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Née un 12 janvier
Marie DUBOIS
1937-2014
De son vrai nom Claudine Huzé, actrice emblématique du cinéma français, révélée au début des années 1960 par la Nouvelle Vague. Repérée par François Truffaut, elle marque les esprits dans Tirez sur le pianiste (1960) puis dans le chef-d’œuvre Jules et Jim (1962). Sa fraîcheur, sa blondeur lumineuse et son jeu naturel séduisent les plus grands réalisateurs de l’époque, de Jean-Luc Godard à Luchino Visconti. Le grand public l’adore également pour ses rôles populaires, notamment dans la comédie culte La Grande Vadrouille (1966) de Gérard Oury. En 1978, sa performance poignante dans La Menace d’Alain Corneau lui vaut le César de la meilleure actrice dans un second rôle. Atteinte très jeune par la sclérose en plaques, elle a courageusement médiatisé son combat contre la maladie avant de s’éteindre en 2014, laissant l’image d’une comédienne aussi populaire qu’exigeante.
Maria PRYMATCHENKO (1909-1997) Peintre – Ukraine
Paysanne devenue l'une des gloires de l'art ukrainien sans avoir presque jamais quitté son village. Quatre années d'école, puis la poliomyélite qui lui laisse un handicap pour la vie, à Bolotnia, à trente kilomètres de Tchernobyl. Sa mère lui apprend la broderie ; elle rejoint à la fin des années 1920 la coopérative de broderie d'Ivankiv, où son trait est remarqué. Invitée en 1936 à l'atelier expérimental du musée national d'art d'Ukraine, elle y met au point sa manière : des bêtes qui n'existent pas, à la fois drôles et menaçantes, des fleurs démesurées, des couleurs qui ne doivent rien à la nature. La même année, l'Exposition républicaine d'art populaire lui consacre une salle entière, montrée à Moscou, Varsovie et Leningrad. Le père de son fils, lieutenant d'infanterie, est tué au front en 1941. Elle reçoit l'ordre de l'Insigne d'honneur en 1960, puis en 1966 le prix national Taras-Chevtchenko, la plus haute distinction artistique ukrainienne, pour son cycle « La joie pour les gens ». Après la catastrophe de 1986, elle peint une série sur Tchernobyl — l'une des toiles s'intitule « Des fleurs poussent auprès du réacteur n° 4 ». L'UNESCO proclame 2009 « année Prymatchenko » et un boulevard de Kiev porte son nom. En février 2022, le musée d'Ivankiv qui conservait ses œuvres brûle sous les bombes russes ; des habitants en sauvent une partie des flammes.
Marie COLVIN (1956-2012) Journaliste – États-Unis
Correspondante de guerre au bandeau noir, tuée pour avoir raconté ce qu'elle voyait. Fille d'un ancien Marine devenu professeur d'anglais, élevée à Oyster Bay sur Long Island, diplômée de Yale, elle entre en 1985 au « Sunday Times » de Londres et y restera jusqu'à sa mort. Elle couvre la Tchétchénie, le Kosovo, la Sierra Leone, le Timor oriental — où, en 1999, elle refuse d'évacuer et reste avec quinze cents femmes et enfants assiégés dans une enceinte de l'ONU, jusqu'à ce que sa présence et ses articles forcent leur sauvetage. En avril 2001, au Sri Lanka, une grenade de l'armée lui emporte l'œil gauche ; le bandeau noir qu'elle porte ensuite devient sa signature. Elle disait que le travail du reporter de guerre est d'aller là où les autres ne vont pas, et de revenir le raconter. Le 22 février 2012, elle se trouve à Homs, dans le quartier assiégé de Baba Amr. La veille, elle a décrit en direct à la télévision britannique l'agonie d'un enfant syrien sous les obus. Un bombardement vise le centre de presse improvisé : elle est tuée avec le photographe français Rémi Ochlik. En 2019, un tribunal fédéral américain juge que le régime syrien avait délibérément ordonné son assassinat et le condamne à verser trois cents millions de dollars à sa famille. La justice française a lancé en 2025 un mandat d'arrêt contre Bachar el-Assad.