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Née un 23 juin
Madeleine PARENT
1918-2012
Syndicaliste et militante féministe en son pays ayant consacré sa vie à la défense des travailleurs les plus exploités. Elle s’est fait connaître dès les années 1940 en mobilisant les ouvriers de l’industrie textile, défiant ouvertement le régime conservateur de Maurice Duplessis. Son courage lors de la grève historique de la Dominion Textile à Valleyfield lui a valu d’être injustement emprisonnée et poursuivie pour sédition, mais elle n’a jamais cédé face à l’intimidation étatique. Véritable pionnière du féminisme intersectionnel, elle a lutté sans relâche pour l’égalité salariale et l’amélioration des conditions de vie des femmes immigrées et des autochtones. Cofondatrice de la Confédération des syndicats canadiens, elle a étendu son influence bien au-delà des frontières du Québec pour unifier les luttes ouvrières à travers tout le Canada. Sa vision politique intégrait la justice sociale, le droit à la syndicalisation et la protection des droits humains comme un tout indissociable. Malgré les persécutions politiques incessantes, elle est restée une figure centrale de la gauche canadienne, respectée pour son intégrité absolue et son refus des compromis faciles. Elle a joué un rôle crucial dans l’avancement des droits des femmes au sein des structures syndicales souvent dominées par les hommes. À la fin de sa carrière, elle continuait de marcher dans les rues pour dénoncer la pauvreté et soutenir les mouvements pacifistes mondiaux.
Micaela BASTIDAS PUYUCAHUA (1744-1781) Politique – Pérou
Héroïne de la lutte pour l'indépendance du Pérou, co-dirigeante de la grande rébellion andine de 1780, elle fut l'une des premières femmes d'Amérique latine à commander un soulèvement contre la couronne espagnole. Métisse d'ascendance africaine et indigène, née près d'Abancay, dans les Andes péruviennes, elle épouse vers ses seize ans José Gabriel Condorcanqui, cacique descendant des empereurs incas, qui entrera dans l'histoire sous le nom de Túpac Amaru II. Lorsque celui-ci soulève les Andes en novembre 1780 contre les abus de l'administration coloniale, elle devient bien plus que l'épouse du chef : véritable cheville ouvrière de la rébellion, elle organise le ravitaillement et la trésorerie, recrute les combattants, dirige le service de renseignement et les communications, signe édits et sauf-conduits et commande l'arrière-garde. Ses lettres pressant son mari de marcher sans délai sur Cusco témoignent d'un sens stratégique remarquable — l'histoire lui donnera raison, car l'hésitation de Túpac Amaru laissera aux Espagnols le temps de se ressaisir. Capturée avec les siens en avril 1781, elle est suppliciée le 18 mai 1781 sur la grand-place de Cusco, avant son mari et sous ses yeux, en même temps que leur fils aîné. Son courage face à une exécution d'une cruauté inouïe a fait d'elle un symbole : le Pérou honore aujourd'hui dans « Micaela » la précurseure de l'indépendance et le visage de la résistance des femmes andines.
Huda SHARAWI (1879-1947) Politique – Égypte
Élevée dans le harem d'une famille de la grande bourgeoisie du Caire, mariée à treize ans à un cousin de bien plus âgé, elle obtient de vivre séparée de lui pendant sept ans et emploie ce répit à s'instruire. Sa fortune lui sert d'abord à fonder un dispensaire pour les femmes pauvres et une école de filles. En 1919, elle organise la première manifestation de femmes contre l'occupation britannique : des centaines d'Égyptiennes voilées marchent dans les rues du Caire, certaines sont tuées. Elle préside le comité des femmes du parti Wafd, puis fonde en 1923 l'Union féministe égyptienne, dont elle fait l'une des premières organisations de femmes du monde arabe. La même année, au retour d'un congrès féministe à Rome, elle descend du train à la gare du Caire et retire son voile devant la foule — un geste que des centaines de femmes imitent dans les mois qui suivent. Elle réclame et obtient le relèvement de l'âge du mariage à seize ans, l'accès des filles à l'université, la réforme du divorce ; elle fonde la revue « L'Égyptienne » et, en 1945, l'Union féministe arabe. Son nom reste attaché à l'idée que l'indépendance d'un pays n'a aucun sens sans celle de ses femmes.
Jeanne PAQUIN (1869-1936) Styliste – Entrepreneuse – France
Mise au travail très jeune, elle apprend le métier de couturière à la maison Rouff, boulevard Haussmann, où elle devient vite première d'atelier, puis rejoint la maison Paquin, Lalanne et Cie. En 1891, après son mariage avec Isidore Paquin, elle fonde avec lui la maison Paquin, au 3 de la rue de la Paix. Ses robes du soir aux motifs dix-huitième, ses modèles bordés de fourrure ou de dentelle lui valent vite une réputation considérable. Mais son coup de génie est ailleurs : elle est l'une des premières à comprendre ce qu'on n'appelle pas encore la promotion. Elle se montre entourée de ses mannequins aux soirées de l'opéra Garnier et aux jours de grand prix hippique, et organise de véritables défilés pour lancer ses collections. En 1900, elle préside la section Mode de l'Exposition universelle ; sur son stand, elle se fait représenter par un mannequin de cire vêtu d'un déshabillé brodé de roses d'or. Elle ouvre en 1896 une succursale à Londres, au 39 Dover Street, ouvre en 1912 une boutique de fourrure sur la Cinquième Avenue à New York, puis des succursales à Madrid et à Buenos Aires. En 1913, elle est la première grande couturière à recevoir la croix de la Légion d'honneur. Son esprit reste à l'affût de l'époque : elle dessine un tailleur adapté à la « civilisation du métro », une robe intermédiaire entre le tailleur et le costume à la veille de la guerre, et travaille avec Léon Bakst pour les costumes de théâtre. Elle préside la Chambre syndicale de la couture de 1917 à 1919 et se retire en 1920.