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Née un 18 octobre
Martha DESRUMAUX
1897-1982
Figure héroïque du syndicalisme et de la Résistance française, dont le parcours commence dès l’âge de neuf ans dans les filatures du Nord. Militante communiste et syndicale infatigable, elle entre dans l’histoire en 1936 comme l’unique femme présente à la table des négociations des accords de Matignon lors du Front populaire. Durant l’Occupation, elle joue un rôle crucial en organisant la grande grève des mineurs de 1941, défiant ouvertement les autorités nazies et le régime de Vichy. Son engagement lui vaut d’être arrêtée par la Gestapo et déportée au camp de Ravensbrück, où elle devient un pilier de solidarité pour ses codétenues jusqu’à la libération. À son retour, elle compte parmi les premières femmes à siéger à l’Assemblée constituante, puis devient députée du Nord, poursuivant son combat pour l’amélioration des conditions ouvrières. Elle a dédié sa vie à la défense des travailleurs et à l’émancipation des femmes, tout en restant une voix majeure pour la mémoire de la déportation. Malgré l’importance de son rôle dans les conquêtes sociales du XXe siècle, son nom a longtemps été occulté par l’histoire officielle. Elle incarne une lutte indissociable entre justice de classe et libération nationale.
Odile SCHWEISGUTH (1913-2002) Médecin – France
Pionnière de la cancérologie pédiatrique en Europe, visionnaire, elle a choisi de défricher un domaine médical alors totalement ignoré. À l’époque, les tumeurs infantiles étaient presque systématiquement jugées incurables par la profession. En 1952, elle fonde à l’Institut Gustave Roussy le tout premier service dédié aux enfants. Elle y impose une vision révolutionnaire pour son temps : la prise en charge globale. Elle refuse de traiter uniquement la maladie et replace l’humain au cœur du protocole. Elle insiste sur le soutien psychologique indispensable aux familles traversant ce lourd drame. Rigoureuse et déterminée, elle mène les premiers essais thérapeutiques sur les lésions cancéreuses. Son unité à Villejuif devient rapidement un pôle de formation mondial pour les spécialistes.
Elle forme ainsi toute la première génération des oncologues pédiatres de l’Hexagone. En 1969, elle cofonde la Société internationale d’oncologie pédiatrique et en devient présidente. Son non-conformisme et sa modestie scientifique forcent le respect de ses pairs du monde entier. Elle réussit l’exploit de transformer une condamnation médicale en un réel espoir de guérison. Son combat acharné a permis de sauver des milliers de jeunes vies à travers les décennies. Nommée chevalière de la Légion d’honneur, elle est une figure majeure de la médecine moderne.
Isabelle AUTISSIER (1956) Navigatrice – Écrivaine – France
Elle marque l'histoire de la navigation française en devenant la première femme à accomplir un tour du monde à la voile en solitaire lors d'une compétition officielle. Ingénieure agronome de formation et spécialiste du milieu marin, elle se passionne très tôt pour la mer et abandonne rapidement le salariat pour se consacrer entièrement à la course au large. En 1991, elle réalise un exploit inédit en bouclant le BOC Challenge à la troisième place, avant d'enchaîner les compétitions les plus exigeantes de la planète. Sa carrière est jalonnée de réussites techniques remarquables mais aussi de drames maritimes intenses, notamment lors du Vendée Globe 1996-1997 où son bateau démâte, puis lors du BOC Challenge 1999 où elle est sauvée des mers du Sud par le navigateur Giovanni Soldini après le chavirage de son voilier. Écrivaine talentueuse et conteuse hors pair, elle transforme son amour des océans en un engagement écologique indéfectible, publiant de nombreux essais et romans salués par la critique, dont Soudain, seuls. Présidente d'honneur du WWF France après en avoir dirigé la branche nationale pendant plus d'une décennie, elle met sa notoriété et sa connaissance intime de la nature au service de la protection de la biodiversité marine et du climat. Membre du Conseil économique, social et environnemental, elle incarne la figure d'une aventurière humaniste et engagée.
