Malala YOUSAFZAI 1997

Née un 12 juillet

Malala YOUSAFZAI 1997

    Militante pakistanaise pour l'éducation des filles et plus jeune lauréate du prix Nobel de la paix de l'histoire, elle est née à Mingora, dans la vallée de Swat, au nord du Pakistan. Fille de Ziauddin Yousafzai, un enseignant qui dirige une école de filles et l'encourage très tôt à s'exprimer, elle grandit dans une région qui tombe sous le contrôle des talibans. Lorsque ceux-ci interdisent l'école aux filles, elle tient dès 2009, à seulement onze ans, un journal en ligne pour la BBC sous le pseudonyme de Gul Makai, où elle raconte la peur, les écoles détruites et sa volonté farouche de continuer à apprendre. Son identité révélée, elle devient une voix nationale et reçoit en 2011 le premier prix national de la jeunesse pour la paix du Pakistan — mais aussi les menaces des talibans. Le 9 octobre 2012, à quinze ans, elle est victime d'un attentat : un homme monte dans son bus scolaire et lui tire une balle dans la tête. Grièvement blessée, transférée dans un hôpital de Birmingham, en Angleterre, elle survit et surmonte l'épreuve avec un courage qui bouleverse le monde entier. Neuf mois plus tard, le jour de ses seize ans, elle prononce à la tribune des Nations unies un discours resté célèbre : « Un enfant, un enseignant, un livre et un stylo peuvent changer le monde. » La même année, elle cofonde avec son père le Fonds Malala, qui investit dans l'éducation des filles partout dans le monde, publie son autobiographie « Moi, Malala » et reçoit le prix Sakharov du Parlement européen. En 2014, à dix-sept ans, elle reçoit le prix Nobel de la paix, conjointement avec le militant indien Kailash Satyarthi. Diplômée de l'université d'Oxford en 2020, messagère de la paix des Nations unies, elle continue de parcourir le monde et de plaider auprès des dirigeants internationaux pour que les plus de 120 millions de filles encore privées d'école puissent s'asseoir sur les bancs d'une classe. Symbole mondial du droit à l'instruction, la jeune fille que les talibans ont voulu faire taire est devenue l'une des voix les plus écoutées de la planète.

    Chana ORLOFF (1888-1968) Sculptrice – Ukraine

    Elle s'impose comme l'une des sculptrices et portraitistes les plus remarquables de l'École de Paris, célèbre pour ses formes épurées, son sens de la synthèse décorative et sa maîtrise exceptionnelle de la matière. D'abord formée à la couture après une émigration familiale au Moyen-Orient pour fuir les persécutions religieuses, elle s'installe dans la capitale française en 1910 pour étudier le dessin et les arts décoratifs. Elle y découvre sa véritable vocation pour la sculpture en fréquentant l'Académie Russe et les ateliers d'avant-garde de Montparnasse, où elle se lie d'amitié avec Amedeo Modigliani, Chaïm Soutine, Pablo Picasso et Auguste Rodin. Son style se caractérise par des lignes fluides, des volumes polis et une stylisation géométrique proche du cubisme et de l'art déco, travaillant aussi bien le bois que le bronze, le marbre ou la pierre. Devenue une portraitiste très recherchée par l'élite intellectuelle et artistique du monde entier, elle immortalise ses contemporains à travers des figures d'une grande profondeur psychologique et d'une remarquable économie de moyens. Ses thèmes de prédilection s'étendent aux représentations de la maternité, de la féminité et aux études d'animaux au graphisme acéré. Confrontée aux persécutions nazies pendant la Seconde Guerre mondiale, elle parvient à s'enfuir vers la Suisse avec son fils, mais retrouve son atelier parisien pillé et détruit à son retour. Ne se laissant pas décourager, elle reconstruit sa carrière et produit des œuvres monumentales poignantes dédiées à la mémoire et au renouveau. Reconnue par les plus grands musées internationaux et décorée de la Légion d'honneur, elle s'éteint à l'âge de 80 ans alors qu'elle travaillait à l'érection d'un monument commémoratif.

