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Née un 10 août
Milena JESENSKÁ
1896-1944
Journaliste et traductrice dont l’esprit libre a défié tous les totalitarismes. Pionnière du journalisme social, elle a analysé avec une lucidité rare les crises politiques de l’entre-deux-guerres. Sa correspondance avec Franz Kafka a révélé une femme d’une profondeur intellectuelle et d’une sensibilité hors norme. Dès le début de l’occupation nazie, elle s’est engagée corps et âme dans la résistance à Prague. Elle a risqué sa vie pour organiser l’exode de nombreux réfugiés juifs vers des zones sécurisées. Arrêtée par la Gestapo, elle a été déportée au camp de Ravensbrück où elle a incarné la dignité. Même dans l’enfer concentrationnaire, elle a continué à soutenir ses compagnes par sa force morale. Son œuvre littéraire et ses articles témoignent d’un engagement humaniste et d’une soif d’indépendance absolue. Reconnue Juste parmi les nations, elle est aujourd’hui honorée pour son courage et son intégrité.
Rose REPETTO (1900-1984) Styliste – Entrepreneuse – France
D'origine italienne, célèbre pour avoir fondé la maison de haute couture du chausson de danse Repetto, elle a invité la ballerine dans la mode du quotidien. Elle s'installe à Paris où son fils, le danseur et chorégraphe Roland Petit, commence sa carrière. En 1947, pour soulager les pieds meurtris de son fils après ses répétitions, elle conçoit un chausson de danse d'un genre nouveau dans son petit atelier situé près de l'Opéra national de Paris. Elle y invente la technique révolutionnaire du « cousu-retourné » : la semelle est cousue à l'envers avant d'être retournée, offrant un confort, une souplesse et un amorti inégalés. Le succès auprès des danseurs de l'Opéra est immédiat. En 1956, son entreprise prend une dimension mythique mondiale grâce à l'actrice Brigitte Bardot. Ancienne ballerine, l'actrice lui demande de lui créer des ballerines aussi souples que ses chaussons de danse, mais adaptées à la ville, pour le tournage du film Et Dieu… créa la femme. Rose Repetto crée alors le modèle Cendrillon, décliné en rouge carmin, qui devient instantanément un symbole de liberté, de sensualité et de mode à la française. Plus tard, en 1970, le chanteur Serge Gainsbourg tombe sous le charme du modèle Zizi (une chaussure de type richelieu souple créée à l'origine pour sa belle-fille Zizi Jeanmaire) et en fait sa signature vestimentaire indissociable. Femme d'affaires avisée et artisane perfectionniste, Rose Repetto installe ses ateliers de fabrication à Medavy puis à Saint-Médard-d'Excideuil en Dordogne, où le savoir-faire artisanal de la marque est toujours perpétué aujourd'hui. Elle s'éteint à l'âge de 84 ans, laissant l'une des marques françaises les plus emblématiques. À découvrir : https://lesvisitesdetheo.com/visite-guidee-paris-du-luxe/
Charlotte DELBO (1913-1985) Résistante – Écrivaine – France
Résistante, rescapée d'Auschwitz et grande écrivaine de la déportation, elle a fait de son œuvre un tombeau pour celles qui ne sont pas revenues. Issue d'une famille d'origine italienne, elle devient l'assistante du metteur en scène Louis Jouvet, dont elle suit la tournée en Amérique du Sud. Apprenant que des résistants sont fusillés en France, elle choisit de rentrer en 1941 et entre dans la clandestinité avec son mari, Georges Dudach, pour préparer des publications clandestines. Arrêtés en mars 1942, ils sont séparés : Georges est fusillé au Mont-Valérien. Elle est déportée à Auschwitz en janvier 1943 dans le « convoi des 31000 », qui compte 230 femmes, résistantes pour la plupart ; seules 49 en reviendront. Transférée à Ravensbrück, elle est libérée en 1945 grâce à la Croix-Rouge suédoise. Elle écrit aussitôt « Aucun de nous ne reviendra », mais attend vingt ans avant de le publier, puis compose la trilogie « Auschwitz et après », des pièces de théâtre, et « Le Convoi du 24 janvier », qui retrace la vie de chacune de ses camarades. Traductrice à l'ONU, puis collaboratrice du philosophe Henri Lefebvre, elle dénonce la guerre d'Algérie, rompt avec le communisme après un voyage en URSS et s'oppose publiquement parmi les premières aux thèses négationnistes de Robert Faurisson. Son portrait a été accroché sur la façade du Panthéon en 2008.