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Née un 6 avril
Léonora CARRINGTON
1917-2011
Également sculptrice et romancière, reconnue comme l’une des figures les plus audacieuses et originales du surréalisme. Issue d’une riche famille britannique contre laquelle elle se rebelle très tôt, elle intègre le cercle des surréalistes à Paris à la fin des années 1930 aux côtés de son compagnon, le peintre Max Ernst. Brisée par le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et l’internement d’Ernst, elle traverse une grave crise psychotique en Espagne, une épreuve fondatrice qu’elle racontera dans son livre poignant En bas. Elle s’exile définitivement en 1942 au Mexique, pays qui devient sa terre d’adoption spirituelle et artistique. Là-bas, elle développe une œuvre picturale et littéraire unique, à la fois onirique et mystique, profondément imprégnée d’alchimie, de contes celtiques, de sorcellerie et de mythologie maya. Proche de Frida Kahlo et de Remedios Varo, elle insuffle à ses toiles un féminisme visionnaire, peuplé de créatures hybrides et de déesses puissantes connectées à la nature. Écologiste, écrivaine excentrique, elle signe notamment le roman culte Le Cornet acoustique. Redécouverte à l’international comme une artiste totale majeure, son univers magique et rebelle continue de fasciner le monde de l’art contemporain. Elle a été membre du mouvement de libération des femmes au Mexique. En savoir plus : https://museeduluxembourg.fr/fr/agenda/evenement/leonora-carrington
Mary Ann Brown PATTEN (1837-1861) Navigatrice – États-Unis
Première femme à avoir commandé un navire marchand américain, elle a mené un clipper autour du cap Horn à dix-neuf ans — enceinte de huit mois à l'arrivée. Née à Chelsea, dans le Massachusetts, mariée à seize ans au capitaine Joshua Patten, elle embarque avec lui sur le clipper « Neptune's Car » et, chose rarissime pour une femme de son temps, apprend à ses côtés la navigation astronomique et la tenue d'un journal de bord. En 1856, en pleine course de New York vers San Francisco, le drame : son mari s'effondre, terrassé par la maladie, et le second est aux arrêts pour insubordination. Seule à bord à savoir faire le point, Mary Ann prend le commandement : pendant cinquante-six jours, elle affronte les tempêtes du cap Horn en plein hiver austral, mate une tentative de mutinerie, soigne son mari mourant — et conduit le grand voilier à bon port à San Francisco, le 8 novembre 1856. Les assureurs du navire saluent « l'héroïsme d'une femme de dix-neuf ans » et la presse du monde entier célèbre son exploit, dont elle refuse modestement la gloire. Son fils naît quatre mois plus tard ; son mari s'éteint en juillet 1857, et elle-même, contaminée en le soignant, meurt de tuberculose le 17 mars 1861, à vingt-trois ans. L'académie de la marine marchande américaine honore sa mémoire : son hôpital porte le nom de cette capitaine qui ne fut jamais officiellement capitaine — mais le fut plus que quiconque.
Virginia HALL (1906-1982) Espionne – États-Unis
L'espionne la plus recherchée de la Gestapo, qui la surnommait « la dame qui boite ». Cette Américaine polyglotte, amputée d'une jambe après un accident de chasse — elle appelait sa prothèse « Cuthbert » —, s'engage dès 1941 au SOE britannique. Installée à Lyon sous couverture de journaliste, elle monte des réseaux, organise évasions, caches et filières, devient la plaque tournante de la résistance de la zone sud. Traquée, elle s'échappe en plein hiver 1942 en franchissant les Pyrénées à pied avec sa jambe de bois. Elle revient en 1944 pour les services secrets américains, déguisée en vieille paysanne, émettant depuis la Haute-Loire et organisant les maquis pour le Débarquement. Seule femme civile décorée de la Distinguished Service Cross de la Seconde Guerre mondiale, elle poursuit sa carrière à la CIA. Elle n'a jamais raconté publiquement son histoire.
Jeanne HÉBUTERNE (1898-1920) Peintre – France
Élève de l'académie Colarossi, à Montparnasse, elle peint et pose pour Foujita quand la sculptrice Chana Orloff lui présente, en mars 1917, Amedeo Modigliani. Elle a dix-huit ans, lui trente-deux ; sa famille catholique et bourgeoise s'oppose farouchement à leur liaison, elle passe outre. Surnommée « Noix de coco » pour la blancheur de son teint sous ses cheveux roux, elle devient le modèle absolu du peintre, qui la représente dans une vingtaine de toiles – les longs cous, les yeux vides et bleus qui sont aujourd'hui l'image même de Modigliani. Sa propre peinture, longtemps ignorée parce que sa famille en garda les toiles enfermées, révèle un talent singulier : autoportraits graves, intérieurs aux couleurs sourdes, dessins d'une grande liberté. Le 24 janvier 1920, Modigliani meurt de la tuberculose ; le surlendemain, enceinte de huit mois de leur second enfant, elle se jette du cinquième étage de l'immeuble de ses parents. Elle avait vingt et un ans, et laissait une petite fille, Jeanne Modigliani, qui deviendra l'historienne de leurs deux œuvres.
Marthe SIMARD (1901-1993) Politique – France
Première Française à siéger dans une assemblée parlementaire. Née Marthe Caillaud, quatrième génération d'une famille installée en Algérie, elle part vivre au Québec en 1932 et prend la nationalité canadienne. Dès 1939 elle organise depuis le Canada l'envoi de médicaments et de vivres aux familles de militaires français. L'appel du 18 juin 1940 décide de la suite : en décembre, elle fonde le Comité France libre de Québec, crée des comités dans tout le pays et parle sur Radio-Canada pour défendre la cause du général de Gaulle, qui n'y jouit pas partout d'une bonne image ; le 9 novembre 1942, Ottawa rompt avec Vichy. Nommée le 20 octobre 1943 à l'Assemblée consultative provisoire d'Alger pour y représenter le Canada, elle y prend la parole le 15 mai 1944. Dès son arrivée elle se déclare porte-parole des espoirs féministes et approuve l'ordonnance qui vient d'accorder le droit de vote aux Françaises. L'Assemblée s'installe au palais du Luxembourg en novembre 1944 : elle est alors l'une des dix femmes parlementaires, aux côtés de Lucie Aubrac et de Marie-Hélène Lefaucheux. Elle meurt au Québec en 1993. Le 23 juin 1942, de Gaulle avait promis que « tous les hommes et toutes les femmes de chez nous » éliraient l'Assemblée nationale une fois l'ennemi chassé : elle en aura été la première illustration.