Asako HIROOKA (1849-1919) Entrepreneuse – Banquière – Japon
Fille d'un marchand de Kyoto, elle se souvient d'avoir enragé, petite fille, de voir ses frères recevoir l'instruction qu'on lui refusait. Mariée en 1865, elle s'est juré d'apprendre quand même : elle engage des précepteurs et étudie seule les mathématiques, l'économie et la littérature. « Je m'y suis attelée avec l'accord de mon mari, qui doutait de mes capacités et restait indifférent à mes ambitions. » Quand une crise économique ruine la famille de son époux, elle sort du rôle d'épouse et de mère pour relever la maison : elle dirige la mine de charbon de Junno, participe à la fondation de la banque Kajima (1888) puis à celle de la compagnie d'assurance-vie Daido (1902). Elle devient l'une des premières femmes d'affaires du Japon moderne. Convertie au christianisme en 1911, elle écrit dans les revues féminines et la presse chrétienne sous le nom de plume « Kyūten Jikki-sei » : neuf fois tombée, dix fois relevée. Elle prend la parole dans les assemblées, compte en 1912 parmi les responsables de la conférence d'été de la YWCA et réunit chaque été, de 1914 à 1918, dans sa villa de Gotemba au pied du mont Fuji, de jeunes femmes pour des sessions d'étude. Elle contribue surtout à fonder l'université féminine du Japon — où une étudiante, Raichō Hiratsuka, future figure du féminisme japonais, se rappellera s'être fait sermonner par elle : leurs études étaient trop théoriques, il leur fallait du concret.
Martina NAVRÁTILOVÁ (1956) Athlète – États-Unis
Joueuse de tennis tchécoslovaque puis américaine, née Martina Šubertová à Prague. Après le divorce de ses parents, elle grandit à Řevnice ; son beau-père, Miroslav Navrátil, devient son premier entraîneur et elle prend son nom. Championne de Tchécoslovaquie à 15 ans, elle demande l'asile aux États-Unis en 1975, après l'US Open, et perd sa nationalité ; elle devient américaine en 1981, puis retrouve la nationalité tchèque en 2008. Gauchère au jeu offensif de service-volée, elle gagne Wimbledon pour la première fois en 1978 et y remporte neuf titres en simple, record absolu. En 1983, elle ne perd qu'un match sur 87 ; sa série de 74 victoires consécutives s'arrête à l'Open d'Australie 1984, l'année où elle réussit le Grand Chelem en double avec Pam Shriver. Numéro 1 mondiale pendant 332 semaines, elle totalise 59 titres du Grand Chelem : 18 en simple, 31 en double dames, record absolu, et 10 en double mixte, dont le dernier à l'US Open 2006, peu avant ses 50 ans. Sa rivalité avec Chris Evert anime le circuit féminin des années 1970 et 1980. Elle rend publique son homosexualité en 1981 et milite pour les droits des homosexuels ; en 2006, elle lit à Montréal la déclaration sur les droits humains des LGBT. En 2019, un article sur les athlètes transgenres lui vaut d'être écartée du conseil consultatif de l'association Athlete Ally ; elle s'excuse ensuite d'avoir parlé de triche, mais reste opposée à leur participation aux compétitions féminines. Soignée pour un cancer du sein en 2010, puis de la gorge et du sein en 2023, elle est mariée depuis 2014 à Julia Lemigova.
Lindsey VONN (1984) Athlète – États-Unis
Skieuse alpine américaine, elle a remporté quatre fois le classement général de la Coupe du monde, en 2008, 2009, 2010 et 2012. Originaire de Saint Paul, dans le Minnesota, Lindsey Kildow apprend le ski avec son grand-père et rencontre à neuf ans la championne olympique Picabo Street, qui deviendra sa mentore. Elle débute en Coupe du monde à 16 ans, en novembre 2000, et gagne sa première course en décembre 2004, en descente à Lake Louise. Mariée en 2007 au skieur Thomas Vonn, dont elle garde le nom après leur divorce, elle devient double championne du monde à Val-d'Isère en 2009, en super-G et en descente. Aux Jeux de Vancouver, en 2010, elle est la première Américaine sacrée championne olympique de descente et prend aussi le bronze du super-G. En février 2013, une chute aux Mondiaux de Schladming lui déchire les ligaments du genou droit et la prive des Jeux de Sotchi. De retour, elle dépasse en janvier 2015 les 62 victoires d'Annemarie Moser-Pröll, puis en 2016 ses 36 descentes gagnées, et remporte son vingtième globe de cristal, un de plus qu'Ingemar Stenmark. En 2015, elle crée une fondation qui offre des bourses sportives à des filles de milieux défavorisés. Elle prend sa retraite le 10 février 2019, sur une médaille de bronze en descente aux Mondiaux d'Åre, avec 82 victoires. Revenue à la compétition fin 2024 après une opération de remplacement du genou, elle gagne à 41 ans la descente de Saint-Moritz, le 12 décembre 2025, puis celle de Zauchensee, sa 84e victoire. Aux Jeux de Milan-Cortina, en février 2026, elle chute en descente et se fracture la jambe gauche.