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Née un 20 octobre
Marie-Louise PARIS
1889-1969
Pionnière majeure de l’éducation scientifique féminine au début du vingtième siècle. Diplômée de l’Institut d’Electrotechnique de Grenoble puis de l’Université de sciences de Paris, elle s’est rapidement heurtée aux barrières masculines du milieu industriel. Face au manque criant d’opportunités pour ses consœurs, elle a pris l’initiative historique de fonder en 1925 l’Institut Électromécanique Féminin. Cette structure novatrice, installée au départ dans les locaux du lycée Janson-de-Sailly, visait à former les jeunes femmes aux métiers de l’ingénierie. L’établissement a rapidement évolué pour devenir l’École polytechnique féminine en 1942, élargissant constamment ses programmes bien au-delà de l’électricité. Directrice visionnaire et enseignante dévouée, Marie-Louise Paris a consacré toute son énergie et sa vie à diriger et pérenniser cette institution unique. Grâce à sa persévérance face aux réticences de l’époque, elle a permis l’ouverture officielle des concours des grandes écoles d’ingénieurs aux femmes. Son combat acharné a ouvert la voie à des générations de scientifiques et de techniciennes de haut niveau dans des secteurs industriels clés. Elle s’est éteinte en 1969, laissant derrière elle une école prestigieuse aujourd’hui connue sous le nom de l’EPF.
Marguerite de WENDEL (1718-1802) Entrepreneuse – France
Surnommée « la Dame du fer », première grande capitaine d'industrie française. Fille du receveur des finances de Lorraine, née Marguerite d'Hausen, elle épouse en 1739 Charles de Wendel, maître de forges de Hayange : loin de se cantonner au salon, elle apprend le métier au pied des hauts-fourneaux, surveille les coulées de fonte et s'impose auprès des ouvriers. Veuve en 1784, elle prend seule, à soixante-six ans, la tête des plus importantes forges du royaume, négocie avec les arsenaux royaux et fournit canons et munitions. La Révolution éprouve durement cette femme de fer : son petit-fils meurt guillotiné en 1793, elle-même est emprisonnée sous la Terreur, accusée d'avoir favorisé l'émigration des siens, tandis que ses usines, saisies, sont vendues aux enchères comme biens nationaux. Libérée en 1795, elle se bat jusqu'à son dernier souffle pour reprendre son entreprise, en vain : elle s'éteint en janvier 1802 sans avoir revu Hayange. Sa descendance rachètera les forges et fera des Wendel la plus grande dynastie sidérurgique française — née de la ténacité d'une femme.
Suzanne DUCHAMP (1889-1963) Peintre – France
Quatrième de six enfants d'une famille normande où l'art est une affaire de fratrie — ses frères sont Jacques Villon, Raymond Duchamp-Villon et Marcel Duchamp —, elle entre à seize ans à l'École des beaux-arts de Rouen. Mariée à vingt et un ans, divorcée aussitôt, elle s'installe à Montparnasse et expose dès vingt-deux ans au Salon des indépendants. Infirmière à Paris pendant la Première Guerre mondiale, elle ne peint presque plus jusqu'en 1916, puis rejoint le mouvement Dada, dont elle devient l'une des très rares femmes peintres : ses tableaux-machines, ses collages de fils, de miroirs et d'inscriptions — « Multiplication brisée et rétablie », achevé en 1919, ou « Un et une menacés » — dialoguent avec les recherches de son frère Marcel sans jamais s'y soumettre. La même année, elle épouse le peintre Jean Crotti, dont elle influencera durablement la peinture. Longtemps réduite au rang de « sœur de », elle fait l'objet depuis les années 2010 d'expositions qui lui rendent son œuvre propre.
Jacqueline FICINI (1923-1988) Chimiste – France
Fille du colonel Raoul Ficini, Jacqueline Ficini étudie à Angoulême, puis aux universités de Paris et d'Angers. Docteure en sciences physiques en 1952, elle entre la même année au CNRS comme assistante de recherche. Nommée en 1957 enseignante de chimie à la faculté des sciences de Paris, elle part en 1960 pour un post-doctorat à l'université Columbia, aux États-Unis. De retour en France, elle rejoint en 1962 la faculté des sciences de Reims, comme maître-assistante puis maîtresse de conférences, avant d'être nommée en 1965 professeure à la faculté des sciences de Paris, future université Paris VI, où elle dirige l'école doctorale de chimie organique. Elle encadre dix-huit thèses de doctorat. Chimiste organicienne de premier plan, elle est reconnue pour avoir développé la chimie de synthèse des ynamines, une famille de composés organiques azotés. Elle est aussi distinguée pour ses travaux sur les vinyllithiens fonctionnels. Élue présidente de la division de chimie organique de la Société chimique de France et membre de l'American Chemical Society, elle reçoit le prix Le Bel en 1972, les Palmes académiques en 1974, le prix Jecker de l'Académie des sciences et la médaille Berthelot en 1979, puis la Légion d'honneur en 1986. Invitée au Japon en 1988 par le professeur Yoshida, elle meurt à Paris peu après son retour. Elle fait partie des 72 pionnières des sciences dont le nom sera inscrit sur la frise du premier étage de la tour Eiffel, où ne figuraient jusqu'ici que des noms d'hommes.