle. La coupe remise aux vainqueurs de l'olympiade féminine porte son nom, et elle est en 2011 la première femme admise au World Chess Hall of Fame.