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Née un 6 janvier
Odile de VASSELOT
1922-2025
Odile de Vasselot de Régné est une héroïne de la lutte clandestine durant la Seconde Guerre mondiale. Issue d’une famille d’officiers, elle s’engage dès janvier 1941, à seulement 18 ans, dans le réseau de résistance Comète, une filière d’évasion internationale d’une audace exceptionnelle. Sous le pseudonyme de « Pauline », elle prend des risques immenses en convoyant des aviateurs alliés abattus à travers la France occupée vers l’Espagne, leur évitant ainsi la capture par la Gestapo. En parallèle, elle opère comme agente de liaison pour le prestigieux réseau Zéro, assurant le transport périlleux de documents secrets et de renseignements militaires cruciaux. Survivante de cette période tragique où nombre de ses camarades furent déportés ou fusillés, elle choisit après la guerre de se consacrer pleinement à la transmission et à la pédagogie. Devenue religieuse au sein de la congrégation des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, elle mène une brillante carrière d’enseignante et dirige plusieurs établissements scolaires en France. Historienne de formation, elle publie ses mémoires pour témoigner du courage des femmes dans l’ombre et maintenir vivante la mémoire de ses compagnons d’armes. Nommée Commandeure de la Légion d’honneur et décorée de la Médaille de la Résistance, elle incarne un modèle absolu de courage, de patriotisme et d’humanisme.
Marianne GRUNBERG-MANAGO (1921-2013) Biochimiste – France
Marianne Grunberg-Manago n'a que neuf mois lorsque sa famille quitte Petrograd et la Russie soviétique ; après un passage par l'Allemagne, la famille s'installe en France. Bachelière à 17 ans à Nice, elle obtient un certificat de littérature comparée en 1940 avant de choisir les sciences : licence à l'université de Paris en 1943, doctorat en 1947. Après des recherches au laboratoire de biologie marine de Roscoff, elle rejoint en 1954 le laboratoire de Severo Ochoa aux États-Unis. Elle y découvre la polynucléotide phosphorylase, une enzyme qui va bouleverser la recherche sur l'hérédité. Ces travaux contribuent au prix Nobel de médecine que Severo Ochoa partage en 1959 avec Arthur Kornberg. Directrice de recherche au CNRS en 1961, elle élucide de nombreuses étapes de la traduction génétique : l'initiation des chaînes protéiques, le rôle des ribosomes, les interactions entre codons et anticodons. Membre de l'Organisation européenne de biologie moléculaire dès sa création en 1964, elle enseigne aussi à l'université Paris-VII et à Harvard. Première femme à diriger l'Union internationale de biochimie, elle entre à l'Académie des sciences en 1982 et en devient en 1995 la toute première présidente, plus de trois siècles après sa fondation. Membre étrangère de l'Académie nationale des sciences des États-Unis, elle est faite grand officier de la Légion d'honneur en 2008 et meurt à Paris en 2013. Son nom sera inscrit sur la tour Eiffel.
Marie DORVAL (1798-1849) Actrice – France
Fille de comédiens ambulants, abandonnée par son père à cinq ans, orpheline de mère peu après, elle joue des rôles d'enfants à Lille et se marie à seize ans avec un maître de ballet dont elle gardera le nom. Engagée en 1818 à la Porte-Saint-Martin, elle triomphe dans le mélodrame, puis devient l'actrice du romantisme : « Antony », « Marion de Lorme », et surtout Kitty Bell dans « Chatterton » d'Alfred de Vigny, son amant. Contre la majesté classique, elle joue le naturel, les larmes, la violence du sentiment. En janvier 1833, George Sand lui dévoile son admiration dans une lettre ; leur amitié passionnée fait jaser tout Paris, et Vigny comme le critique Gustave Planche tentent de les séparer. Sand écrira une pièce pour elle et lui consacrera un chapitre d'« Histoire de ma vie ». Mais la mode change, le public veut des actrices plus jeunes : elle finit en tournées de province, les forces épuisées et la voix presque éteinte, et meurt à cinquante et un ans, effondrée par la mort d'un petit-fils.