Jeanne VILLEPREUX-POWER (1794-1871)

Née un 25 septembre

Jeanne VILLEPREUX-POWER

1794-1871

    Naturaliste autodidacte et visionnaire, célèbre pour avoir révolutionné l’étude de la biologie marine. Initialement brodeuse à Paris, où elle crée une robe de mariée remarquée pour une princesse de Sicile, elle s’installe sur l’île après son mariage et se passionne pour l’observation des écosystèmes marins. Elle est mondialement reconnue pour l’invention de l’aquarium moderne en 1832, qu’elle conçoit en trois variantes pour observer les organismes aquatiques en milieu contrôlé. Ses recherches pionnières sur l’Argonaute ont permis de résoudre une énigme scientifique majeure en prouvant que ce mollusque sécrète sa propre coquille au lieu d’en voler une. Première femme membre de l’Académie des sciences de Catane, elle correspondait avec les plus grands savants de son temps, dont Richard Owen, qui la surnommait la « mère de l’aquariophilie ». Tragiquement, une grande partie de ses collections et de ses manuscrits a péri lors d’un naufrage en 1843, l’éloignant prématurément de la recherche active. En plus de ses travaux marins, elle a publié un guide complet sur la Sicile, témoignant d’une curiosité intellectuelle immense pour la géologie et l’histoire naturelle. Elle a également milité pour le reboisement de l’île et l’amélioration des pratiques agricoles locales. Aujourd’hui, un cratère de la planète Vénus porte son nom en hommage à ses contributions exceptionnelles à la science. Son héritage perdure dans chaque aquarium du monde, outils qu’elle a transformés d’objets décoratifs en véritables instruments de laboratoire.

    Luisa CÁCERES DE ARISMENDI (1799-1866) Politique – Venezuela

    Héroïne de l'indépendance vénézuélienne, symbole de loyauté et de courage face à l'adversité, elle est la première femme à être entrée au Panthéon national du Venezuela. Née à Caracas dans la famille d'un professeur, elle voit la guerre d'indépendance décimer les siens : son père et son frère sont tués par les troupes royalistes en 1814, et la famille se réfugie sur l'île de Margarita. Mariée à quatorze ans au général patriote Juan Bautista Arismendi, elle est arrêtée l'année suivante, enceinte, par les royalistes qui veulent faire plier son mari, chef de la résistance de l'île : enfermée dans un cachot de la forteresse Santa Rosa, elle y accouche seule d'une petite fille qui ne survit pas. Ni le deuil, ni les geôles de La Guaira, ni la déportation en Espagne n'entament sa détermination : à Cadix, elle refuse obstinément de signer l'acte de fidélité au roi et de renier la cause républicaine. En 1818, elle s'évade avec l'aide de patriotes et gagne Philadelphie, avant de retrouver son mari et son île l'année suivante, accueillie en héroïne. Mère de onze enfants, elle meurt à Caracas le 2 juin 1866 ; dix ans plus tard, ses restes sont transférés au Panthéon national — un honneur jamais accordé à une femme jusqu'alors. Le Venezuela vénère en elle l'incarnation de la constance : son visage a orné le billet de vingt bolívares.

    Lilian NGOYI (1911-1980) Politique – Afrique du Sud

    Ouvrière du textile puis infirmière, elle entre en résistance en 1952, à quarante et un ans, lors de la campagne de défi, et devient dès 1954 la première femme élue à la direction nationale de l'ANC. Le 9 août 1956, elle conduit vingt mille femmes jusqu'aux Union Buildings de Pretoria pour déposer les pétitions contre l'extension des laissez-passer aux Africaines, puis leur demande de rester trente minutes en silence absolu devant le siège du gouvernement — la plus grande manifestation de femmes de l'histoire sud-africaine, dont la date est aujourd'hui la journée nationale des femmes. Oratrice redoutée, elle est arrêtée avec cent cinquante-cinq autres militants au procès pour trahison de 1956, acquittée en 1960, de nouveau arrêtée, et passe soixante-et-onze jours à l'isolement en 1963. Frappée de onze années d'interdiction qui lui retirent le droit de parler à plus d'une personne à la fois, elle meurt pauvre dans sa maison d'Orlando, toujours sous surveillance.

    Renée LÉVY (1906-1943) Professeure – Résistante – France

    Petite-fille du grand rabbin de France Alfred Lévy, fille de deux professeurs de lettres, agrégée et professeure elle-même, elle refuse dès 1940 de se taire. Elle rejoint le groupe du musée de l'Homme, l'un des tout premiers réseaux de la Résistance, diffuse son journal clandestin « Résistance » et l'appel de Churchill d'octobre 1940 – « Rassemblez vos forces pour l'aube, car l'aube viendra ». Après le démantèlement du groupe par l'Abwehr, elle passe au réseau Hector, qui collecte des renseignements militaires, et travaille avec le groupe de Jane Sivadon. Trahie par un agent double, elle est arrêtée le 10 décembre 1941 : un poste émetteur est découvert chez elle. Transférée en Allemagne, jugée, elle est décapitée le 31 août 1943 dans la prison de Cologne, à trente-six ans ; sa sœur Germaine, avocate, meurt la même année à Auschwitz. Renée Lévy est l'une des seize personnes inhumées dans la crypte du mémorial de la France combattante, au Mont-Valérien.

    Et vous, quelle femme célèbre est née le même jour que vous ?

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