Lydia Maria CHILD (1802-1880)

Née un 11 février

Lydia Maria CHILD

1802-1880

    « Une plume au service de toutes les formes d’oppression. » Journaliste, militante abolitionniste et féministe américaine de premier plan. Elle accède d’abord à la notoriété au début du XIXe siècle en publiant des romans à succès ainsi que The Frugal Housewife, un manuel de conseils domestiques très populaire destiné aux femmes de classes modestes. En 1826, elle fonde Juvenile Miscellany, le tout premier magazine périodique pour enfants aux États-Unis, mêlant habilement fictions, poésie et leçons d’histoire. Son destin bascule dans les années 1830 lorsqu’elle s’engage corps et âme dans la lutte contre l’esclavage après sa rencontre avec l’abolitionniste William Lloyd Garrison. Elle publie en 1833 un essai retentissant et audacieux, An Appeal in Favor of that Class of Americans Called Africans, dans lequel elle fustige la suprématie blanche et réclame l’égalité des droits pour les Afro-Américains. Ce texte courageux provoque le scandale et le boycott de ses œuvres par une grande partie du public puritain et sudiste, entraînant la fermeture de son magazine. Sans jamais renoncer, elle prend la direction du journal National Anti-Slavery Standard à New York pour continuer à diffuser ses idées humanistes. En parallèle, elle prend publiquement position pour la défense des droits des Amérindiens, dénonçant leur réclusion forcée dans des réserves. Elle apporte également une contribution majeure à la littérature en éditant et en préfaçant en 1861 le célèbre récit d’esclave de Harriet Jacobs, « Incidents in the Life of a Slave Girl ». Reconnue aujourd’hui pour son style percutant et son refus des compromis, elle a été introduite au National Women’s Hall of Fame pour son rôle de pionnière des droits civiques.

    Maryse CONDÉ (1934-2024) Écrivaine – Guadeloupe

    Dernière de huit enfants d'un couple de la bourgeoisie noire de Pointe-à-Pitre, elle découvre à seize ans, en arrivant au lycée Fénelon à Paris, qu'elle est antillaise avant d'être française. Elle passe ensuite douze ans en Afrique, enseignant en Guinée, au Ghana et au Sénégal, et en revient avec la matière d'une œuvre entière : une thèse sur les stéréotypes du Noir dans la littérature antillaise, puis « Hérémakhonon » en 1976. Le succès vient avec « Ségou » en 1984, fresque de l'effondrement du royaume bambara, vendue à des centaines de milliers d'exemplaires. Deux ans plus tard, « Moi, Tituba sorcière noire de Salem » rend la parole à l'esclave antillaise jugée lors des procès de 1692 et dont l'histoire n'avait gardé qu'une ligne. Suivent « La Vie scélérate » et « Traversée de la Mangrove », une trentaine de livres en tout, traduits dans le monde entier. Professeure à l'université Columbia de New York, elle y fonde le centre d'études francophones. En 2004, elle préside le comité dont les travaux fixent au 10 mai la journée française de commémoration de l'esclavage. En 2018, l'année où le prix Nobel de littérature n'est pas décerné, un jury suédois indépendant lui attribue le prix qui le remplace. Une maladie neurologique l'ayant privée de l'écriture, elle dictait ses derniers romans.

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