    Juana AZURDUY (1780-1862) Générale – Bolivie

    Héroïne des guerres d'indépendance sud-américaines. Métisse du Haut-Pérou, orpheline élevée au couvent, qui la renvoie à dix-sept ans pour indiscipline, elle épouse le patriote Manuel Padilla et prend les armes avec lui dès 1809 contre la couronne espagnole. À la tête des republiquetas, ces guérillas des vallées andines, elle lève et commande ses propres escadrons, combat enceinte, sabre au poing, et s'empare de l'étendard ennemi à la bataille d'El Villar, en mars 1816 — exploit qui lui vaut le grade de lieutenante-colonelle, décerné en août par le directeur suprême des Provinces-Unies, Juan Martín de Pueyrredón ; la même année, ses cavaliers s'emparent un temps du Cerro Rico de Potosí. La guerre lui prend tout : ses quatre premiers enfants, morts dans les campements, puis son mari, tué en la couvrant. Elle poursuit la lutte dans le Nord argentin aux côtés de Güemes, avant de sombrer dans l'oubli et de mourir dans la misère, à quatre-vingt-un ans. L'histoire l'a réhabilitée en grand : l'Argentine l'a élevée au rang de générale et la Bolivie de maréchale, deux siècles après ses combats. Ses restes reposent depuis 1962 dans un mausolée élevé en son honneur à Sucre, et en 2015 une statue monumentale d'elle a remplacé celle de Christophe Colomb à Buenos Aires.

    Aoua KÉITA (1912-1980) Sage-femme – Politique – Mali

    Sage-femme formée à l'école de médecine de Dakar, seule femme de sa promotion, elle est affectée douze ans à Gao puis de poste en poste dans la brousse soudanaise, accouchant des milliers de femmes et se servant de ses tournées pour organiser politiquement les villages. Militante de l'Union soudanaise-RDA dès 1946 — elle renonce même à la nationalité française en 1951 —, elle est mutée de poste en poste par l'administration coloniale qui espère la faire taire, jusqu'à Bignona, au Sénégal, et répudiée en 1949 par son mari, le médecin Daouda Diawara, sous la pression familiale parce qu'elle ne pouvait pas avoir d'enfants. Elle fonde la Commission des femmes de son parti, fait inscrire les femmes sur les listes électorales village par village, et devient en 1959, dans la circonscription de Sikasso, la première Malienne élue députée. Élue au bureau du syndicat des travailleurs du Soudan en 1957, elle entre l'année suivante au bureau politique de son parti, seule femme parmi les hommes qui font l'indépendance du pays en 1960. En 1962, elle participe à la rédaction du code malien du mariage et lance la Journée internationale de la femme africaine, célébrée depuis chaque 31 juillet. Son autobiographie, « Femme d'Afrique », publiée en 1975, reste l'un des rares récits de l'intérieur qu'une militante africaine ait laissés de cette période ; il est couronné du Grand prix littéraire d'Afrique noire en 1976. Il fut écrit loin de Bamako : après le coup d'État de 1968, elle avait pris le chemin de l'exil, ne rentrant qu'en 1979, quelques mois avant sa mort.

    Louise WEBER dite LA GOULUE (1866-1929) Danseuse – France

    Fille d'un charpentier de Clichy, blanchisseuse puis modèle pour Renoir, elle danse dès l'enfance dans les bals publics avant de devenir, à vingt ans, la reine du quadrille naturaliste. Formée par Grille d'Égout et Céleste Mogador, elle triomphe à l'Élysée-Montmartre puis au Moulin-Rouge dès son ouverture en 1889, où son duo avec Valentin le Désossé attire tout Paris : d'un coup de pied elle fait voler le chapeau des messieurs, et son habitude de vider les verres des clients lui vaut son surnom. Toulouse-Lautrec en fait son modèle favori et l'immortalise dans les affiches qui inventent, avec elle, l'image même du Moulin-Rouge ; en 1893, elle est la première vedette à inaugurer la scène de l'Olympia. Riche et célèbre, elle quitte tout en 1895 pour monter sa baraque de fête foraine – dont elle commande les panneaux à Toulouse-Lautrec – puis devient dompteuse de fauves jusqu'en 1907. La gloire passée, elle finit vendeuse à la sauvette et meurt à l'hôpital Lariboisière, presque seule, et repose au cimetière de Pantin jusqu'à son transfert à Montmartre, en 1992.

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