Oum KALSOUM (1898-1975)

Née un 31 décembre

Oum KALSOUM

1898-1975

    Pilier de la musique arabe du XXe siècle et icône absolue, elle est surnommée « la quatrième pyramide d’Égypte ». Elle a porté l’art du chant à un niveau d’excellence technique et d’émotion inégalé. Sa maîtrise des maqâms (modes musicaux) et sa diction parfaite de la poésie classique ont fait d’elle l’ambassadrice universelle de la langue arabe. Chaque mois, ses concerts retransmis à la radio suspendaient le temps dans tout le Proche-Orient, unissant les classes sociales et les nations. Femme de pouvoir et de caractère, elle a dirigé son orchestre et sa carrière avec une autorité rare pour une femme de son époque. Son engagement patriotique auprès de Nasser a renforcé son statut de symbole de l’identité nationale égyptienne. Des chefs-d’œuvre comme Enta Omri ou Al-Atlal restent gravés dans la mémoire collective, traversant les générations. Sa mort en 1975 a provoqué des funérailles nationales suivies par plus de quatre millions de personnes. Elle demeure une référence absolue pour les artistes contemporains, de l’opéra au jazz. Son héritage est celui d’une voix qui, par-delà la musique, a incarné l’âme d’un peuple.

    Elizabeth ARDEN (1881-1966) Entrepreneuse – Canada

    Née Florence Nightingale Graham dans une famille de fermiers pauvres de l'Ontario, au Canada, montée à New York en 1908, elle apprend le métier chez une esthéticienne avant d'ouvrir en 1910, sur la Cinquième Avenue, son propre salon à la porte laquée rouge — la mythique « Red Door » — sous un nom inventé : Elizabeth Arden. Visionnaire, elle fait de la beauté une science et une respectabilité : à une époque où le maquillage est réservé aux actrices, elle l'impose aux femmes du monde, invente le mascara assorti aux yeux, le rouge à lèvres coordonné à l'uniforme des femmes engagées en 1941, et fait défiler ses vendeuses en blouse rose. En 1912, elle marche avec les suffragettes de New York, qui adoptent son rouge à lèvres rouge comme emblème. À la tête d'une centaine de salons dans le monde, rivale acharnée d'Helena Rubinstein — les deux femmes ne se rencontrèrent jamais —, passionnée de chevaux jusqu'à gagner le Kentucky Derby en 1947, elle meurt le 18 octobre 1966 à New York, l'une des femmes les plus riches d'Amérique, partie de rien.

    Jeanne DEROIN (1805-1894) Politique – France

    Ouvrière lingère parisienne, autodidacte acharnée, elle décroche son brevet d'institutrice et écrit dès 1831 un plaidoyer contre la soumission des femmes. En se mariant en 1832, elle refuse de prendre le nom de son mari et fait inscrire l'égalité dans la cérémonie civile. La révolution de 1848 la révèle : elle fonde avec Désirée Gay « La Politique des femmes », premier journal fait par des ouvrières pour les femmes, rebaptisé « L'Opinion des femmes » sur ordre de l'administration. En mai 1849, elle franchit le pas décisif en se présentant aux élections législatives – première Française candidate à un scrutin dont la loi l'exclut – au nom d'un principe simple : « la cause du peuple et la cause des femmes sont intimement liées ». Presque personne ne la soutient ; Proudhon la juge excentrique, George Sand désapprouve. Emprisonnée en 1850 pour son association ouvrière, elle s'exile à Londres après le coup d'État de 1851 et y meurt dans la pauvreté, un demi-siècle avant que les Françaises n'obtiennent le droit de vote.

    Umeko TSUDA (1864-1929) Éducatrice – Japon

    À six ans, elle est la plus jeune des cinq fillettes envoyées aux États-Unis par la mission Iwakura, avec Sutematsu Yamakawa et Shige Nagai : première étudiante japonaise à l'étranger, élevée à Washington par un couple qui l'accueille comme sa propre fille, elle y reste onze ans. Quand elle rentre, en 1882, elle a presque oublié le japonais et doit le réapprendre. Elle repart étudier la biologie à Bryn Mawr auprès de l'embryologiste Thomas Hunt Morgan ; l'article sur l'œuf de grenouille qu'elle y cosigne en 1894 est tenu pour le premier travail scientifique écrit en anglais par une Japonaise. En 1900, elle fonde à Tokyo le Joshi Eigaku Juku, institut d'anglais ouvert à toutes les jeunes filles sans distinction de naissance, devenu l'université Tsuda, l'une des plus réputées du pays. Elle n'a pas eu d'enfants et a donné sa vie à cette école. Un accident vasculaire l'oblige à se retirer en 1919 dans sa maison de Kamakura, où elle meurt dix ans plus tard, à soixante-quatre ans. Depuis 2024, son portrait figure sur le billet de cinq mille yens. Avant de fonder son école, elle avait réuni huit mille dollars aux États-Unis pour créer une bourse destinée aux jeunes Japonaises.

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